Dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction, le COLLECTIF 24 (C24) et le Comité des Droits de l’Homme et Développement (CODHOD) suivent de près la situation tragique qui prévaut dans l’Est du Pays créant ainsi la psychose sur toute l’étendue du pays.
Ils condamnent avec fermeté les nouvelles tueries de civils effectuées dans la ville de Goma dans la province du Nord-Kivu et la poursuite des hostilités dans la province du Sud Kivu par l’AFC/M23 appuyé par les troupes de l’armée rwandaise.
Le COLLECTIF 24 et le CODHOD rappellent que le changement, noble soit-il, qui passe par les tueries organisées de civils, le massacre des innocents, le pillage des ressources naturelles au profit des étrangers, n’apportera jamais la paix et le développement durable du pays.
Les deux structures déplorent le fait que pendant que la guerre armée fait rage et que les compatriotes se mobilisent pour rejoindre les FARDC, une autre guerre plus atroce s’invite en RDC : la guerre d’information ; une guerre nocive qui déstabilise tout le monde dont les militaires au front. Cette forme de guerre ne peut être gagnée que par une armée numérique et la promotion du droit d’accès à l’information. Malheureusement, le Gouvernement de la République décide le blackout d’information (une arme non conventionnelle) avec les restrictions violant le droit des citoyens à être informé par une presse libre et indépendante et le droit de s’informer, surtout pendant ce temps de crise. Les cas les plus frappants sont les menaces du CSAC contre les médias, le ralentissement ou la restriction d’accès à certains réseaux comme X, Tik Tok, …, la mauvaise qualité du débit d’Internet et des appels téléphoniques.
C’est ainsi que le COLLECTIF 24 et le CODHOD rappellent au Gouvernement de la République que le droit d’accès à l’information et la sécurité sont tous les droits humains qui ne s’opposent pas. Le droit à la sécurité est tributaire de la promotion du droit d’accès à l’information.
Ils déplorent également l’acharnement contre les journalistes, les défenseurs des droits humains, les autres activistes, les militants de l’UDPS et ressortissants kasaiens par les forces rwandaises qui appuient les éléments de l’AFC/M23 sous impuissance totale des autorités de ce mouvement.
Le COLLECTIF 24 et le CODHOD alertent les protagonistes visibles et invisibles à ces conflits armés qualifiés de génocide et de pillage des ressources naturelles que ces crimes ne resteront jamais impunis, car la RDC n’est pas à vendre ni une boucherie, le sang des congolais n’est pas le prix à payer pour piller les richesses naturelles du Congo.
Ils soutiennent toutes les déclarations faites dans le cadre bilatéral ou multilatéral au sujet de la guerre à l’Est du Congo faisant appel au Rwanda de retirer ses troupes FDR en RDC et à cesser de soutenir AFC/M23 pour restaurer la paix.
Le COLLECTIF 24 et le CODHOD avait accueilli et apprécié à juste titre la déclaration unilatérale de cessez-le feu décrété par l’AFC/M23 tout en invitant les dirigeants de ce mouvement politico-militaire de s’inscrire résolument dans la logique de paix en demandant à tous les militaires rwandais et ougandais qui combattent à leur côté de se retirer sans condition du territoire congolais pour privilégier la voie du dialogue entre congolais. Malheureusement, avec la reprise des combats, ce cessez le feu n’était qu’un trompe œil. Nous invitons nos compatriotes qui sont de l’autre côté à reprendre la voix de la Raison et de la Paix.
Ils saluent la mission de bon office initiée par les confessions religieuses CENCO-ECC et surtout l’ouverture d’esprit du Chef de l’Etat qui prône le dialogue pour la Paix totale en RDC.
Des recommandations
Eu égard à ce précède, le COLLECTIF 24 et le CODHOD recommandent au Président de la République d’entamer les consultations avec tous les acteurs et forces vives sur les conditions d’instauration d’une paix durable en RDC ; Renoncer à tout projet de modification ou changement de la Constitution afin d’unir les forces (militaires ou vives) et les acteurs (politiques, économiques ou sociaux) pour le rétablissement de la Paix ; Poursuivre des contacts avec la Cour Pénale Internationale et le Cour Africaine des Droits de l’Homme pour que les auteurs des tueries de civils qualifié de génocide à l’Est du Congo soient punis ; Réorganiser, renforcer et doter les FARDC des moyens logistiques et financiers conséquents tout en privilégiant les solutions diplomatiques, politiques et le dialogue ; Mettre en place un Gouvernement de crise non éléphantesque piloté par un militaire ou ancien chef de guerre comme Chef du gouvernement, des ministres de la défense et de l’Intérieur dirigé par les militaires ; Instruire les dirigeants des partis politiques de l’Union Sacrée d’éduquer leurs militants afin de stopper le pillage et toute attaque physique ou verbale contre les représentations diplomatiques alors que le Gouvernement cherche entre autres une solution diplomatique à la crise.
Au Gouvernement de la République, de reporter toutes décisions de nature à rompre la cohésion sociale ; Organiser l’enrôlement de l’armée numérique au même titre que l’armée traditionnelle ; Débloquer tous les réseaux sociaux et instruire toutes les sociétés de communications d’améliorer en toute urgence leur service ; D’instruire le ministère de la Communication et médias, Ministère de la Jeunesse, Ministère de l’Enseignement Supérieur, Ministère de l’Education et Nouvelle Citoyenneté d’organiser, dans le cadre de la mobilisation populaire, une semaine d’éducation aux médias afin de former une armée numérique pour mettre fin à la guerre d’information. Le Collectif 24, le CODHOD et d’autres organisations de la société civile bien identifiées sont prêtes à se constituer comme instructeurs pour cette cause afin de lutter contre la désinformation et la mal information. Il y a urgence.
Au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et Communication, CSAC, de former les journalistes et prôner le journalisme citoyen et/ou journalisme d’investigation au lieu et place de museler la presse.
A la Communauté internationale de condamner et sanctionner clairement le Rwanda et toutes les forces armées qui violent intentionnellement les instruments des droits internationaux et plus spécialement les droits de l’homme.
A la société civile et la population de développer le sens du patriotisme et de rester vigilants, car la guerre de la liberté n’a pas de prix.