Sur le Vif: Figurant parmi les meilleurs dans l’organisation d’événements, Challenge Sports Events va lancer une édition spéciale de son activité ‘’Challenge Multisports des Minimes’’ à Kinshasa, Lubumbashi et à Matadi 

Connu comme organisatrice d’événements sportifs, l’Agence Challenge Sports Events de M. Tom Kisenda, est l’une des meilleures en milieux sportifs dans l’organisation des événements et sur le plan de marketing sportif selon un récent sondage.

En cette année 2025, Challenge Sports Events va lancer une édition spéciale de son activité ‘’Challenge Multisports des Minimes’’ à Kinshasa, Lubumbashi et à Matadi.

CHALLENGE SPORTS EVENTS de Monsieur Tom Kisenda dans son brillant parcours, pour la petite histoire, elle a accompagné plusieurs fédérations sportives, c’est notamment :

-la Fédération Congolaise des Combats Libres ‘’FCCL’’

-le Comité National paralympique du Congo

-la Fédération de Volley-ball du Congo ‘’Fevoco’’

-la Ligue d’Athlétisme de Kinshasa ‘’Lidakin’’

-la Fédération de Basket-Ball du Congo ‘’Fébaco’’

et tout récemment, Challenge Sports Events a démontré aux yeux du public Congolais et Africain en général son professionnalisme dans l’organisation de la 26ème Can Handball seniors Dames tenue à Kinshasa.

Elle avait accompagné la Fédération de Handball ‘’Féhand’’ dans toutes les phases, y compris la visibilité de cette brillante réussite.

Antoine Bolia




Gouverneur du Sud-Kivu : Jean-Jacques Purusi va s’installer à Uvira

Le Président Félix Tshisekedi a reçu, mardi soir à la Cité de l’Union africaine, le Gouverneur élu du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, contraint de quitter sa province après l’invasion de la ville de Bukavu par des troupes rwandaises et les terroristes du M23.

Selon M. Purusi, le Chef de l’État lui a exprimé toute sa compassion et sa proximité envers ses compatriotes du Sud-Kivu qui vivent sous le joug des envahisseurs. Il a fait savoir qu’il a reçu des instructions du Président de la République pour continuer à administrer sa province à partir de la ville d’Uvira.

Le Gouverneur du Sud-Kivu s’est dit réconforté par l’appui du Chef de l’Etat et le soutien de toute la population congolaise. Il a par ailleurs salué les résultats jusque-là obtenus par la République Démocratique du Congo (RDC) sur le front diplomatique, sous le leadership du Président Félix Tshisekedi.

C’est depuis mi-février que l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23 occupent la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Des milliers d’habitants ont dû quitter leurs domiciles en raison de cette invasion.




La RDC face aux réalités d’un basculement géopolitique: Pourquoi Félix Tshisekedi ne peut pas s’aligner sur Moscou ?   

Docteur en Sciences économiques et de gestion, Nico MINGA est un Entrepreneur et Consultant en Développement. Détenteur de plusieurs MBA en Marketing, en Finances d’entreprises et en Energie renouvelables, il a longtemps œuvré comme Analyste financier, Directeur Commercial en Chine, Belgique ; Conseiller financier au Canada de plusieurs entreprises, Nico Minga a travaillé comme Analyste des projets dans les Télécoms avant de rejoindre l’Industrie du pétrole et du gaz comme Directeur régional pour l’Afrique centrale. Il se consacre aussi à la motivation de la jeunesse, à travers la formation et les séminaires sur le leadership. 

Généralement, ses analyses portent essentiellement sur les enjeux économiques et l’urgence d’un développement endogène et durable en Afrique généralement, et particulièrement en République Démocratique du Congo. Première tribune qu’il nous livre dans les lignes qui suivent. Il parle de la RDC. Il se demande si la RDC ne peut pas faire appel à la Russie pour stabiliser cette région stratégique. Nous avons rencontré l’Auteur de « Enjeux et défis de l’Afrique centrale », son Œuvre de 355 pages, dans les couloirs du Ministère de l’Economie Nationale où il exerce les fonctions de Conseiller chargé de la Coopération.

Willy KILAPI

 

L’Est de la République Démocratique du Congo demeure une poudrière géopolitique où s’entrecroisent les intérêts de puissances régionales et internationales. Dans un contexte de tensions exacerbées par l’activisme du M23 et l’agression rwandaise, une question se pose avec acuité dans tous les cercles de réflexion : pourquoi le président Félix Tshisekedi ne pourrait-il pas faire appel à la Russie pour stabiliser cette région stratégique ?

 

Un jeu d’alliances qui restreint les marges de manœuvre 

 Historiquement, la RDC s’est inscrite dans un axe de coopération avec les puissances occidentales. Les États-Unis, la France et l’Union européenne demeurent les principaux partenaires du pays sur le plan diplomatique et économique. Un basculement vers la Russie, dans le contexte actuel de guerre en Ukraine et d’alignements forcés, serait perçu comme une provocation susceptible d’entraîner des sanctions économiques et un isolement diplomatique.

L’administration américaine, qui a fait de la stabilisation des Grands Lacs une priorité stratégique, ne tolérerait pas un tel rapprochement. De même, l’Union européenne, principal bailleur de fonds en matière d’aide au développement et de programmes d’infrastructure, pourrait revoir son engagement en RDC si Kinshasa venait à opter pour une coopération militaire avec Moscou.

Rappelons que les relations entre la RDC et la Russie ont toujours été complexes et elles remontent à l’ère soviétique. Pendant la guerre froide, l’URSS a soutenu certains mouvements révolutionnaires en Afrique, mais la relation avec le Congo ex-Zaïre fut ambivalente. Mobutu, qui dirigea le pays de 1965 à 1997, était un allié clé des États-Unis, fermement ancré dans le camp occidental contre l’influence soviétique. L’Union Soviétique a pourtant tenté d’établir des alliances à travers des formations militaires et des coopérations discrètes, mais sans succès durable en raison de l’alignement pro-occidental du régime de Mobutu.

Après la chute du régime de Mobutu, la RDC n’a jamais véritablement développé de liens stratégiques solides avec la Russie post-soviétique. Depuis l’accession au pouvoir de Félix Tshisekedi, les interactions avec Moscou sont restées limitées, malgré quelques échanges diplomatiques. Ainsi, il n’existe pas d’antécédents historiques favorisant une alliance militaire entre la RDC et la Russie, contrairement à d’autres pays africains comme l’Angola ou l’Algérie, qui ont bénéficié d’un soutien plus structuré de l’URSS.

 

L’influence économique et militaire occidentale comme verrou stratégique

La RDC reste un pays économiquement dépendant des institutions financières internationales telles que le FMI et la Banque mondiale, dont les décisions sont largement influencées par Washington et Bruxelles. Ces organismes conditionnent leur soutien à des engagements en faveur de la stabilité macroéconomique et de la gouvernance démocratique, des principes peu compatibles avec certaines méthodes d’intervention russes, qui s’appuieraient des fois sur des accords opaques en échange de concessions minières.

L’armée congolaise est historiquement équipée et formée par des partenaires occidentaux et chinois. Une intégration de matériel et de doctrine militaire russes impliquerait une refonte logistique et stratégique de grande ampleur, rendant cette transition complexe et plus coûteuse.

 

Par ailleurs, l’Occident face à l’émergence de nouveaux acteurs et dans cette dynamique géopolitique mondiale, l’Europe se trouve dans une position de recul, notamment en ce qui concerne la redistribution des ressources et l’influence économique en Afrique centrale. Jadis acteur central du développement, particulièrement en République Démocratique du Congo, le Vieux Continent semble aujourd’hui à la traîne face à la montée en puissance de nouvelles stratégies chinoises et américaines.

Bien que toujours présente à travers quelques entreprises et investissements dans l’exploitation des ressources minières, l’Europe n’a pas su s’adapter aux nouvelles réalités économiques et géopolitiques. L’absence de vision stratégique cohérente, combinée à des investissements moins compétitifs et à des politiques parfois trop distantes des préoccupations locales, a réduit son impact. Contrairement à la Chine, qui capitalise sur des accords “minerais contre infrastructures” pour renforcer son influence, ou aux États-Unis, qui redéfinissent leur coopération à travers des initiatives comme le Partenariat pour la Sécurité des Minéraux (MSP), l’Europe n’a pas su se repositionner comme un acteur clé dans la redistribution des ressources naturelles en RDC.

Ce retrait de l’Europe dans la redistribution des ressources naturelles et l’affaiblissement de son rôle stratégique créent un vide dans lequel se sont insérés d’autres puissances, plus réactives et plus agressives dans leur approche. Ce recul de l’Europe ne se limite pas à une perte d’influence économique, mais également à un effacement progressif dans les domaines diplomatique et sécuritaire, laissant la place à des modèles plus flexibles et potentiellement plus controversés, comme ceux proposés par la Russie ou la Chine.

 

Un modèle d’ingérence controversé en Afrique

Les récentes interventions russes en Centrafrique, au Mali et au Soudan montrent un schéma récurrent : l’envoi de mercenaires, comme ceux du groupe Wagner, en échange d’un accès préférentiel aux ressources naturelles. Cette approche, si elle s’est avérée efficace à court terme pour sécuriser certains régimes, pose néanmoins des problèmes structurels : abus contre les populations civiles, absence de contrôle de l’État sur les forces déployées, et instrumentalisation des conflits locaux à des fins géopolitiques.

Une coopération militaire avec la Russie pourrait donc générer un climat d’incertitude et d’opposition au sein même de l’armée congolaise, qui peine déjà à contenir les dynamiques internes de fragmentation, de trahison et de corruption.

L’introduction de la Russie dans l’équation sécuritaire de la région des Grands Lacs risquerait également d’aggraver les tensions avec les États voisins. Le Rwanda, soutien du

M23, entretient des liens étroits avec la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, et pourrait interpréter une coopération militaire entre Kinshasa et Moscou comme une menace directe.

D’autre part, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), qui a déjà déployé une force régionale pour stabiliser l’Est de la RDC, pourrait voir cette initiative compromise par une présence russe perçue comme une interférence étrangère non concertée.

 

Un pragmatisme stratégique pour Tshisekedi

Conscient des risques d’un alignement avec Moscou, le président Félix Tshisekedi privilégie une approche plus mesurée, combinant coopération avec l’ONU, via la MONUSCO, engagement avec les partenaires traditionnels et renforcement des capacités nationales.

 

Dans cette logique, Kinshasa explore des alliances avec des pays africains disposant d’une expérience éprouvée en matière de lutte contre les insurrections, comme l’Angola et l’Afrique du Sud, tout en consolidant ses relations avec les grandes puissances économiques que sont les États-Unis et la Chine.

En définitive, si la Russie cherche à renforcer sa présence en Afrique, la RDC ne peut se permettre de rompre l’équilibre fragile sur lequel repose sa stratégie sécuritaire et économique. La guerre à l’Est exige des réponses immédiates, mais toute alliance doit être évaluée à l’aune de ses implications géopolitiques globales.

Félix Tshisekedi, en optant pour un positionnement pragmatique, évite ainsi les écueils d’une polarisation excessive dans la guerre froide moderne qui oppose l’Occident à Moscou. Reste à voir si cette approche permettra une stabilisation durable de la région, ou si la RDC sera contrainte de repenser son architecture sécuritaire face à l’évolution du conflit.




Coopération Rdc-Grande Bretagne : Julien Paluku exige des sanctions ciblées contre les envahisseurs rwandais et leurs supplétifs du M23/AFC

Le renforcement des relations commerciales entre la République Démocratique du Congo et la Grande-Bretagne avec la signature sous peu des accords commerciaux qui vont accorder des facilités aux produits exportés par la RDC, ce point a été au menu d’une réunion stratégique ce mercredi à Kinshasa entre le Ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya et Peter Fernades Cardy ,Directeur de la Coopération à l’ambassade de la Grande-Bretagne en RDC.

Une commission technique constituée des experts du Ministère du Commerce Extérieur et de l’ambassade de la Grande-Bretagne vient d’être mise sur pied pour accélérer la signature de ces accords commerciaux qui visent à augmenter le volume des exportations entre la RDC qui dispose de 62 produits prioritaires et la Grande Bretagne.

Sur terrain, la Grande Bretagne par le biais de Trade Market Africa finance les travaux de construction et de modernisation du poste frontalier à arrêt unique de Mahagi dans la province de l’Ituri, mais aussi la construction d’un marché transfrontalier moderne et les hébergements pour les agents de la DGM ainsi que la modernisation du système douanier; objectif consolider les relations commerciales entre la RDC et l’Ouganda .

Concernant l’agression rwandaise, tout en saluant la décision de la Grande-Bretagne qui suspend l’aide financière bilatérale avec le Rwanda en limitant également les activités de promotion commerciale, le Ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya a appelé la communauté internationale et la Grande-Bretagne de passer vite aux sanctions ciblées contre les envahisseurs et leurs supplétifs du M23/AFC qui recrutent de force les finalistes du secondaire, violent , massacrent les civils au jour le jour à Goma et pillent systématiquement les minerais dans les zones sous occupation.

Au nom du Gouvernement congolais, il plaidé pour que les minerais exportés par le Rwanda soient déclarés ” minerais du sang” et que la communauté internationale ne puisse plus accepter les troupes rwandaises dans le rang des casques blues de l’ONU.




Est de la RDC: Londres annonce «suspendre» la majorité de ses aides financières au Rwanda (Rfi)

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a annoncé mardi 25 février que le Royaume-Uni suspendra la plupart de ses aides au Rwanda, et ce, « jusqu’à ce que des progrès significatifs soient faits ». Londres dénonce la prise de Goma et Bukavu par le « M23 et des forces de défense rwandaises ».

« Les hostilités doivent cesser immédiatement. Les récentes offensives du M23 et des forces de défense rwandaises, et notamment la prise de Goma et de Bukavu, constituent une violation inacceptable de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC », a une nouvelle fois martelé le Foreign Office dans son communiqué.

Ces fonds seront suspendus « en l’absence de progrès significatifs », à l’exception des programmes britanniques destinés aux personnes au Rwanda. Londres a également déclaré qu’il prévoyait de se « coordonner avec ses partenaires sur de potentielles nouvelles sanctions ». Selon le Foreign Office, le chef de la diplomatie britannique David Lammy a rencontré le président de la RDC Félix Tshisekedi à Kinshasa et le président rwandais Paul Kagame à Kigali, les 21 et 22 février.

Les suspensions concernent plusieurs domaines comme l’aide financière bilatérale directe au gouvernement rwandais, les formations militaires ou encore les activités de promotion commerciale avec le Rwanda. Seuls les programmes destinés aux « plus pauvres et plus vulnérables » seront sauvegardés.

Une décision jugée « regrettable et irraisonnable » par le gouvernement rwandais, qui affirme que Londres a « clairement choisi son camp » dans le conflit, selon notre correspondante à Kigali, Lucie Mouillaud. Les mesures punitives annoncées par Londres sont « regrettables » pour Kigali, qui déclare qu’elles « n’aident en rien la RDC » et « ne contribuent pas à la recherche d’une solution politique durable ». « Il est déraisonnable de s’attendre à ce que le Rwanda compromette sa sécurité et celle des Rwandais », poursuit le communiqué ajoutant que le pays continuera d’exiger des garanties en la matière.

Les annonces britanniques interviennent moins d’une semaine après la décision du Trésor américain de sanctionner le ministre de la Coopération régionale James Kabarebe, présenté comme un acteur central du soutien de Kigali au groupe armé du M23. Figure historique de l’appareil sécuritaire rwandais, le général à la retraite a dénoncé ce mardi, pendant une réunion avec des partis politiques, les mesures punitives contre le Rwanda, qui selon lui, compromettent les efforts de paix menés au sein des processus de négociations fusionnés de Luanda et Nairobi.

La fin de l’idylle entre Londres et Kigali ?

Fin janvier, David Lammy avait menacé Kigali, avertissant que les accords qui lient les deux pays pourraient être réexaminés. Une menace donc mise à exécution après sa visite à Kinshasa et à Kigali, les 21 et 22 février, lors desquels le ministre britannique a insisté qu’il ne pouvait y avoir de solution militaire à cette guerre et que les processus de paix en cours sont les seules voies de sorties envisageables.

Alors serait-ce la fin de l’idylle entre Londres et Kigali ? Jusqu’à juillet 2024, le Rwanda et le Royaume-Uni entretenaient de très bonnes relations. Les deux pays avaient notamment conclu un accord, qui prévoyait l’envoi de migrants en situation irrégulière sur le sol britannique vers le Rwanda. Un accord suspendu par le nouveau gouvernement britannique, pour lequel le Royaume-Uni avait déjà déboursé 280 millions d’euros.




Est de la RDC: le Luxembourg bloque l’adoption de nouvelles sanctions de l’UE contre le Rwanda (Rfi)

Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE sont réunis depuis lundi 24 février à Bruxelles et ils ont évoqué les combats dans l’est de la République démocratique du Congo, le rôle du Rwanda en soutien au M23 et ont enclenché une première salve de sanctions. Toutefois, une deuxième vague de sanctions a été bloquée par un veto du Luxembourg.

Une première salve de sanctions a été décidée par les Européens, incluant la suspension du dialogue politique en matière de sécurité et de défense avec le Rwanda. Cette action a été qualifiée de signal politique fort, mettant le Rwanda face à ses responsabilités dans le conflit en RDC.

Cependant, une deuxième vague de sanctions, qui visait une entité rwandaise ainsi que neuf responsables des violences dans les provinces du Kivu, n’a pas été adoptée.

Veto du Luxembourg

En effet, le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Xavier Bettel, a choisi d’exercer son droit de veto, puisque ces décisions doivent se prendre à l’unanimité. Selon lui, cette pause dans les sanctions vise à donner une chance aux négociations en cours, notamment la réunion ministérielle conjointe entre la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), prévue le 28 février.

Je pense qu’il est important, avant de vouloir prendre des sanctions contre le Rwanda, d’attendre ce résultat ces trois ou quatre prochains jours pour voir si on va dans la bonne direction, mais tout en disant cependant qu’on est d’accord pour que de nouvelles sanctions soient prises pour en fait augmenter la pression. Car si on prend des sanctions aujourd’hui, quel est le risque ? C’est que les parties ne se sentent pas motivées à faire des efforts qui sont nécessaires. Donc, de dire que si vendredi aucun effort n’est fait, des sanctions seront prises à l’encontre du Rwanda, je pense, permettront d’avancer plus rapidement que de décider avant que des négociations aient lieu, de sanctionner quelqu’un.

La position du Luxembourg a été fraîchement accueillie par ceux qui prônent des sanctions immédiates. Ces derniers estiment que l’Union européenne dispose d’autres leviers, notamment la possibilité de suspendre l’accord avec le Rwanda sur les matières premières critiques.




Élection du nouvel archevêque de Canterbury  

Une consultation publique unique a été lancée pour recueillir les réactions de l’ensemble de la Communion anglicane. L’initiative, qui se déroulera du 7 février au 28 mars, vise à discerner les qualités, les dons et les compétences nécessaires au 106e dirigeant de l’Église Anglicane mondiale.  Les résultats joueront un rôle clé dans l’orientation de la Commission des nominations de la Couronne (CNC), l’organe de 20 membres chargés de sélectionner le prochain archevêque. Parmi ces membres, 17 ont le droit de vote, tandis que les trois autres n’ont pas le droit de vote. Cinq membres votants représentent spécifiquement la Communion Anglicane mondiale, garantissant que les perspectives au-delà de l’Angleterre sont prises en compte dans le processus de prise de décision.

Une transition de leadership au milieu des défis

La recherche d’un nouvel archevêque de Canterbury fait suite à la démission de Justin Welby, 105ème titulaire du poste, qui a quitté ses fonctions le 7 janvier après avoir annoncé son départ en novembre. Sa démission était liée à la gestion par l’Église d’Angleterre d’un cas d’abus très médiatisé impliquant un abuseur d’enfants récidiviste.  En attendant la nomination d’un nouveau responsable, de nombreuses responsabilités de l’archevêque ont été déléguées à l’archevêque d’York, Stephen Cottrell, qui est actuellement le plus haut responsable de l’Église.

Consultation publique et privée

Tout en cherchant à connaître l’avis de la communauté anglicane dans son ensemble, le processus de consultation comprend des discussions avec les principales parties prenantes à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église. L’Église d’Angleterre a souligné que chaque réponse permettra de mieux comprendre ce que l’on attend du prochain Archevêque pour relever les défis actuels et futurs. Les résultats de la consultation seront complétés par une « Déclaration de Besoins » préparée par le diocèse de Canterbury, ainsi que par des informations complémentaires provenant à la fois de l’Eglise Nationale et de la Communion Anglicane Globale.

Le processus de sélection

À l’issue de la période de consultation, la CNC se réunira pour la première fois en mai, les réunions suivantes étant prévues en juillet et en septembre. Au cours de ces sessions, la Commission finalisera le « Profil du poste “ et la ” Spécification de la personne » pour le prochain archevêque de Canterbury. Une longue liste de candidats potentiels sera établie, suivie d’une liste restreinte, après quoi des entretiens seront organisés.  Contrairement à d’autres postes de l’Église, le poste d’archevêque de Canterbury n’est pas ouvert aux candidatures directes. Le processus est basé sur les nominations, les délibérations et le discernement, afin d’identifier la personne que Dieu pourrait appeler à diriger l’Église dans ce nouveau cha

pitre.




Qu’est-ce que le mercredi des Cendres ? 

Le mercredi des Cendres, premier jour du Carême, est marqué par l’imposition des cendres : le prêtre dépose un peu de cendres sur le front de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu.

En 2025, il aura lieu le 5 mars

On trouve déjà le symbolisme des cendres dans l’Ancien Testament. Il évoque globalement la représentation du péché et la fragilité de l’être. On peut y lire que quand l’homme se recouvre de cendres, c’est qu’il veut montrer à Dieu qu’il reconnaît ses fautes. Par voie de conséquence, il demande à Dieu le pardon de ses péchés : il fait pénitence.

Un symbole de renaissance

Tous, nous faisons l’expérience du péché. Comment s’en dégager ? Jésus nous apprend que nous serons victorieux du péché quand nous aurons appris par l’Evangile à remplacer le feu du mal par le feu de l’Amour. Car le feu qui brûle ce jour détruit d’abord mais, en même temps, ce feu éclaire, réchauffe, réconforte, guide et encourage. La cendre est appliquée sur le front pour nous appeler plus clairement encore à la conversion, précisément par le chemin de l’humilité. La cendre, c’est ce qui reste quand le feu a détruit la matière dont il s’est emparé. Quand on constate qu’il y a des cendres, c’est qu’apparemment il ne reste plus rien de ce que le feu a détruit. C’est l’image de notre pauvreté. Mais les cendres peuvent aussi fertiliser la terre et la vie peut renaître sous les cendres.

Tout en le marquant, le prêtre dit au fidèle : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». L’évangile de ce jour est un passage de saint Matthieu – chapitre 6, versets 1 à 6 et 16 à 18 – qui incite les fidèles à prier et agir, non pas de manière orgueilleuse et ostentatoire, mais dans le secret de leur cœur :

Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que te donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais en secret. Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement du Père qui est présent dans le secret. Le rite communautaire des Cendres ouvre le temps du Carême, « le temps de la recherche du 100% pur Dieu ». Mais comment y parvenir, en communauté ou dans sa chambre, seul à prier ?




Les Églises d’Asie prient pour le pape François 

Ces jours-ci, toutes les communautés catholiques d’Asie organisent des temps de prière pour la guérison du pape François, âgé de 88 ans et hospitalisé depuis maintenant dix jours. Admis à polyclinique Gemelli de Rome le 14 février pour une infection des voies respiratoires, son état « reste critique » ce lundi 24 février selon le Vatican. En Asie, de nombreuses initiatives sont organisées dans tous les pays, entre le Pakistan, le Cambodge, le Sri-Lanka ou encore l’Indonésie, où le pape s’est rendu en septembre 2024.

Asie du Sud-Est

Ce lundi 24 février au soir, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Phnom Penh s’est illuminée pour une veillée de prière et d’adoration de Taizé, une initiative de l’Église cambodgienne pour le pape François. Ainsi, toutes les communautés catholiques d’Asie s’organisent, comme aux Philippines, où les évêques ont appelé les fidèles à prier alors que le pape continue de suivre son traitement. Le président de la conférence épiscopale philippine (CBCP), le cardinal Pablo Virgilio David, a invité les catholiques du pays à garder le pape dans leurs prières. Mgr Charles Brown, nonce apostolique, a partagé le même appel. Les évêques d’Indonésie, où le pape s’est rendu en septembre dernier, n’ont pas publié d’annonce commune, mais des initiatives ont lieu dans tous les diocèses et paroisses de l’archipel, indique de son côté le père Paulus Christian Siswantoko, secrétaire de la conférence épiscopale.

Dans le diocèse de Surabaya, Mgr Agustinus Tri Budi Utomo a invité toutes les communautés locales à reprendre une prière spéciale qui a été distribuée par le centre pastoral diocésain : « Nous sommes reconnaissants pour le service aimant du Saint-Père qui a conduit tant de gens vers la miséricorde divine. Nous demandons aussi à Dieu qu’il guide le personnel médical qui le soigne et qu’il lui apporte la paix et la guérison. »

Asie du Sud

En Inde, le 19 février alors que le Vatican indiquait que l’état du Saint-Père empirait, Mgr Andrews Thazhath, archevêque de Trichur et président de la Conférence épiscopale indienne (CBCI), a également appelé les catholiques de chaque diocèse indien à prier pour le pape. Le 20 février, le cardinal Filipe Neri Ferrao, président de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie (FABC), a quant à lui demandé aux fidèles de prier pour que « le Seigneur le renforce dans la foi et lui accorde de se remettre totalement de sa maladie, pour qu’il puisse revenir comme pasteur de l’Église catholique ». Il a ajouté que les prêtres, religieux et laïcs de son archidiocèse sont vivement invités à prier à cette intention. « Comme membre de l’Église universelle, unis dans la foi et la charité, nous sommes appelés à soutenir notre Saint-Père par nos prières », a aussi confié Mgr Savio Fernandes, évêque auxiliaire de Mumbai. « Nous adressons cet appel à toutes les paroisses, communautés religieuses et familles. Souvenons-nous du Saint-Père dans l’Eucharistie, par le chapelet et par nos dévotions communautaires et personnelles. » Mgr Raphael Thattil, archevêque majeur de l’Église syro-malabare, a également adressé un appel similaire aux fidèles de l’Église catholique orientale. Au Sri-Lanka, Shiromi Rasmika, membre de la Légion de Marie et résidente de la ville de Negombo, qui compte une importante population catholique, évoque les prières des fidèles sri-lankais pour le pape. Shiromi, qui enseigne le catéchisme à l’école du dimanche, se souvient encore de la venue du pape François au Sri Lanka en 2015.

« Nous garçons de merveilleux souvenir de cette visite », explique-t-elle, en confiant son admiration. Les diocèses et paroisses du Pakistan se sont également organisés, assure le père Qaiser Feroz, secrétaire de la commission pour les communications sociales des évêques du pays. Curé de l’église Saint-Joseph de Lahore, il a organisé une veillée de prière spéciale pour le Saint-Père, dans sa paroisse, samedi 22 février au matin avec près de 500 personnes. « Nous avons besoin de lui pour semer la paix et l’espérance, d’autant de manières que possible. Son pontificat est un vrai cadeau. Nous restons unis avec lui dans la prière. »

Asie de l’Est

Dimanche 23 février, le cardinal Stephen Chow, évêque de Hong-Kong, a également appelé à prier pour le pape alors qu’il célébrait la cérémonie de lancement d’un « walkathon » organisé par l’Église locale dans le cadre du Jubilé : « J’aimerais prier pour notre cher pape François. Il lutte à nouveau contre la maladie. Je voudrais lui dire que nous marchons pour lui, et avec lui. Nous, frères et sœurs de Hong-Kong, prions pour lui, pour qu’il soit bientôt rétabli. »

Au Japon, le 23 février également, le cardinal Tarcisio Isao Kikuchi, archevêque de Tokyo et président de Caritas Internationalis, a publié un message significatif sur les réseaux sociaux. Le cardinal japonais a publié une photo le montrant avec Paul Iwao Hakamada, le détenu qui a passé le plus d’années au monde dans le couloir de la mort (près de 46 ans) avant d’être acquitté en 2024. L’homme, qui a aujourd’hui 88 ans – le même âge que le pape –, a été baptisé alors qu’il était en prison. « Récemment, le Saint-Père m’a envoyé un message et un chapelet à l’intention de M. Hakamada, par l’intermédiaire de la Secrétairie d’État du Saint-Siège. Je lui ai donné aujourd’hui », a-t-il confié. (Ad Extra, ave

c Ucanews).




Les initiatives internationales doivent compléter les stratégies nationales en matière de santé, et non faire doublon avec elles

Ne pas tirer les enseignements de la lutte contre la COVID-19 pourrait avoir de graves conséquences pour la santé mondiale. La pandémie a révélé des lacunes importantes dans le cadre international actuel, notamment un manque de coordination entre une multiplicité d’organisations, et une répartition inégale des vaccins entre les pays à revenu élevé et les pays à faible revenu.

Face à l’épidémie de mpox en Afrique subsaharienne, les autorités sanitaires mondiales risquent aujourd’hui de répéter les erreurs passées. Cette crise rappelle toute la difficulté à coordonner la réponse fragmentée des donateurs, ce qui se traduit par une hausse lente et insuffisante des financements. Les pays en première ligne de l’épidémie ne disposent toujours pas des systèmes et des ressources financières nécessaires pour contenir efficacement la propagation de la maladie.

Le secteur de la santé des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire a urgemment besoin de ressources supplémentaires. Mais les ressources existantes doivent être utilisées de manière efficiente, et la coordination entre les donateurs internationaux, qu’ils soient publics ou privés, doit être améliorée. Les pays en développement n’affectent pas suffisamment de ressources intérieures à la santé et la complexité des mécanismes de don nuit au financement extérieur. Une approche multidimensionnelle axée sur le renforcement des systèmes de santé nationaux et intégrant les initiatives mondiales dans les stratégies nationales pourrait avoir une incidence durable sur les résultats sanitaires de ces pays.

Un diagnostic redouté

Les raisons du piètre état du système de santé de tant de pays en développement sont multiples, entre finances publiques fragiles, aide extérieure insuffisante et manque de coordination entre les autorités nationales et les donateurs internationaux.

Des ressources budgétaires faibles et sous-employées. Dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, les dépenses publiques allouées à la santé stagnent à moins de 2 % du PIB ces derniers temps, soit environ la moitié de ce que ces pays consacrent à l’éducation, les ministres des Finances ayant peut-être le sentiment que les donateurs en font suffisamment. Ces dépenses ont augmenté durant la crise de la COVID-19, mais d’après les premières données disponibles, elles ont désormais retrouvé leur niveau prépandémique dans de nombreux pays.

Ce constat est particulièrement préoccupant compte tenu de la demande croissante pour les services de santé et de la charge de plus en plus lourde que représentent les maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabète. Celles-ci sont en hausse du fait du vieillissement de la population, de la pollution accrue et du changement des modes de vie associé à des revenus plus élevés.

Par ailleurs, le budget alloué à la santé n’est souvent pas employé dans sa totalité, en particulier en Afrique subsaharienne. On estime que la sous-utilisation des crédits budgétaires dans le secteur de la santé représente une perte de 4 dollars par personne, sur la base des prix constants de 2020. Ce montant est équivalent à celui que les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne dépensent en soins de santé primaires par habitant.

Des revenus faibles, une dette élevée. Dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, la perception de l’impôt stagne, ce qui prive la santé et d’autres secteurs sociaux de ressources. Dans certains pays à faible revenu, les recettes fiscales représentent moins de 10 % du PIB, un chiffre bien en-deçà des 15 % recommandés par le FMI.

Dans le même temps, certains pays en développement consacrent plus d’un tiers des recettes fiscales au service de leur dette intérieure et extérieure, avec pour conséquence de réduire un peu plus encore les dépenses allouées à l’éducation et à la santé. Les retombées positives de précédentes initiatives d’allégement de la dette, comme l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés du milieu des années 90 et l’initiative d’allégement de la dette multilatérale de 2005, se sont estompées à mesure que les pays contractaient de nouvelles dettes.

Une stagnation de l’aide des donateurs. L’aide en matière de santé est restée figée à environ 1 % du PIB des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire durant les deux décennies qui ont précédé la pandémie et n’a que faiblement augmenté par la suite. À cet égard, les perspectives sont peu réjouissantes au regard de la pression budgétaire exercée sur les pays donateurs et de la mutation des dynamiques géopolitiques.

Les pays donateurs ont pour priorité de réduire leur propre niveau d’endettement élevé et de renforcer les dépenses allouées à la défense et à la prise en charge de populations vieillissantes. Par conséquent, une hausse sensible de l’aide aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire en matière de santé semble peu probable.

La fragmentation. L’aide extérieure en matière de santé est souvent volatile et privilégie les initiatives mondiales au détriment des besoins nationaux. Les programmes consacrés à des maladies spécifiques, connus sous le nom de « fonds verticaux », ont proliféré et créé un paysage fragmenté constitué d’une multitude de donateurs agissant indépendamment les uns des autres, ce qui donne lieu à des chevauchements et à un manque croissant d’inefficacité.

Au cours des 15 dernières années, le nombre de donateurs, tous types d’aides confondus, a doublé et celui des organismes donateurs a triplé. Pourtant, les flux financiers des donateurs n’ont augmenté que de 50 %, et le volume des dons et des flux de capitaux publics a diminué (graphique 1).

Les exigences imposées aux pays bénéficiaires par des donateurs soucieux de la bonne gouvernance pour garantir que les fonds sont dépensés de manière adéquate relèvent d’une bonne intention, mais s’avèrent contraignantes. Il devient ainsi plus coûteux pour les pays d’absorber des ressources extérieures et de renforcer les capacités des organismes publics de santé.

La « localisation » de l’aide. De nombreux donateurs bilatéraux, plutôt que de verser l’aide directement aux autorités sanitaires du pays bénéficiaire, l’aiguillent par le biais d’organismes non gouvernementaux sur le terrain. Les initiatives menées récemment, notamment par l’agence des États-Unis pour le développement international, ont accru la participation locale des acteurs non gouvernementaux en la matière. Il s’agit d’un processus appelé « localisation ».

Le maintien de financements hors budget sous forme de dons à des ONG locales pourrait prolonger la dépendance des pays à l’égard de l’aide étrangère et avoir des effets pervers en annulant les incitations à accroître les financements intérieurs. De plus, cela peut débaucher des membres essentiels des services de santé nationaux et engendrer des problèmes de coordination entre les autorités nationales et les autres donateurs.

Une approche intégrée

Une fois ce difficile diagnostic posé, le traitement proposé consiste à délaisser les interventions axées sur le contrôle d’une seule maladie au profit d’approches intégrées qui tiennent compte des interactions complexes entre les facteurs sanitaires, économiques et sociaux. Et celles-ci ne doivent pas forcément être révolutionnaires : l’Agenda de Lusaka de 2023 appelle à davantage aligner les initiatives de santé mondiale sur les systèmes de santé nationaux et les soins de santé primaires en Afrique, conformément à la Déclaration de Paris de 2005 sur l’efficacité de l’aide au développement.

Pour mettre en œuvre ce programme, la communauté internationale de la santé aurait tout intérêt à reconnaître la nécessité de réforme, et à s’engager dans une approche qui renforce les systèmes de santé des pays et intègre les initiatives mondiales dans les stratégies nationales. Après tout, aucun pays, indépendamment de son niveau de revenu, n’a atteint la couverture sanitaire universelle sans considérablement augmenter ses dépenses publiques.

Sur le plan intérieur, les pays doivent, progressivement, s’appuyer davantage sur leurs propres ressources, qui sont plus stables, l’objectif étant que celles-ci financent la totalité ou la plupart des activités sanitaires de base. Pour ce faire, les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire doivent augmenter leurs recettes. Selon les estimations du FMI, ils pourraient mobiliser un montant de fonds supplémentaires équivalent à 5 % à 9 % du PIB.

Ils peuvent y parvenir s’ils renforcent leur système fiscal national en élargissant la base d’imposition et en améliorant l’observance fiscale. Pour générer rapidement des recettes supplémentaires, de nombreux pays envisagent de relever les taxes sur le tabac. Certes, cette approche leur permettra sûrement d’obtenir des recettes additionnelles à court terme, mais ces taxes ne sont pas une solution à long terme. En effet, il est probable que la consommation déclinera, ce qui est l’un des objectifs premiers de la taxation. À terme, l’objectif est de réduire la dépendance du secteur de la santé aux dons.

Au niveau international, les donateurs doivent harmoniser leurs efforts avec la priorité que se sont fixée les pays, à savoir la couverture sanitaire universelle. Cela pourrait considérablement améliorer la coordination des fonds verticaux alloués à la lutte contre une maladie spécifique en permettant une expansion progressive des retombées positives et une réduction de l’inefficacité des dépenses. Le remède n’est pas nouveau : la Déclaration de Paris de 2005 vise à accroître les effets de l’aide et pourrait servir de cadre à l’alignement des activités des donateurs sur les stratégies nationales en matière de santé. (Cela ne se fera probablement pas sans quelques résistances, car les donateurs préfèrent souvent des fonds verticaux qui obtiennent des résultats aux yeux de leurs propres législateurs et d’autres parties prenantes.)

La création d’un organe permanent de coordination des questions sanitaires et du financement au niveau mondial serait une étape de plus dans le renforcement de la coordination et de la responsabilité. L’équipe spéciale conjointe du G20 sur les finances et la santé, établie en réponse à la pandémie de COVID-19, est un exemple en la matière. Composée des ministres des Finances et de la Santé, et des acteurs clés de la santé mondiale, elle a débouché sur une meilleure coordination et a contribué à réduire les doublons. En collaboration avec la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cet organe de coordination permanent serait une instance de promotion du dialogue, de la collaboration et de la transparence entre les parties prenantes mondiales de la santé et des financements.

Des systèmes durables

Ces efforts de coordination devraient aussi porter sur l’amélioration des processus de passation des marchés. La mise en commun des fonds des donateurs permettrait de réduire l’inefficacité et de consolider les systèmes de finances publiques et les capacités d’achat des pays bénéficiaires.

Ce regroupement pourrait commencer avec des organisations comme l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination, et le Fonds mondial, qui pourraient adapter leurs systèmes d’information afin d’utiliser efficacement les approvisionnements communs. Au fil du temps, cette approche pourrait s’étendre à d’autres donateurs de premier plan, comme le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, l’OMS et des entités chargées d’acheter des produits sanitaires.

En complément de ce traitement, les ministères des Finances et de la Santé doivent déterminer pourquoi ils peinent parfois à dépenser les budgets dont ils disposent déjà. Le FMI et les banques multilatérales de développement fournissent une assistance visant à renforcer la gestion des finances publiques dans son ensemble mais devraient mettre l’accent sur une meilleure exécution du budget dans le secteur de la santé. Il est probable qu’un ministre des Finances ne reverra pas l’allocation budgétaire à la hausse si le ministre de la Santé ne parvient pas à dépenser le budget existant.

La plupart des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire accusent un retard important dans la réalisation des objectifs de développement durable liés à la santé. La mortalité maternelle reste élevée : plus de 287 000 femmes sont décédées des suites de complications durant leur grossesse ou à leur accouchement en 2020. Les réductions de la mortalité infantile sont trop faibles pour satisfaire aux objectifs et des problèmes évitables, tels que les maladies néonatales, la pneumonie et la diarrhée, ont encore fait près de 5 millions de morts en 2022. Alors qu’il existe des technologies efficaces et à bas coût, on estime que 59 pays ne seront pas en mesure d’atteindre le niveau cible fixé en matière de mortalité des enfants de moins de cinq ans.

La communauté mondiale de la santé a les moyens de renverser la table et de tracer une nouvelle trajectoire vers des systèmes de santé intégrés et durables, conformes aux objectifs généraux en matière d’économie et de développement. La participation et la collaboration seront les fondements d’un monde en meilleure santé et plus équitable, pour tous.

VICTORIA FAN a été chercheuse principale au Center for Global Development ; SANJEEV GUPTA est chercheur principal émérite au Center for Global Development (Washington, DC).