La diplomatie algérienne a touché le fond en donnant la priorité au Polisario sur la Palestine

Les pays membres de l’Union africaine, de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique, tous également membres du Mouvement des Non-alignés, étaient en conclave les 10 et 11 novembre courant dans la capitale saoudienne à travers deux sommets séparés. L’Algérie, membre des organisations précitées, était quasiment aux abonnés absents. En effet, non satisfait de ne pas avoir réussi à imposer la présence des séparatistes du Polisario au sommet arabo-africain (reporté), le régime algérien a déclaré forfait à deux sommets importants, dont l’un consacré à la Palestine.

Un nouveau sommet Ligue arabe-Union africaine a encore échoué, à cause de l’Algérie et ses séparatistes du Polisario. Mais cette fois-ci avant même d’avoir commencé. En effet, le sommet arabo-africain, initialement prévu dans la capitale saoudienne le 11 novembre courant a été reporté à cause d’un bras de fer entre le duo Algérie-Afrique du Sud d’un côté, et l’Arabie saoudite de l’autre. En plus d’un désaccord entre plusieurs pays africains et arabes sur l’attitude à prendre face au conflit de Gaza, l’Arabie saoudite aurait surtout opposé un refus catégorique à toute présence des séparatistes du Polisario parmi les délégations de l’Union africaine.

Le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane, dont le pays est intransigeant sur la marocanité du Sahara, a transformé le sommet Ligue arabe-UA en sommet Arabie saoudite-Afrique. Organisé vendredi dernier, ce conclave, où d’importants accords de financement de nombreux projets de développement économique, surtout infrastructurels, ont été signés entre le royaume wahhabite et certains pays africains, a été une réussite de l’avis de nombre d’observateurs.

L’Algérie y était sous-représentée, contrairement à l’Afrique du Sud, représentée à un très haut niveau, en la personne du vice-président, Paul Mashatile. Ces accords de partenariat afro-saoudiens ont fini par convaincre les États africains que la moisson aurait été beaucoup plus fructueuse si le sommet UA-Ligue arabe avait été organisé, et qu’il est temps pour eux de lever l’obstacle qui freine leur coopération avec les pays riches en chassant définitivement la «RASD» de l’Union africaine. Surtout que les médias des séparatistes, émanation de ceux de la junte algérienne, se sont clairement félicités de la non-tenue du sommet arabo-africain, se réjouissant d’un «échec» du Maroc à écarter le Polisario de ce sommet et en saluant les pays africains qui ont «résisté à cette manœuvre» et empêché ce sommet d’avoir lieu.

L’autre échec cuisant pour l’Algérie, c’est sa présence effacée au sommet conjoint entre la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique (OCI) samedi dernier, entièrement consacré à la situation à Gaza, et où une soixantaine de pays arabes et musulmans se sont accordés à exiger l’arrêt immédiat des opérations militaires dans l’enclave palestinienne. L’absence du président algérien à ce conclave dédié à la Palestine est tout simplement inexplicable, surtout qu’Abdelmadjid Tebboune ne cesse de se proclamer comme le défenseur invétéré de la cause palestinienne.

Tebboune a non seulement boycotté ce sommet arabo-musulman de Riyad, auquel a pourtant participé le président iranien, Ebrahim Raïssi, connu pour son hostilité farouche à Israël, mais le président algérien s’y est fait représenter uniquement par un simple ambassadeur, alors que son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a été envoyé faire une tournée, durant toute la semaine dernière, en Slovénie et en Roumanie. Cela n’a pas empêché la presse algérienne de rapporter qu’Alger a exigé, au sommet OCI-Ligue arabe, où elle n’avait pas voix au chapitre, des mesures fermes contre Israël, mais que des pays qu’elle cite nommément, dont «l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Soudan, le Maroc, la Mauritanie et Djibouti», s’y sont opposés.

Cette tentative de jeter l’opprobre sur les autres pays vise à détourner l’opinion algérienne du délaissement manifeste par Tebboune, et à un moment crucial, de la cause palestinienne. D’ailleurs, il est très probable que le limogeage de l’ex-Premier ministre Aïmene Benabderrahmane, intervenu samedi dernier au moment même où se clôturait le sommet Ligue arabe-OCI, a été sciemment précipité en vue de cacher aux Algériens que le soutien de leur régime au Polisario est bien la principale cause de la politique de la chaise vide, choisie par Tebboune pour manifester son irritation à l’Arabie saoudite, rendue responsable de l’éviction de l’entité fantoche.

Les jours d’après le sommet saoudo-africain du 10 novembre et celui qui a réuni, le lendemain, la Ligue arabe et les autres pays musulmans laissent donc un véritable sentiment d’amertume et de dépit au sein du régime algérien qui doit regretter de s’être sabordé tout seul dans son milieu continental et régional en optant pour un «jamais sans mon Polisario» qui l’a contraint à une autarcie diplomatique. Un tel forfait de la part d’une diplomatie en perte de tout repère est devenu illisible et incompréhensible de la part de l’écrasante majorité des pairs africains et arabes de l’Algérie.

Pourtant, Tebboune s’est toujours vanté d’avoir redressé la diplomatie algérienne, qui, dit-il, avait «touché le fond» et que «l’Algérie est en train de retrouver son lustre diplomatique», perdu, selon lui, sous le régime d’Abdelaziz Bouteflika, un homme reconnu comme le précurseur de l’âge d’or de la diplomatie algérienne. À contrario, depuis l’arrivée de Tebboune, la diplomatie algérienne n’a connu qu’une accumulation d’échecs, à commencer par le fameux sommet arabe d’Alger en 2022 ou, plus récemment, l’humiliant échec de l’entrée aux BRICS, en août dernier, encore dans toutes les mémoires, tout comme, un mois plus tard, la sortie incontrôlée de Tebboune à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies où le monde entier a été témoin de son monstrueux mensonge sur l’irréalisable dessalement de plus d’un milliard de mètres cubes d’eau de mer par jour…

Aujourd’hui encore, en boycottant quasiment deux sommets à Ryad, et alors qu’il était habitué à mettre sur le même pied d’égalité la cause palestinienne et son soutien au Polisario, voilà que le régime algérien fait tomber le masque en sacrifiant la cause palestinienne sur l’autel des séparatistes de Rabouni. Il était temps!

Par Mohammed Ould Boah




Maroc atlantique: le grand large

Chronique. Dans son discours du 6 novembre, le Roi a réaffirmé la vocation atlantique du Sahara, dont le littoral est bien placé pour s’insérer dans la mise à niveau de cette façade maritime qui compte pas moins de 23 pays. Une vision stratégique s’impose pour l’essor de la coopération dans l’espace maritime de l’Atlantique Sud, et le Maroc dispose d’acquis et d’une expérience qui peuvent être d’une grande utilité.

Voici une semaine, SM le Roi a prononcé un discours à la Nation à l’occasion du 48ème anniversaire de la Marche verte. Il a rappelé cette épopée, et a mis l’accent sur la position de plus en plus avantageuse et consolidée de la cause nationale, tant au Conseil de sécurité, avec la résolution 2703 du 30 octobre dernier, qu’auprès de puissances influentes, dont la France. Il a enfin mis en relief le développement des provinces méridionales du Royaume depuis près d’un demi-siècle, et en particulier depuis son annonce du programme quinquennal de quelque 80 milliards de dirhams à Laâyoune, le 6 avril 2015.

Mais il y a plus. Ainsi, le Souverain a réaffirmé précisément la vocation atlantique du Sahara. Ce littoral-là est bien placé désormais pour s’insérer dans la mise à niveau de cette façade, qui compte pas moins de 23 pays. Que faire? Réunir les conditions d’une économie maritime adossée à des infrastructures, à des programmes et à des chantiers logistiques et de transport, ainsi qu’à une flotte maritime conséquente. Le Maroc dispose par ailleurs d’acquis et d’une expérience qui peuvent être d’une grande utilité, notamment dans les secteurs suivants: les ressources naturelles offshore, la pêche, le dessalement de l’eau de mer, l’économie bleue, les énergies renouvelables et le tourisme atlantique.

Une mise en exergue d’une priorisation de la vocation maritime du Royaume, après avoir réalisé le grand projet du port Tanger Med. Le Maroc a un littoral atlantique de 3.000 km, dont 1.000 km sur sa côte saharienne; sa zone économique est de l’ordre d’un million de km2, soit plus que sa superficie territoriale de 750.000 km2. Il est aussi gardien du Détroit de Gibraltar, avec deux autres pays, l’Espagne et le Royaume-Uni: il enregistre annuellement le passage de plus de 100.000 navires. Il a quatre frontières maritimes atlantiques avec la Mauritanie, l’Espagne, le Portugal et Cabo Verde. Une conscience géo-maritime est à l’ordre du jour, et elle ne peut qu’aider à faire des avancées dans cet espace maritime de l’Atlantique Sud.

Pionnier, le Maroc l’a été dans cette vision de redéploiement vers l’Atlantique Sud. L’on doit rappeler que dès les premières années de son règne, SM Mohammed VI a mis en œuvre une diplomatie ouverte, allant au-delà des partenaires traditionnels (Europe, États-Unis) et des solidarités culturelles (Maghreb, monde arabe). Il faut rappeler à cet égard sa tournée en Amérique latine, en décembre 2004, dans cinq pays (Mexique, Pérou, Brésil, Argentine et Chili). Elle s’est traduite par l’établissement de nouvelles relations diplomatiques et d’ouverture d’ambassades. Elle s’est prolongée avec le statut de membre observateur accordé au Maroc dans des instances régionales de cet espace (Parlement d’Amérique centrale, Parlement d’Amérique latine et des Caraïbes, Parlement andin et Système d’intégration d’Amérique centrale).

En 2009, Rabat prend l’initiative d’une rencontre des États riverains de l’Atlantique. Celle-ci adopte la Déclaration de Rabat, un document fondateur du Processus africain atlantique. Ce cadre prend une forme ministérielle ensuite avec la 1ère Réunion institutionnelle des États africains atlantiques, tenue dans cette capitale le 8 juin 2022. La deuxième réunion se tient à New York, en septembre 2022, en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. Et la troisième, elle, a lieu de nouveau à Rabat en juillet dernier, avec la participation de 21 pays. La vision royale développée depuis près d’une quinzaine d’années est ainsi consacrée autour de ce triptyque: paix, stabilité et prospérité partagée. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, souligne à cette occasion les atouts de cet espace maritime, ainsi que les défis et les menaces auxquels il est confronté. Les potentialités sont importantes: 46% de la population du continent, 55% de son PIB, 57% de son commerce et ses énormes ressources maritimes. Mais en creux, il faut évoquer de fortes contraintes: vulnérabilité climatique et menaces sécuritaires multiples (criminalité, piraterie maritime, terrorisme, trafics…).

Le Maroc met en avant depuis des années un référentiel d’action articulé autour de ces priorités: valorisation du potentiel de l’espace maritime, mobilisation des champs de coopération, partage d’une vision et d’actions communes, action collective, réponse aux impératifs de développement durable et de sécurité… Dans son discours du 6 novembre, SM le Roi a appelé aussi à la structuration de l’espace africain atlantique. Un cadre institutionnel est à mettre en place, sur la base d’une nécessaire coordination autour de thèmes stratégiques et de secteurs structurants. Il permettra des positions unitaires sans pour autant faire concurrence à des organisations régionales ou à des configurations africaines. S’approprier finalement l’Atlantique en ne lui tournant pas le dos: voilà l’axe et l’enjeu de l’approche marocaine.

L’espace atlantique global dispose en effet de grandes potentialités, mais il se distingue aussi par de fortes disparités entre les trois aires qui le composent. L’aire euro-atlantique nord est développée (Europe et États-Unis), l’aire latino-américaine est en émergence, sous l’égide surtout du Brésil, et, enfin, l’aire afro-atlantique est confrontée, elle, à des contraintes structurelles, économiques et sécuritaires. Quelles pistes de mobilisation et de valorisation du potentiel de coopération au sein de l’Atlantique Sud? Une vision stratégique s’impose à l’évidence. Elle pourrait aider et même conforter la centralité stratégique de cet espace. Elle devrait également avoir un caractère multidimensionnel, sur la base d’un partenariat économique rénové et d’une coopération sécuritaire renforcée. À ce titre, le Maroc propose des institutions appropriées autour de la Conférence des États africains riverains de l’Atlantique.

À un autre niveau, la coopération économique devrait englober les secteurs structurants en mesure de répondre aux priorités de développement de la vingtaine de pays riverains. Lesquelles? L’agriculture et l’exploitation des complémentarités pour mieux appréhender la problématique de la sécurité alimentaire; l’industrie, avec des mégaprojets et un partenariat gagnant-gagnant; les énergies renouvelables; et enfin les infrastructures portuaires (connectivité, flotte marchande…). Dans une telle perspective, le Maroc peut être un aiguillon dans tous ces domaines, dans la mesure où il dispose d’atouts et d’une capitalisation d’expérience dont l’expression la plus notable est le modèle de développement des provinces sahariennes récupérées. Les lignes de force de cette démarche de coopération sont nombreuses: partenariat avec des pays de l’Atlantique Nord (États-Unis, France…); relations prometteuses avec des pays de l’aire atlantique latino-américaine, notamment le Brésil; coopération économique triangulaire avec certains des pays européens positionnés en Afrique (France, Portugal) pour des communautés d’intérêts croisés; mobilisation de l’accord de libre-échange entre le Maroc et les États-Unis dans un double sens, celui de l’élargissement de l’offre exportable marocaine et celui de l’attrait des investissements directs américains destinés à l’Afrique et aux pays de la façade atlantique.

Le Maroc opère une réappropriation de l’Atlantique, une sorte de «reconquête» historique, culturelle et économique, à laquelle il entend associer les pays riverains de la façade sud: une vision mobilisatrice ouvrant de nouveaux horizons de coopération et de développement. L’appel du grand large!

Par Mustapha Sehimi




Sahara : l’Azerbaïdjan réaffirme son soutien “permanent et indéfectible” à l’intégrité territoriale du Maroc

L’Azerbaïdjan a réaffirmé, à nouveau, son soutien “permanent et indéfectible” à l’intégrité territoriale du Maroc et à la souveraineté du Royaume sur son Sahara.

Cette position a été exprimée à l’occasion de la tenue, lundi à Rabat, de la 2ème session de la Commission Mixte de Coopération, co-présidée par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et son homologue azerbaïdjanais, Jeyhun Bayramov.

Dans le procès-verbal ayant sanctionné les travaux de cette réunion, la partie azerbaïdjanaise a fait part de son engagement en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume, ainsi que de son soutien aux efforts des Nations Unies et de l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général pour parvenir à une solution politique durable et équitable à la question du Sahara, sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l’ONU, notamment la dernière résolution 2703, du Plan d’autonomie marocain, ainsi que des efforts sérieux et crédibles déployés par le Maroc pour résoudre définitivement ce conflit artificiel.

Selon le document, les relations entre le Maroc et l’Azerbaïdjan ont atteint un niveau d’excellence, caractérisé par la solidarité, la confiance, le respect mutuel et le soutien réciproque sur les questions d’intérêt vital pour les deux pays amis.

La même source précise, dans ce sens, que Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président Ilham Aliyev accordent un intérêt particulier au développement et à la diversification de ces relations, au bénéfice de la prospérité et du bien-être des deux peuples, marocain et azerbaïdjanais.




SM le Roi adresse un Discours au Sommet Extraordinaire Arabo-Islamique

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a adressé, samedi, un Discours au Sommet Extraordinaire Arabo-Islamique, qui se tient à Riyad, au Royaume d’Arabie Saoudite. Voici le texte intégral du Discours Royal dont lecture a été donnée par le Chef du gouvernement, M. Aziz Akhannouch.

“Louange à Dieu, Prière et Salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.

Mon Auguste Frère, le Serviteur des Lieux Saints, le Roi Salmane ben Abdelaziz Al-Saoud,

Mon Très Cher Frère, Son Altesse Royale, le Prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al-Saoud, Prince Héritier et Président du Conseil des Ministres,

Majestés, Altesses, Excellences

Excellence, Monsieur le Secrétaire général de la Ligue des Etats Arabes, Excellence, Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation de la Coopération islamique,

Ce Sommet extraordinaire Arabo-Islamique, auquel a appelé le Royaume d’Arabie Saoudite frère, se tient dans un contexte marqué par la tension et la poursuite des affrontements armés dans la Bande de Gaza, causant des milliers de morts et de blessés parmi une population civile désarmée, sur fond de chaos et de blocus total, en violation flagrante des Lois internationales et des valeurs humaines.

Bien que des voix de la sagesse se soient élevées pour appeler à la désescalade et à l’apaisement, l’artillerie et les missiles israéliens continuent de prendre pour cible les civils désarmés, y compris les enfants, les femmes et les personnes âgées. Ne furent épargnés ni lieux de culte, ni hôpitaux, ni camps, qu’ils soient totalement ou partiellement détruits.

Partant de Notre engagement en faveur de la paix et en Notre qualité de Président du Comité Al-Qods, Nous avons appelé à un sursaut de la conscience humaine pour que cesse le massacre de vies humaines, que le Très-Haut a comblé d’honneur et à agir ensemble, chacun dans sa position, afin de concrétiser quatre priorités urgentes:

Premièrement : Induire une désescalade urgente et concrète, mettre fin aux agressions militaires, pour aboutir à un cessez-le-feu durable et vérifiable ;

Deuxièmement : Garantir la protection des civils de sorte à ce qu’ils ne soient plus pris pour cible, conformément au droit international et au droit international humanitaire ;

Troisièmement : Permettre l’acheminement fluide et en quantités suffisantes des aides humanitaires au profit des populations de Gaza ;

Quatrièmement : Projeter une perspective politique pour la question palestinienne de nature à relancer la solution à deux États, tel que convenu par la communauté internationale.

Majestés, Altesses, Excellences,

Nous sommes face à une crise sans précédent, exacerbée par la persistance d’Israël dans son agression flagrante contre les civils désarmés, et compliquée, de surcroît, par le mutisme de la communauté internationale, sur fond d’indifférence des puissances agissantes à l’égard de la tragédie humaine qu’endure la population de la Bande de Gaza.

Il incombe donc à la communauté internationale et à nous tous à œuvrer pour que l’avenir de la région et celui de ses populations et de ses fils ne soit pas hypothéqué par les partisans de la surenchère. L’avenir de la région ne saurait, en effet, tolérer les surenchères creuses, et encore moins les agendas et les calculs étriqués.

Cette conjoncture cruciale exige d’être appréhendée en ayant chevillé au corps la responsabilité historique qui s’appuie sur les postulats suivants :

– Pas d’alternative à une paix réelle dans la région garantissant aux Palestiniens leurs droits légitimes dans le cadre de la Solution des Deux Etats;

– Pas d’alternative à un État palestinien indépendant avec Al Qods-Est pour capitale;

– Pas d’alternative au renforcement de l’Autorité palestinienne, sous le leadership de Mon Frère, le Président Mahmoud Abbas Abou Mazen;

– Pas d’alternative à la mise en place de mécanismes pour une sécurité régionale durable, fondée sur le respect du droit international et des référentiels y afférents, tels qu’universellement reconnus.

Majestés, Altesses, Excellences,

Transcender cette crise et éviter qu’elle ne se reproduise ne sauraient être possible qu’à travers la cessation des agressions contre Al-Qods Acharif et des provocations qui heurtent les sentiments de plus d’un milliard de musulmans.

En Notre qualité de Président du Comité Al-Qods, Nous nous sommes toujours évertués à attirer l’attention quant à la gravité de ces agissements et provocations israéliens et leurs conséquences funestes sur la sécurité et la stabilité de la région dans son ensemble.

En parallèle, nous agissons sur le terrain à travers l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif en vue de la sauvegarde de la Ville Sainte et la préservation de son statut historique et juridique ainsi que de ses Lieux sacrés.

Comme énoncé dans «l’Appel d’Al-Qods», que Nous avions signé avec Sa Sainteté le Pape François, la sauvegarde de la Ville d’Al Qods Acharif incombe à tout un chacun comme patrimoine commun de l’humanité et un symbole des valeurs du respect mutuel.

Il s’égare celui qui pense que la logique du plus fort puisse altérer cette réalité ou travestir cette identité bien ancrée. Il Nous trouvera immanquablement face à lui, en Notre qualité de Président du Comité Al-Qods et ce, en coordination avec Notre Frère, Sa Majesté le Roi Abdallah II, Tuteur des Lieux Saints de l’Islam et du christianisme d’Al-Qods.

Majestés, Altesses, Excellences,

Nous nous trouvons à un tournant décisif qui commande à tous fermeté et responsabilité pour mettre un terme aux agressions israéliennes. Cette étape exige aussi de faire prévaloir la raison et la sagesse pour instaurer une paix juste et durable dans la région, à même de garantir la sécurité et la stabilité pour l’ensemble de ses peuples.

Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh”.




Une Afrique en paix: Le Maroc, un acteur clé de la sécurité régionale

Le Maroc s’est fortement impliqué dans la lutte anti-terroriste au niveau national, régional et international, et ne cesse de renforcer sa coopération internationale en vue de garantir la sécurité et la stabilité de la région, affirme le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Le troisième rapport du Royaume du Maroc sur la mise en œuvre de l’Agenda 2063 : Bilan de la première décennie (2014-2023), établi par le HCP, met en lumière l’engagement significatif du Maroc dans la lutte contre le terrorisme, tant à l’échelle nationale, régionale qu’internationale. Le pays a entrepris des réformes cruciales dans le domaine religieux et renforce continuellement sa coopération à l’échelle mondiale.

En outre, le Maroc a ratifié la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles connexes, et a mis en place une série de lois régissant la circulation des armes sur son territoire, prohibant ainsi la fabrication et la possession illégale d’armes.

Il contribue activement aux efforts de lutte contre la prolifération illicite d’armes, ainsi qu’au maintien de la sécurité et de la paix. En 2016, le taux d’homicides volontaires pour 100.000 habitants s’élevait à seulement 1,6%. De plus, plus de la moitié des ménages ont estimé que le niveau de criminalité dans leur environnement était faible, voire inexistant, précise le rapport.

Par ailleurs, le Royaume maintient un engagement solide envers les pays africains dans le cadre d’une approche globale et cohérente pour lutter contre le terrorisme. Cette démarche intègre une dimension sécuritaire, mettant en avant la coopération régionale et continentale. De plus, le Maroc s’attache à promouvoir le développement économique et humain tout en préservant l’identité culturelle. Le pays a notamment mis en place des hôpitaux médico-chirurgicaux de campagne ces dernières années, illustrant son engagement humanitaire face à diverses crises, notamment la pandémie de la Covid-19.

D’après le rapport du HCP, depuis sa réintégration à l’Union Africaine en janvier 2017, le Maroc a occupé un siège au sein du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine (CPS-UA) pour un mandat de deux ans, de 2018 à 2020. Au cours de ce premier mandat, caractérisé par sa présidence de cette instance décisionnelle en septembre 2019, le Maroc a apporté une contribution constructive à l’amélioration des méthodes de travail du CPS-UA et à la promotion des bonnes pratiques dans l’action de l’Union Africaine.

Lors du 35ème Sommet de l’Union Africaine (UA) en février 2022, Le Maroc a été élu membre du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA pour la période 2022-2025, assurera pour un mois, à partir du 1er octobre 2022, la présidence de cette instance décisionnelle de l’Union.

Le rapport-bilan conclut en notant que la présidence marocaine du CPS-UA s’inscrit dans la continuité des engagements du Royaume pour une Afrique pacifique, stable et prospère et constitue une consécration des efforts de la diplomatie du Royaume au niveau du continent africain, sous le leadership du Roi Mohammed VI, en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique.




Les reports se multiplient, la RASD de plus en plus handicapante pour l’Afrique

Après le report d’un sommet sensé rassembler, le 10 novembre en Arabie Saoudite, les pays de la Ligue arabe et ceux de l’Union africaine (UA), voilà que l’Union européenne (UE) annonce à son tour le report, sine die, d’une réunion ministérielle avec l’UA, initialement prévue pour le 20 courant.

Le report a été annoncé par la Commission européenne par le biais de son porte-parole principal pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité au sein de la, Peter Stano, sur X, anciennement Twitter.

« L’UE et l’UA réaffirment leur engagement en faveur d’un partenariat solide pour faire face aux défis mondiaux actuels. Une nouvelle date sera communiquée ultérieurement », a-t-il annoncé.

Si pour le premier l’urgence de la situation à Gaza a été invoquée, et pour le second un désaccord sur le nom à mettre et l’attitude à adopter face à la guerre en Ukraine et à l’agression israélienne contre les civils palestiniens, a été laissé entendre, une autre raison, toute aussi importante, est derrière ces ajournements.

Il s’agit tout simplement de la présence, plus que probable, de la pseudo RASD à ces deux rassemblements, et qui aurait grandement contribué à leur avortement, la majorité des Etats concernés, voire la quasi-totalité, y étant opposés.

La présence de la bande à Benbettoch était presque une certitude puisqu’elle cherche à s’incruster partout, même si elle ne peut prétendre à une participation que dans le cadre de réunions inter-institutions (UE, Ligue arabe…), alors que dans celles unissant des pays au continent, elle n’a pas place et elle le sait.

On rappellera à ce titre les Sommets Afrique-France, Russie-Afrique Turquie-Afrique, Inde-Afrique, Chine-Afrique, et le tout dernier Arabie saoudite-Afrique, en lieu et place de Ligue arabe-UA, et lors duquel le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, hôte de la réunion, n’a pas manqué d’enfoncer le clou en évoquant les 54 Etats de l’Afrique.

Même pendant la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 8), quand Kais Saied avait eu, sous la pression d’Alger, le malheureux geste d’inviter Brahim Ghali, le Japon n’a pas hésité à prendre ses distances en affirmant qu’il n’avait jamais convié le polisario, n’avait pas été consulté au sujet de cette invitation, et mieux encore, qu’il ne reconnaissait pas la RASD.

Le seul constat à tirer de cette situation est que cette entité fantoche, soutenue et nourrie par l’Algérie, est de plus en plus handicapante pour le continent africain, et vient saper tous ses efforts de développement dans le cadre de partenariats multilatéraux.

Résultat de ce constat, il serait grand temps de faire le ménage dans la famille africaine et d’en chasser un parasite, déjà rejeté par près de 85% des membres, dont 40% ont ouvert des représentations dans les provinces du Sud du Royaume.

Livre Blanc

La même conclusion avait été exprimée par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, déjà en tout début de l’année.

« La présence de la pseudo RASD est un obstacle institutionnel et une anomalie au sein de l’UA (…) C’est une aberration juridique car elle ne correspond pas aux éléments constitutifs d’un Etat au niveau international », avait-il affirmé devant d’anciens Premiers ministres et anciens ministres africains, signataires de l’Appel de Tanger, un appel solennel à l’expulsion de cette entité de l’Union Africaine.

L’existence de la RASD constitue un problème pour l’Afrique, et sa création est une violation du droit international et des principes de l’unité nationale, a ajouté Bourita, soulignant qu’elle incarne « une Afrique de divisions » et « un contre-sens » à la pratique de l’UA.

Adopté à l’unanimité par d’anciens Premiers ministres et anciens ministres africains lors de la première réunion de suivi de l’Appel de Tanger à l’expulsion de la pseudo RASD de l’UA, tenue le 28 janvier 2023 à Marrakech, le Livre Blanc admet que la présence au sein de l’UA de cette émanation non-étatique d’un groupe séparatiste armé illustre la vulnérabilité institutionnelle de l’Organisation et représente un frein incontestable à l’intégration économique régionale et continentale.




États-Unis: le Pape relève Mgr Strickland de sa charge pastorale

La décision du Pape, prise à l’issue de la visite apostolique confiée à deux évêques américains dans le diocèse de Tyler, a été rendue publique samedi 11 novembre.

Le Pape François a relevé Mgr Joseph E. Strickland, 65 ans, du gouvernement pastoral du diocèse de Tyler, dans le nord-est du Texas aux États-Unis. Il a nommé Mgr Joe Vásquez, évêque d’Austin, administrateur apostolique du diocèse laissé vacant.

Cette décision fait suite à la visite apostolique ordonnée par le Pape en juin dernier dans le diocèse, et qui fut confiée à deux évêques américains.

Les évêques qui ont effectué la visite, Mgr Dennis Sullivan, évêque de Camden, et Mgr Gerald Kicanas, évêque émérite de Tucson, «ont mené une enquête exhaustive sur tous les aspects de la gouvernance et de la direction du diocèse de Tyler par son ordinaire, Mgr Joseph Strickland», a affirmé l’archevêque de Galveston-Houston.

Une décision prise après une longue réflexion

«À la suite de cette visite, poursuit le communiqué du cardinal Daniel Nicholas DiNardo, une recommandation a été faite au Saint-Père selon laquelle la poursuite du mandat de Mgr Strickland n’était pas possible». Mgr Strickland s’était fait connaître dans le monde, en publiant un propos hostile au Pape François sur les réseaux sociaux.

«Après des mois d’examen attentif de la part du dicastère pour les Évêques et du Saint-Père, la décision a été prise de demander la démission de Mgr Strickland. Après avoir reçu cette demande, Mgr Strickland a refusé de démissionner le 9 novembre 2023». D’où la décision du Pape de relever l’évêque de ses fonctions.

Le cardinal DiNardo souligne que dans l’attente de dispositions plus définitives pour le diocèse de Tyler, le Saint-Père a nommé simultanément Mgr Joe Vásquez, évêque d’Austin, administrateur apostolique du diocèse de Tyler. «Nous nous souvenons de Mgr Strickland dans nos prières», et «nous prions également pour le clergé et les fidèles du diocèse de Tyler et pour Mgr Vásquez», a conclu le cardinal DiNardo.




Xi Jinping attendu aux États-Unis pour le 30e sommet de l’APEC

À l’invitation du président américain Joe Biden, le président chinois Xi Jinping se rendra à San Francisco du 14 au 17 novembre pour un sommet Chine-États-Unis et pour la 30e réunion des dirigeants économiques de l’APEC, a annoncé vendredi la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

De son côté, la Maison blanche a annoncé que le président américain rencontrerait mercredi son homologue chinois en tête-à-tête pour la première fois depuis un an. Cette rencontre très surveillée, visant à réduire les tensions entre les deux puissances, se tiendra en marge du sommet de l’APEC dans la région de la baie de San Francisco.

Des questions telles que le conflit entre Israël et le Hamas, la crise russo-ukrainienne, la situation à Taïwan, la région indopacifique, les droits de l’homme, l’intelligence artificielle et les relations commerciales et économiques «équitables» devraient être abordées, selon des responsables de l’administration Biden.




Approbation des décrets concernant le miracle et les vertus héroïques de quatre baptisés

Le mercredi 8 novembre, à l’issue de l’audience accordée au Préfet du Dicastère pour les causes des saints, le pape a approuvé les décrets concernant :

– Un miracle attribué à l’intercession du Vénérable serviteur de Dieu Edoardo Francesco Pironio, cardinal de la sainte Église romaine, né à Nueve de Julio (Argentine) le 3 décembre 1920 et décédé à Rome (Italie) le 5 février 1998 ;

– Les vertus héroïques du Serviteur de Dieu Giuseppe Marrazzo, prêtre profès de la Congrégation des Rogacionistes du Cœur de Jésus ; né le 5 mai 1917 à San Vito dei Normanni (Italie) et décédé le 30 novembre 1992 à Messine (Italie) ;

– Les vertus héroïques de la Servante de Dieu Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie (née Eliswa Vakayil), Fondatrice de la Congrégation du Tiers Ordre des Carmélites déchaussées, aujourd’hui Carmélites thérésiennes ; née le 15 octobre 1831 à Ochanthuruth (Inde) et décédée le 18 juillet 1913 à Varapuzha (Inde) ;

– Les vertus héroïques de la Servante de Dieu Maria Francesca Foresti (née Eleonora), Fondatrice de la Congrégation des Sœurs Franciscaines de l’Adoration ; née le 17 février 1898 à Bologne (Italie) et décédée le 12 novembre 1953 à Ozzano Emilia (Italie).

Parmi ces quatre personnes, seul le cardinal Pironio est originaire du monde hispanophone. C’est un Argentin de plus à recevoir l’honneur de la béatification ou de la canonisation au cours du pontificat du pape François. La canonisation de « Mama Antula » ne date que d’octobre dernier.




Un cardinal argentin bientôt béatifié

Le pape François a autorisé ce mercredi 8 novembre la promulgation du décret du Dicastère de la cause des saints concernant le miracle attribué à l’intercession du vénérable Serviteur de Dieu Eduardo Francisco Pironio.

Il s’agit de la guérison miraculeuse de Juan Manuel Franco, qui avait 15 mois le 1er décembre 2006, souffrant de détresse respiratoire aiguë et sur le point de mourir. Les parents du petit Juan Manuel ont prié avec foi avec d’autres personnes, demandant l’intercession du Cardinal Pironio.

Deux jours plus tard, l’enfant montrait des signes d’amélioration. Le 13 décembre, il était guéri. Le lien de causalité entre l’invocation et la guérison rapide, complète et durable, non explicable scientifiquement, a été établi.

Eduardo Pironio est le dernier fils d’une famille nombreuse d’immigrés italiens modestes. Sa vie a été une source d’inspiration et de témoignage pour l’Église d’Amérique latine et des Caraïbes. Le cardinal argentin est à l’origine du Conseil épiscopal latino-américain pour laquelle il a été secrétaire général (1968-1972) et président (1972-1974).

Notons parmi ses missions à la Curie romaine le rôle de préfet de la Congrégation pour la vie consacrée, avant d’être créé cardinal en 1976. Il a été ensuite président du conseil pontifical pour les laïcs de 1984 à 1996, au titre duquel il est l’un des créateurs des Journées mondiales de la jeunesse.

Un pasteur qui aimait profondément l’Église

Après avoir appris la nouvelle du Vatican mercredi, le Conseil épiscopal d’Amérique Latine et des Caraibes (CELAM) a publié une déclaration, signée par les cinq membres représentants, dont le président Mgr Jaime Spengle, archevêque de Porto Alegre au Brésil.

Les évêques expriment dans ce document leur gratitude envers Dieu et leur profonde joie pour la reconnaissance de la vie et de l’œuvre du cardinal argentin : « Nous remercions Dieu et le Saint-Père François pour la nouvelle de la béatification du cardinal Eduardo Francisco Pironio (…) Cela nous remplit de joie que l’Église en arrive aujourd’hui à reconnaître la sainteté d’un homme profondément humain et tout entier à Dieu, un pasteur qui a profondément aimé l’Église et s’est donné totalement à elle. »