Arrivé en début de saison à Simba SC en provenance de l’USM Alger, Leonel Ateba Mbida n’a pas mis du temps à conquérir les supporters du club tanzanien. L’attaquant camerounais s’éclate aussi bien sur la scène continentale qu’au niveau local, avec des statistiques pour le moins flatteuses.
Son bilan en Coupe de la Confédération affiche 3 buts et une passe décisive en 8 sorties alors qu’en championnat, il comptabilise 8 buts et 2 passes décisives en 13 matchs joués dont 11 comme titulaire. Des chiffres qui rappellent combien les Simba ont eu le nez creux en allant le chercher à Alger.
Il fait partie des éléments sur lesquels l’équipe de Dar Es Salaam entend s’appuyer pour aller chercher le trophée africain qui échappe à son palmarès. D’ailleurs l’expérience glanée la saison dernière dans la compétition avec l’USMA en atteignant les demi-finales devrait aider l’équipe dans la quête de cette gloire continentale.
Alors que les phases à élimination directe des compétitions africaines arrivent à grands pas, le joueur espère continuer à crever l’écran, sachant que de bonnes statistiques en fin de saison pourraient lui rouvrir les portes de la sélection camerounaise, dans la perspective de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations CAF TotalEnergies prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc.
La prestigieuse compétition africaine ne serait d’ailleurs pas une découverte pour le joueur qui était déjà présent dans l’effectif de Rigobert Song lors de la dernière édition en Côte d’Ivoire, une sélection qu’il avait obtenue à la suite de ses performances remarquables avec la Dynamo Club de Douala, dans le Championnat camerounais de première division.
Dans un entretien accordé à CAFOnline, Leonel Ateba revient sur ses performances et évoque ses objectifs aussi bien avec Simba que sur le plan personnel.
CAFOnline: Comment se passe le séjour à Dar es Salaam ?
Leonel Ateba: La vie à Dar es Salaam se passe plutôt bien, en dehors du climat qui est un peu différent, ici, il fait un peu plus chaud. Je pense que tout se passe plutôt très bien ici, je me suis adapté à la ville, je suis plutôt content.
Arrivé seulement en début de saison, vous n’avez pas tardé à vous imposer grâce à des performances remarquables. Qu’est-ce qui vous aura ainsi facilité l’intégration dans cette équipe ?
L’intégration s’est très vite passée parce qu’il fallait que je rebondisse rapidement après mon départ d’Algérie. Il y a aussi le coach (Fadlu Davids, Ndlr) qui m’a beaucoup aidé et mes coéquipiers et cela m’a rendu les choses faciles. Aujourd’hui, je suis comme un poisson dans l’eau, c’est-à-dire comme quelqu’un qui a vécu ici, il y a longtemps…
Racontez-nous vos premières impressions à votre arrivée à Simba. Comment avez-vous été reçu ? Les ambitions du club, l’ambiance dans les stades, ça vous a surpris ?
Mes premières impressions ont été bonnes, j’ai pu voir à quel point, le football ici est un sport aimé, l’ambiance dans les stades, l’amour des fans pour le club déjà et pour le football. Je n’ai pas été très surpris parce que je sors d’un club aussi mythique, l’USMA d’Alger qui est un club beaucoup supporté dans les stades et en dehors, ça a été juste une continuité pour moi.
La présence de votre compatriote Che Malone, arrivé une saison plus tôt vous a-t-elle facilité les choses ? A-t-il été/est-il un bon guide pour vous ?
Je pense que sa présence m’a aidé parce qu’il m’a aidé à m’intégrer facilement. Dès mon arrivée, on a parlé, il a essayé d’échanger avec moi et ça a été vraiment plus facile pour moi. Et après aussi, je suis un joueur professionnel, je dois avoir cette capacité à m’adapter en fonction de ce qui se présente devant moi.
Sur le terrain, il lui arrive de vous chercher avec des longs ballons comme récemment lors du match contre le CS Sfaxien sur l’action qui vous permet d’offrir la passe de but à Jean Charles Ahoua. Cette complicité est-elle la même en dehors du Stade ?
Oui, c’est quelqu’un de très sociable, on s’entend bien, que ce soit sur ou en dehors des terrains. En plus, au Cameroun, on a joué ensemble, donc, il connait ma façon de jouer, que ce soit sur les ballons en profondeur, il connait comment je me déplace sur le terrain, il sait à quel moment il peut me chercher et me trouver sur le terrain. Donc, cette complicité-là, c’est beaucoup plus facile parce qu’on se connait avant ici et c’est encore plus facile sur le stade comme en dehors. Donc, cette complicité ne date pas d’aujourd’hui, on est juste dans la continuité. Quand tu connais ton coéquipier, c’est plus facile.
Avec deux buts et une passe décisive lors des trois derniers matches en Coupe de la Confédération vous vous êtes éclaté dans cette compétition ces dernières semaines. Comment vous vivez cette expérience-là ?
Vous savez, une compétition comme la Coupe de la Confédération, c’est une très grande compétition où il faut se vendre cher aussi, c’est une nouvelle expérience pour moi mais je pense aussi que c’est toujours une continuité parce que j’ai connu la compétition ailleurs, c’est ma quatrième fois de participer à ce tournoi et je suis encore content de pouvoir performer avec le très grand club qu’est Simba. L’année dernière, avec l’USMA, nous avons atteint les demi-finales même si nous n’avons pas joué face à la Renaissance de Berkane. Pour moi, c’est juste cette constance là que je suis en train de poursuivre parce que j’ai aussi eu de très bonnes performances du côté de l’Algérie dans cette compétition et aujourd’hui, je suis content de pouvoir continuer à aider mon équipe.
Le fait d’avoir disputé cette compétition l’année dernière avec l’USM Alger, vous a-t-il rendu la tâche plus facile ?
Evidemment, le fait d’avoir disputé cette compétition avec l’USMA, ça m’a facilité la tâche parce que vous savez, l’USMA, c’est un club où il y a beaucoup de pression, les matches sont toujours très animés et nous avons atteint les demi-finales. Je pense que c’est un plus que je ramène ici pour mon équipe et donc, sur le terrain, j’essaie d’être le plus relâché possible et faire ce que j’ai à faire et tant que l’équipe gagne, je suis très content.
Quels sont vos objectifs personnels cette saisons avec le club et comment comptez-vous les atteindre ?
A mon arrivée ici, le club m’a fait part des objectifs de la saison, je me suis fixé des objectifs personnels qui sont de faire de mon mieux pour finir au moins dans le top 3 des meilleurs buteurs cette saison et aussi allé chercher au moins un titre parce que nous sommes engagés dans trois compétitions : la Coupe de la CAF, le championnat tanzanien et la Coupe de Tanzanie. Il est question pour moi de prendre au moins un titre parmi ceux-là et déjà finir cette saison dans de très bonnes conditions avec de très bonnes statistiques qui vont me permettre de continuer l’aventure l’année prochaine ou de trouver mieux. Sinon, je me sens très bien ici, j’aime ce que je fais et je pense que cela va encore passer par le travail et la discipline. C’est ce qui pourra me permettre d’atteindre cet objectif-là.
Vous étiez dans le groupe des Lions indomptables lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations en Côte d’ivoire. Même si vous n’avez pas eu la chance de disputer des matches, comment avez-vous vécu la compétition ?
La CAN, j’a pu vivre ces émotions-là, ce fut une très grande expérience qui a marqué ma vie parce que ça a été une très grande chance pour moi de me retrouver là. J’aimerais être reconnaissant pour cela parce que comme vous le savez, la Coupe d’Afrique des Nations, c’est la plus grande compétition en Afrique et le fait d’y participer, c’est tellement cher à mes yeux pour quelqu’un qui sortait du championnat camerounais. Peut-être que le fait de n’avoir pas disputé de match, ça m’a beaucoup appris aussi parce qu’on n’apprend pas qu’en étant sur le terrain, mais aussi en dehors. J’ai eu le temps de vivre, de ressentir tout cela et ça m’a beaucoup appris et je pense même que c’est aussi cela qui fait de moi aujourd’hui, le joueur que je suis, j’espère que je pourrai encore y participer un jour mais je reste focus sur mon travail et je laisse les choses se faire.
Depuis votre retour de cette compétition, vous n’avez plus été appelé. Participer à la prochaine CAN fait-il partie de vos ambitions ?
Oui, bien sûr, participer à cette CAN fait partie de mes ambitions mais comme je l’ai dit plus haut, je préfère aussi me concentrer sur mon travail ici à Simba, améliorer mes statistiques, être en santé, donner le meilleur de moi sur le terrain. Je pense qu’à partir de là, ça peut me permettre de participer à cette CAN-là. C’est un des objectifs que je me suis fixés mais après, je laisse les choses se faire et je continue à faire les choses de mon mieux.
Qu’est-ce qu’une compétition comme la CAN représente pour vous ?
Je pense qu’une compétition comme la CAN, c’est le top pour tout footballeur africain. J’en connais tellement qui ont joué au très grand niveau en Europe et partout mais qui n’ont pas pu participer à une phase finale de Coupe d’Afrique des Nations. Aujourd’hui, je me sens plutôt béni d’avoir pu vivre cette compétition et je pense que c’est des souvenirs qui me marqueront à vie et comme je dis, cela a contribué à me faire évoluer aujourd’hui, j’espère en tout cas, qu’un jour, je pourrai encore rejouer cette compétition. C’est tout ce que je me souhaite à moi-même.
Le Cameroun jouera dans la poule F en compagnie de la Côte d’Ivoire, du Gabon et du Mozambique. Quelles sont les chances de votre pays selon vous ?
Je pense que le Cameroun, c’est un pays de football, un pays très respecté. Je pense que lorsque le Cameroun participe à une Coupe d’Afrique déjà, il a toutes ses chances, tout le monde connait l’histoire du Cameroun en Coupe d’Afrique, c’est un pays qui a fait ses preuves, aujourd’hui, on est comptés parmi les meilleurs en Afrique et du coup, en partant là-bas, le pays a toutes ses chances de remporter cette compétition. Encore, il faudra aller démontrer tout le bien que les gens pensent de ce pays-là, je pense que le Cameroun est bien parti pour remporter cette CAN, c’est en tout cas, ce que je souhaite à mon pays.
Simba et Yanga font bouger le football tanzanien, parlez-nous de la rivalité entre les deux clubs et racontez-nous votre premier derby au Stade Benjamin Mkapa.
Je pense que ça ne se cache plus, Simba et Yanga, ce sont deux grands clubs africains aujourd’hui qui font partie du top 10. Cette rivalité ici en Tanzanie, je pense que c’est elle qui met ce championnat au top parce que c’est une grande rivalité, quand on voit l’amour, quand on voit la ténacité que les supporters y mettent, ça fait rêver.
Mon premier derby, je pense que ça a été encore une très grande expérience, c’est vrai que j’ai eu à jouer un grand derby en Algérie entre le Mouloudia et l’USM Alger, derby très marquant pour ma carrière qui m’a permis de voir à quel point le football était aimé en Algérie et arrivé ici, je n’ai pas été trop surpris mais j’ai aussi compris qu’en Tanzanie, le football est un sport très aimé, les fans aiment beaucoup le football et cela s’est confirmé par leur présence sur le terrain ce jour-là. Malgré qu’on ait perdu, ça a été un excellent match, une belle rencontre et j’ai juste profité de vivre cela. Une fois de plus, j’en ai tiré des bénéfices, je pense que c’est l’un des meilleurs derbies en Afrique.