L’Initiative « la Ceinture et la Route » favorise l’interaction humaine : interview du journaliste congolais Hugo Nzeza (Journal L’Avenir)

Le troisième Forum de « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale s’est déroulé à Beijing du 17 au 18 octobre. Cette année marque le 10e anniversaire de l’Initiative « la Ceinture et la Route ». Au cours des dix dernières années, la coopération internationale dans le projet de « la Ceinture et la Route » a été très fructueuse, aussi bien pour les pays participant à cette initiative que pour leur population.

Hugo Nzeza, journaliste pour le Groupe l’Avenir, un média de la République démocratique du Congo, a déclaré dans une interview accordée au Quotidien du Peuple en ligne que l’Initiative « la Ceinture et la Route » a très bien été accueillie dans son pays car elle a permis au Congo de se transformer, notamment via la construction d’infrastructures, telles que des écoles et des hôpitaux. La Chine a amené la technologie dont le Congo ne disposait pas et elle a aidé les Congolais à opérer des transformations sur le terrain.

On entend souvent dire que la Chine ne donne pas seulement des poissons, elle apprend aussi à pêcher. M. Nzeza a déclaré à ce sujet : « En Afrique, généralement, quand il y a des grands projets de construction, on amène tout et on ne sait pas comment joindre la population à ce qui est fait. Avec cette initiative, on sent qu’il y a cette volonté de faire participer la population pour que demain, quand les gens qui ont terminé le projet ne seront plus là, la population puisse pérenniser ce qui est fait. » Selon lui, cette volonté d’impliquer les populations locales constitue le point fort de cette initiative.

D’après le journaliste, l’initiative « la Ceinture et la Route » favorise les interactions humaines. La tenue de sommets, tels que le troisième Forum de « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale, permettent de renforcer ces interactions et cette coopération. C’est grâce à de tels événements que des journalistes du monde entier ont la possibilité de se rassembler pour échanger, aller à l’encontre de nouvelles personnes et découvrir d’autres cultures.

A l’avenir, Hugo Nzeza espère que cette initiative puisse s’étendre davantage.




Le Maroc réitère à Paris son appel à un cessez-le-feu immédiat à Gaza

Le Royaume du Maroc a réitéré, jeudi à Paris, son appel à un cessez-le-feu immédiat à Gaza.

“Attaché à l’importance de parvenir à la paix, à la stabilité, au bien-être et à la prospérité de tous les peuples de la région, le Royaume du Maroc réitère son adhésion, en coordination avec tous les partenaires, à une mobilisation internationale en vue d’un arrêt, dans les plus brefs délais, des hostilités à Gaza”, a souligné l’ambassadeur, directeur général au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Fouad Yazourh.

Dans une allocution au nom du Maroc lors de la Conférence humanitaire internationale pour la population civile de Gaza, tenue à l’Elysée, M. Yazourh a réaffirmé, également, le rejet par le Royaume de toute forme de violence à l’égard des civils, insistant sur la nécessité de protéger ces derniers et de lancer une action collective pour mettre fin à la situation tragique et extrêmement dangereuse à Gaza, qui n’est plus acceptable sur le plan juridique et humanitaire.

Dans le même sillage, le diplomate marocain a réitéré devant les participants à cette conférence la position ferme du Royaume du Maroc, exprimée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’occasion de la Fête du Trône le 29 juillet 2023, concernant la justesse de la cause palestinienne et les droits légitimes du peuple palestinien d’établir son État indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, ayant pour capitale Jérusalem-Est, vivant côte à côte avec Israël, dans la paix et la sécurité.

La situation dangereuse que traverse la région du Moyen-Orient est due à la persistance de la question palestinienne sans solution depuis des décennies, a indiqué le diplomate marocain, relevant que la création d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, vivant côte à côte avec Israël et sur la base de la solution à deux États, est à même de sortir la région de la logique du conflit et de la spirale de la violence vers la logique de la coexistence, la sécurité, la paix et la prospérité.

Afin d’atteindre cet objectif, la communauté internationale est appelée à œuvrer, sans tarder, en vue de trouver un horizon politique favorisant les chances de parvenir à une paix juste et globale et d’assurer la sécurité et la stabilité pour tous les peuples de la région, a souligné M. Yazourh.

Sur le volet des aides humanitaires au peuple palestinien, M. Yazourh a souligné que dans le cadre du ferme engagement de Sa Majesté le Roi, Président du Comité Al-Qods, en faveur de la cause palestinienne, le Souverain a donné, le 23 octobre, ses Hautes Instructions pour l’envoi d’une aide humanitaire d’urgence aux populations palestiniennes, comprenant des quantités importantes de denrées alimentaires, de produits médicaux et d’eau, précisant que cette aide humanitaire a été acheminée vers la bande de Gaza via le passage frontalier de Rafah.

Toujours dans le cadre des mêmes Instructions Royales, il a été procédé, jeudi dernier à l’hôpital de l’association du Croissant Rouge Palestinien à Al-Qods, à la distribution d’importantes quantités d’aides alimentaires et de produits médicaux.

Organisée à l’initiative du président français Emmanuel Macron, la Conférence humanitaire internationale pour la population civile de Gaza a réuni les principaux acteurs impliqués dans la réponse humanitaire à Gaza. Elle vise à apporter une réponse de la communauté internationale aux besoins et à la protection de la population civile palestinienne dans la bande de Gaza et à fédérer les soutiens internationaux sur la base des besoins identifiés par les Nations unies et notamment l’UNRWA.




La CAF, ravie de reprendre son partenariat avec beIN

Confédération Africaine de Football (“CAF”) a le plaisir d’annoncer la reprise de son partenariat avec beIN après que les parties sont parvenues à un accord sur les questions qui étaient en litige.

beIN et la CAF ont mené des discussions qui ont abouti au rétablissement d’un partenariat mutuellement bénéfique entre les parties.

Le Président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, a déclaré : “La CAF est profondément engagée à promouvoir et à faire avancer les intérêts de tous ses sponsors et partenaires et à construire des relations mutuellement bénéfiques avec eux et avec toutes nos parties prenantes. L’adhésion à la bonne gouvernance, à l’éthique et aux meilleures pratiques mondiales est une partie essentielle et cruciale de la culture et de la manière dont la CAF opère et conduit ses affaires.

Pour que le football en Afrique soit compétitif au niveau mondial et autonome, la qualité du football africain doit être de classe mondiale et attrayante pour les spectateurs, les sponsors et les partenaires. Des ressources financières significatives sont également nécessaires pour les investissements dans les académies de jeunes, les clubs de football, les équipes nationales, les associations membres de la CAF, les stades et autres infrastructures et installations de football. La CAF se réjouit de son partenariat avec beIN et s’engage à développer et à étendre cette relation au bénéfice des deux parties”.




Marche verte: Le discours royal offre une vision de référence pour une collaboration transatlantique

En commémoration du 48ème anniversaire de la Marche Verte, le Roi Mohammed VI a prononcé un discours à la Nation où il souligné que les valeurs de solidarité, d’entraide et d’ouverture, sont des caractéristiques du Maroc ayant permis de renforcer son influence et sa réputation, mais aussi de se positionner de manière solide aux niveaux régional et international.

Cela inclut la reconnaissance du Maroc par les pays frères arabes et africains en tant qu’acteur essentiel, ainsi qu’un partenaire économique et politique crédible et fiable. A cet égard, Hespress FR, a sollicité Mohamed Bouden, académicien et politologue, président du Centre Atlas d’analyse des indicateurs politiques et institutionnels, pour une lecture du discours royal.

“Le discours royal consolide l’approche du développement et de la construction dans le Sahara marocain. Il offre également une vision de référence pour établir des conditions exemplaires en faveur d’une collaboration transatlantique”, a déclaré le politologue, avant d’expliquer que “la vision royale dépeint une orientation ambitieuse et novatrice pour le littoral atlantique et jette les bases d’une participation partagée le long de la côte atlantique du continent africain ».

Selon lui, cette vision royale « en fait un espace propice au partenariat pour le progrès et la paix, afin d’accompagner les diverses dynamiques actuelles”.

Mohamed Bouden indique à cet effet que “cela s’appuie sur le fait que 46% de la population du continent africain réside dans les pays limitrophes de la côte atlantique. Le discours royal exprime la volonté de tirer le meilleur parti des ressources humaines et économiques grâce à une collaboration collective, en profitant de la proximité géographique entre l’Afrique du Nord, l’Afrique centrale et l’Afrique australe”.

L’Académicien rappelle également que cette ambition vise à renforcer le rôle actif de la région du “G23” dans la stimulation de la croissance et la résolution efficace des défis traditionnels et émergents au cours des décennies à venir. « Cela inclut la priorité accordée au développement des infrastructures régionales et des réseaux de transport terrestre, maritime et aérien pour favoriser une plus grande mobilité des biens, des personnes ainsi que des services et des investissements”, dit-il.

Pour le président du Centre Atlas, le discours royal livre « une analyse géostratégique approfondie de la façade atlantique » en tant que porte d’entrée du Maroc vers l’Afrique et fenêtre d’ouverture sur l’espace américain. « L’objectif principal est de faire de cette région un pôle de communication humaine, d’intégration économique et de rayonnement continental”, affirme-t-il.

Avec cette vision royale, poursuit-il, « le Maroc renforce continuellement ses options et alternatives pour élargir son rôle en tant que pays africain de premier plan. Il enrichit les interactions et les liens entre le Cap Spartel et le Cap de Bonne Espérance, une région qui représente 55% du PIB de l’Afrique et 57% du commerce intra-africain« .

« Le Maroc adopte une approche pragmatique axée sur la construction du Sahara marocain, la coopération bilatérale avec les pays amis et le travail régional, avec une orientation particulière vers l’Atlantique. Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc en est un exemple concret visant à établir une voie énergétique dépendante des continents africain et européen. Grâce à son emplacement stratégique, le Maroc peut interagir avec de nombreux acteurs importants dans la région, sur le continent africain et au-delà”, soutient encore le politologue.

Le développement du Sahara marocain s’appuie sur trois piliers : les ressources humaines, l’attractivité et les opportunités, rappelle Mohamed Bouden, avant de conclure: “L’orientation atlantique du Maroc repose sur des convictions profondes dans le cadre de la coopération Sud-Sud et la vision marocaine qui met en avant l’engagement et la solidarité envers l’Afrique ».




Discours royal du 6 novembre: un leadership prometteur pour l’Afrique atlantique

Loin de toute tentation hégémonique, le Roi Mohammed VI souhaite faire profiter nos partenaires africains de son expérience et des acquis du Maroc pour franchir ensemble de nouveaux horizons en vue d’un partage de prospérité. Soucieux du succès de sa démarche, il associe à sa vision d’abord le versant atlantique du continent puis une partie du Sahel.

Artisan du grand retour du Maroc en Afrique, le Roi Mohammed VI souhaite imprimer encore plus sa marque à ce choix politique, économique et culturel en proposant aux 23 pays du versant atlantique du continent un grand projet de développement.

La démarche, construite, fait d’abord appel à une expérience accumulée à travers les multiples voyages dans les pays africains, où il est apparu qu’il y a une sensibilité quant à la manière de proposer les partenariats. La forme a son importance. Elle doit s’éloigner de toute condescendance pour laisser place à un abord capable d’«inspirer, influencer et guider» pour obtenir l’adhésion et le meilleur des partenaires. Une approche privilégiant le leadership.

La fin de la deuxième mondialisation (crise de 2008) et les conséquences de la pandémie du Covid-19 ont signé le grand retour de l’océan Atlantique dans le commerce mondial, océan que nous pensions distancé à jamais par le Pacifique. Les relocalisations, la réindustrialisation de l’Europe et de l’Amérique du Nord au détriment de la Chine et d’un Japon à la population vieillissante vont revivifier les échanges entre pays riverains de l’Atlantique avec l’ajout de taille d’économies dynamiques de l’Afrique atlantique et de l’Amérique latine. La migration du centre du monde vers le Pacifique a été finalement de courte durée.

Le Maroc, instruit de ces profondes mutations géoéconomiques et géopolitiques, a pris l’initiative de proposer à ses partenaires africains bordés par l’océan Atlantique de prendre le train en marche afin de ne pas rater cette nouvelle opportunité et fédérer leurs moyens pour la construction d’un nouvel ensemble économique significatif dégageant stabilité, richesse et prospérité.

La nouvelle offre a l’avantage, par son caractère global, de donner une dimension et une cohérence autrement plus importantes aux projets structurants prévus (gazoduc Nigéria-Maroc, flotte de marine marchande) ou en cours de réalisation (Port Dakhla Atlantique, infrastructures), ainsi qu’à la présence de nos banques et de notre compagnie aérienne dans nombre de pays concernés par le projet, pour ne citer que ces cas. Il ne s’agit pas pour le Maroc de se servir uniquement, ce n’est pas dans sa culture solidaire, mais de mettre à la disposition de ses partenaires ses moyens pour dégager les synergies profitables à tous. Les pays du Sahel, ces grands oubliés du développement, sont aussi concernés, le Maroc leur propose de bénéficier de ses infrastructures modernes sur l’Atlantique au lieu d’aller jusqu’au Golfe de Guinée (Lagos, Douala) pour s’approvisionner ou exporter. La même proposition pourrait concerner d’autres pays du voisinage à condition qu’ils reviennent à de meilleures dispositions.

La proposition marocaine d’un ensemble atlantiste est d’autant plus crédible qu’elle épouse une vieille tradition atlantiste de la diplomatie marocaine. Initiée par Mohammed ben Abdallah, roi intellectuel et visionnaire, à la fin du XVIIIe siècle, elle a été adoptée en réponse à l’acharnement d’un voisinage espagnol au nord et ottoman à l’est. Voisinage vindicatif et revanchard (cf. Bataille de Oued El Makhazine). C’était une option atlantiste libératrice. Aujourd’hui, le Maroc est dans de meilleures dispositions, son atlantisme est un choix politique et de société voulu, que confirme sa proximité et convergence avec l’Occident, à sa tête les Etats-Unis d’Amérique, notre allié stratégique. Alliance qui n’est pas exclusive d’amitiés que nous développons avec d’autres pays membres du Conseil de sécurité (Chine et Russie). Nos choix atlantistes font désormais partie intégrante de notre doctrine de politique étrangère, comme notre attachement à notre intégrité territoriale, à la Méditerranée et à l’Afrique, ils nous donnent quelques longueurs et nos amis africains pourraient en profiter.

A nos partenaires africains concernés, nous n’allons pas présenter notre choix atlantiste construit, nos projets structurants, la mise à disposition de nos infrastructures et de notre logistique uniquement, le Roi Mohammed VI, dans son discours, a proposé de nouvelles pistes, où le Maroc dispose d’expertises et de références déjà, à développer ailleurs dans le domaine agricole, le dessalement de l’eau de mer, l’économie bleue, l’exploitation des ressources minières et énergétiques de l’océan, le tourisme..

Ce qui crédibilise encore plus la proposition marocaine d’un ensemble atlantiste est l’important effort de développement réalisé en moins de 50 ans dans nos provinces méridionales. Aujourd’hui, ces régions, récupérées en 1975 dans une situation de grand dénuement, sont un modèle de développement avec un PIB par habitant inégalé en Afrique du Nord et au Sahel. Sans prétentions, il n’y a qu’à comparer avec ce qui se réalise dans l’entourage.

Le retour de l’Atlantique comme grand espace d’échanges est un fait. Se préparer à en profiter participe d’une vision stratégique qui ne peut être que profitable pour les pays riverains.

Le Maroc à travers cette proposition est dans son rôle de leader (mobilisateur de forces) africain. Il traduit concrètement sa contribution positive de puissance régionale. Non pas arrogante et dominatrice, mais toujours respectueuse de la richesse culturelle et matérielle de ses partenaires.

Par Adnan Debbarh




De peur de réveiller le Hirak, le régime algérien se désolidarise de la cause palestinienne

Alors qu’il se proclame champion de la cause palestinienne, le régime algérien refuse d’autoriser, et interdit même fermement, la sortie des manifestants algériens dans la rue en soutien aux Palestiniens dans la guerre que se livrent actuellement le Hamas et l’armée israélienne à Gaza. Un huis clos a été également imposé aux stades, où il a été décrété que les matchs du championnat local de football se joueront sans public. La peur du peuple et la hantise du Hirak tétanisent le régime d’Alger.

La junte algérienne n’en est pas à son premier paradoxe près. Alors qu’il ne rate aucune occasion, quitte à se montrer le plus souvent hors de propos, pour s’autoproclamer champion de la défense de la cause palestinienne, le régime algérien a rejeté à tour de bras toutes les demandes d’autorisation, que lui ont adressées certains partis politiques et organisations de la société civile, en vue d’organiser des manifestations de soutien à Gaza. Ces manifestations étaient prévues durant la journée du 1er novembre courant à travers toute l’Algérie.

Les Algériens voulaient ainsi faire coïncider des manifestations pro-palestiniennes avec les célébrations du 1er novembre, date anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie en 1954. Sauf que le régime algérien a déclaré la plus importante fête célébrée en Algérie «journée morte», arguant que tout rassemblement y est interdit en guise de solidarité avec les Gazaouis. Or, l’organisation de manifestations de soutien aux Palestiniens en cette journée, dite du déclenchement de la révolution algérienne, avait une charge symbolique, que le régime algérien a l’habitude d’utiliser à son profit, tout en la refusant, paradoxalement, aux Algériens.

L’on se rappelle que l’année dernière, après de longs mois de chassés-croisés et d’hésitations quant au bien-fondé de la tenue d’un sommet arabe chez un régime algérien honni par son peuple et à l’apogée de son bellicisme à l’égard de ses voisins, la Ligue arabe a fini par accepter la date du 1er novembre 2022 pour ce 31ème sommet. Pour le secrétariat général de la Ligue arabe, il s’agissait seulement de liquider, une fois pour toutes, ledit conclave d’Alger et passer rapidement au sommet suivant, organisé six mois plus tard à Jeddah, en Arabie saoudite. Mais capitalisant sur la date du 1er novembre, le régime algérien avait qualifié ce sommet d’«historique», avant même sa tenue, en vue de cacher son échec programmé.

Aujourd’hui, la junte algérienne interdit à la rue algérienne, en cette journée historique, de manifester en soutien à une cause dont il se veut être le chantre. D’ailleurs, pour alimenter cette instrumentalisation de la cause palestinienne, la junte algérienne a elle-même organisé, le jeudi 19 octobre dernier, soit quelque deux semaines après le déclenchement des hostilités à Gaza, un semblant de marche de soutien aux Palestiniens. Mais, comme on pouvait s’y attendre, seuls ont participé à cette manifestation bien encadrée des éléments triés sur le volet et appartenant tous à certaines unités de l’armée et de la police, en tenue civile, avec leurs familles, ainsi que les «états-majors» de certains petits partis politiques à la solde des généraux.

Le quadrillage de cette manifestation par un impressionnant dispositif de forces anti-émeutes visait surtout à éviter toute intrusion d’autres manifestants non homologués, de crainte que des slogans anti-Tebboune et anti-Chengriha ne soient scandés par des militants du Hirak, ce mouvement de contestation populaire qui empêche, depuis 2019, le régime militaire algérien de dormir sereinement. D’ailleurs, le même scénario a été réédité dix jours plus tard lors de la visite d’Abdelmadjid Tebboune à Djelfa, la première du genre hors d’Alger, où, flanqué de son ombre, le général Saïd Chengriha, il fut accueilli à nouveau par une horde de soldats, leurs familles ainsi que des troupes de musique bien connues, dont une célèbre danseuse, transformée pour l’occasion en égérie de la région. Chose qui a provoqué des commentaires caustiques sur les réseaux sociaux.

Ce faux «bain de foule» à Djefla n’a échappé à personne. Pire, l’interdiction à la rue algérienne de manifester en soutien aux Palestiniens a été confirmée par un autre oukase, celui de la Fédération algérienne de football (FAF), qui a annoncé, via un communiqué daté du 2 novembre courant, la reprise graduelle du championnat local de football à partir du vendredi 10 novembre 2023, tout en précisant que les matchs se dérouleront sans public jusqu’à nouvel ordre (du régime). Bien évidemment, les stades algériens, connus pour leur fronde anti-régime, sont interdits à leur tour de supporters, de crainte de tifos et chants fustigeant les caporaux algériens.

Cette décision de la FAF, selon laquelle il peut exister un football sans public, n’est pas sans rappeler la déclaration de Tebboune, le 12 juin 2021, sur le très faible taux de participation qui caractérise les élections algériennes, et où il a laissé entendre qu’en Algérie, où il a lui-même été désigné président par un seul général de l’armée, la démocratie peut se jouer sans votants.

Par Mohammed Ould Boah




Algérie: des desseins mafieux derrière la hausse stratosphérique du budget militaire?

Pour la deuxième année consécutive, le budget de l’armée algérienne va encore augmenter, selon l’enveloppe qui lui a été consacrée par le projet de loi de finances 2024. Ce budget, qui semble cacher des manœuvres et desseins mafieux, est passé de 9,3 milliards de dollars en 2022 à plus de 18 milliards en 2023, puis à 21,6 milliards en 2024.

Au pays du régime militaire par excellence, l’Algérie n’ayant jamais connu d’autre pouvoir que celui des «issabas» successives de généraux et de colonels depuis son indépendance en 1962, c’est bien évidemment l’armée qui continue à accaparer le premier poste budgétaire dans les lois de finances annuelles. Ces deux dernières années, le budget militaire a même connu une explosion sans précédent, passant du simple au double, soit de 9,3 milliards de dollars en 2022 à plus de 18 milliards de dollars en 2023.

Cette hausse vertigineuse a été maintenue par le projet de loi de finances 2024, qui prévoit un budget de la Défense de 21,6 milliards de dollars pour l’année prochaine. Avec le premier budget militaire d’Afrique, ce dont elle se vante sans rougir, l’armée algérienne devient par conséquent le plus lourd fardeau pour l’Etat dans un pays où les citoyens font encore la queue pour se procurer, au prix d’une interminable attente, un sachet de lait, un kilo de semoule, un litre d’huile ou un sceau d’eau potable, alors que les viandes rouges et blanches, et même les œufs, sont devenus un luxe, hors de portée des petites bourses qui forment la très vaste base de la pyramide des revenus en Algérie.

En vue de faire passer la pilule amère de ce budget mirobolant de 21,6 milliards de dollars, au regard des problèmes socio-économiques auxquels est confronté actuellement le pays, les médias du pouvoir ont pris les devants pour avancer des justifications farfelues à cette explosion indécente des dépenses militaires pour la seconde année consécutive.

Selon le site du groupe médiatique Echorouk, qui confirme que l’armée «reste le premier poste budgétaire de l’Etat» algérien, une grande partie de ces 21,6 milliards de dollars, soit 2.962 milliards de dinars algériens, consacrés au ministère de la Défense nationale au titre de l’année 2024, «va servir à financer les marchés d’acquisition de nouveaux armements et à moderniser l’arsenal de l’armée à travers l’achat de systèmes de défense modernes et de moyens électroniques de plus en plus sophistiqués».

Cette boulimie de l’armée algérienne se justifie, toujours selon Echorouk, par l’intérêt particulier que «les autorités algériennes accordent à la défense du territoire, face à un environnement régional et international marqué actuellement par de vives tensions, ce qui les oblige à prévoir les pires scénarios». En réalité, en plus de chercher à financer une corruption à grande échelle et des pratiques mafieuses bien ancrées, le régime algérien a d’autres visées à travers l’explosion de son budget militaire.

D’abord, la junte algérienne compte allécher, avec la diplomatie des marchés, les industriels de l’armement dans les pays occidentaux, comme les Etats-Unis, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, et ce, en vue de leur servir de lobbys pour infléchir leurs gouvernements respectifs vers une politique favorable à l’Algérie, dont l’image à l’international est loin d’être reluisante.

Ainsi, lors de sa visite en France en janvier dernier, le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Saïd Chengriha, a promis de signer de gros contrats d’armement avec Paris, alors qu’en filigrane, il cherchait en échange la livraison des opposants algériens exilés en France. Finalement, tout est tombé à l’eau quelques jours plus tard, suite à l’éclatement de l’affaire de la journaliste et opposante franco-algérienne Amira Bouraoui, interdite de quitter le territoire algérien mais qui a été exfiltrée en février dernier par les autorités françaises lors d’une opération où le régime algérien n’a vu que de l’humiliation.

Mais les pays occidentaux ne sont pas vraiment intéressés par la vente d’armes sophistiquées à l’Algérie, dont ils savent qu’elle maintient toujours son positionnement, hérité de la Guerre froide, dans le giron de Moscou et de l’axe Téhéran-Damas. Dans le contexte actuel, ce qui les intéresse, c’est d’obliger l’Algérie à diversifier ses fournisseurs d’armement afin de ne pas contribuer financièrement à l’effort de guerre russe en Ukraine. L’autre visée du régime algérien est celle d’engager, sur le plan régional, une course effrénée à l’armement avec le Maroc en vue d’obliger ce dernier à investir davantage dans le domaine du marché militaire et se détourner ainsi de la dynamique soutenue de développement de ses infrastructures et de son tissu socio-économique.

Mais est pris à son propre piège qui croyait prendre, puisque c’est finalement l’armée algérienne qui continue à prendre en otage le développement de son pays en le privant de l’essentiel de ses ressources. Un chiffre récent suffit à illustrer ce gâchis. Le 10 octobre dernier, dans la déclaration de politique générale du gouvernement, déclinée devant les parlementaires algériens, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane a affirmé que l’Algérie a engrangé, de janvier à septembre 2023, des recettes de 38 milliards de dollars tirées de ses exportations d’hydrocarbures. Or, 21,6 milliards de dollars, soit quasiment les deux tiers de cette manne divulguée par le chef du gouvernement, sont tombés dans l’escarcelle des généraux. Il convient de rappeler que les recettes en devises de l’Algérie proviennent quasi exclusivement de la vente des énergies fossiles.

Par Mohammed Ould Boah




Le sommet arabo-africain de Riyad avorté: il est devenu impératif de chasser la «RASD» de l’UA

Alors qu’un sommet Ligue arabe-Union africaine devait se tenir le 11 novembre à Riyad, l’Arabie saoudite a décidé son report sine die. En toile de fond, l’insistance de l’Afrique du Sud et de l’Algérie pour y faire inviter des représentants de la pseudo-RASD, que la Ligue arabe ne reconnaît pourtant pas. A l’arrivée, encore un précieux rendez-vous continental raté à cause d’un véritable cancer qui ronge le corps africain et empêche son essor. Jusqu’à quand?

Laconique, le communiqué du ministère saoudien des Affaires étrangères n’en est pas moins lourd de conséquences. Mardi 7 novembre 2023, la diplomatie du plus important pays arabe y annonçait l’ajournement sine die du Sommet arabo-africain, organisé conjointement avec la Ligue arabe et l’Union africaine (UA) et qui était prévu ce samedi 11 novembre. En lieu et place, deux nouveaux sommets, l’un arabe et l’autre islamique, sont attendus samedi et dimanche prochains. Est également prévu, mais non encore fixé, un sommet saoudo-africain, excluant l’Union africaine, devenue visiblement trop encombrante pour nombre de pays qui veulent tisser des liens de partenariat avec le continent.

Pour le report du sommet Ligue arabe-UA, la raison invoquée par Riyad n’est autre que la situation à Gaza. Cette décision «intervient après coordination avec le secrétariat de la Ligue des Etats arabes et la Commission de l’Union africaine, et dans le souci que les événements politiques dans la région n’affectent pas le partenariat arabo-africain, qui est basé sur le développement et la dimension économique», explique-t-on.

Mais ce que le communiqué de Riyad ne dit pas, c’est qu’il y a un autre facteur déterminant qui a conduit à ce report: l’éventuelle présence de représentants de la république fantoche –la RASD– parmi les délégations africaines devant participer au sommet. Une ligne rouge pour l’Arabie saoudite, dont les autorités sont aux premières lignes pour défendre l’intégrité territoriale du Royaume et la marocanité de son Sahara. C’est ce que nous confirme une source sûre, ajoutant que Riyad ne peut tolérer une telle présence, qui manque des rudiments les plus basiques de légitimité et de représentativité. Sur un ton faussement victorieux, l’agence pseudo-sahraouie d’information, émanation de l’organe officiel algérien de désinformation, l’APS, le confirme, relayant en cela un communiqué des soi-disant Affaires étrangères de la RASD. Elle titre sur «l’échec» du Maroc à écarter le Polisario de ce sommet et salue les pays africains qui ont «résisté à cette manœuvre».

Evidemment, le Polisario et son parrain algérien, englués dans un tunnel sans fin de revers, cherchent à se cramponner à n’importe quel prétexte pour brandir une chimérique victoire. Car si échec il y a, c’est celui d’arriver, pour les représentants du Polisario, à l’aéroport de Riyad à bord de l’avion présidentiel de l’Algérie. Cette photo n’existera jamais! L’autre échec, beaucoup plus grave, est celui du continent africain, dont les partenariats et le développement sont sérieusement entravés par la présence d’une entité qui ne vit que grâce aux subsides du régime d’Alger.

Techniquement, ce report n’est autre que la riposte saoudienne et, par extension, de la Ligue arabe à l’engagement pris suite au quatrième Sommet arabo-africain, tenu en novembre 2016 à Malabo, en Guinée équatoriale, et boycotté, déjà à l’époque, par huit pays arabes en protestation contre la participation d’une délégation du «Sahara occidental». Ces pays n’étaient d’ailleurs autres que la même Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, Oman, la Jordanie, le Yémen et la Somalie. Depuis, il a été convenu que la liste des pays invités soit établie au préalable et d’un commun accord entre la Ligue arabe et l’UA. Mais cette décision, qui aurait pu éviter l’avortement du sommet de Riyad, n’a pas encore été entérinée au niveau des ministres de l’UA. C’est pour contourner les rapports entre institutions, en l’occurrence la Ligue arabe et l’Union africaine, que l’Arabie saoudite prévoit «son» sommet saoudo-africain. Le but est de parer toute tentative d’infiltration de la «RASD» à travers l’UA.

A rebours du sens de l’Histoire et contre toute logique du nécessaire développement dont a besoin le continent africain et qui suppose des liens étroits de coopération et des projets communs avec d’autres pays et groupements, les séparatistes et leurs sponsors algériens y voient un signe de «solidité» de la position de l’UA, qui, coûte que coûte, maintient le statut de «membre» d’une entité qui n’a aucune forme d’existence, ni légale ni encore moins réelle. Ce faisant, l’union continentale passe à côté de nombreuses opportunités et rate des occasions précieuses de tisser des liens à même de contribuer à son essor, notamment économique. En l’objet, le Sommet arabo-africain était censé être centré sur le développement et la dimension économique. Il faudra repasser. Et c’est loin d’être le premier rendez-vous manqué, par la seule faute de l’existence dans les rangs de l’UA d’un véritable parasite, devenu un handicap majeur à son émancipation.

Le constat, d’après cette source informée, est que l’UA est aujourd’hui prise en otage par la RASD, qui l’empêche de développer des partenariats avec des pays qui ne la reconnaissent pas. Or, aucun pays ni aucune organisation avec lesquels l’Afrique est liée par des accords de partenariat ne reconnaît le mirage séparatiste. Il en va ainsi de l’UE, de la Ligue des Etats arabes et de l’Amérique du Sud. Comme il en va de même pour des pays comme la Turquie, l’Inde, la Corée du Sud, le Japon, la Chine, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis ou encore les Emirats arabes unis.

«Si tous ces ensembles et pays ont des partenariats avec l’Afrique, aucun ne reconnaît la RASD. Et quand des représentants du Polisario s’invitent dans ces rencontres, c’est quand ils sont imposés par leurs soutiens, à commencer par l’Algérie et l’Afrique du Sud. À l’arrivée, nous avons une entité présente à l’UA et qui n’est pas reconnue par aucun des pays qui cherchent à développer des partenariats avec le continent. Cette seule réalité devrait pousser les pays africains à chasser ce corps étranger de l’institution continentale», explique cet observateur.

Pour rappel, 28 Etats membres de l’UA ont signé en 2016, au 27ème Sommet de l’organisation à Kigali, une motion demandant la suspension de la RASD de l’UA. Cela s’est produit avant même que le Maroc ne réintègre l’UA en 2017. Aujourd’hui, ils sont une trentaine de pays africains à ne pas reconnaître la RASD. C’est dire que ce corps étranger, sustenté par le régime d’Alger, n’est même pas reconnu par la majorité des Etats membres de l’UA.

La présence de la RASD à l’UA est un parasitage dont il faut se débarrasser. D’aucuns se souviennent, à titre d’illustration, du fiasco total qu’a été la 8ème édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) entre le Japon et le continent africain en août 2022, à Tunis. C’était quand le président tunisien Kaïs Saïed a accueilli le chef de la milice séparatiste comme invité alors qu’il n’en avait pas le droit. Le seul résultat tangible de cet énième rendez-vous raté a été… la précision apportée par le Japon qu’il ne reconnaissait pas la RASD. Les exemples sont légion.

L’UA peut-elle encore se permettre le luxe d’insulter l’avenir, au nom d’un véritable cancer, qui plus est n’existe que sur certains papiers? A l’heure où 85% des pays membres, et non des moindres, de l’ONU ne reconnaissent pas la RASD? Où 40% des pays de l’UA ont effectivement ouvert des consulats dans les provinces du Sud, à Laâyoune et Dakhla? Où 14 des plus importants pays de l’UE soutiennent fermement le plan d’autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine? Et où le Maroc, à la lumière du discours royal du 6 novembre dernier, date de la Marche verte, est doté d’une stratégie atlantique dont le Sahara est l’élément axial, pour le Maroc, mais aussi pour l’Afrique? Le choix est vite fait. Et c’est à l’UA, où les appuis réels du Polisario se comptent désormais sur les doigts d’une seule main, de franchir définitivement le pas. Il y va de l’avenir de tout un continent.

Seul moyen de sortir d’un cercle éminemment vicieux: l’expulsion de la RASD de l’UA, cette entité fantoche dont le parrain algérien n’a, à l’évidence, que faire des intérêts des pays africains sur les plans politique et économique. Une chose est sûre: tant qu’une entité qui ne dispose d’aucune constituante d’un Etat (un pays, une population, une monnaie, un pouvoir politique et, accessoirement, une volonté de vivre en commun), et dont les dirigeants vivent sous perfusion de l’Etat voisin, voyageant avec des passeports diplomatiques algériens et à bord d’avions d’Air Algérie, fait partie des structures de l’UA, cette dernière ne pourra jamais accomplir quoi que ce soit sur les plans de l’essor économique et des relations internationales. La présence de l’entité fantoche à l’UA est une gangrène qui fragilise cette institution, pousse nombre de pays à l’enjamber et porte préjudice aux aspirations des populations africaines. Le sommet raté de Riyad en est la preuve patente.

Par Tarik Qattab




Africa Investment Forum : Le président de la BAD applaudit la résilience post-séisme du Maroc

Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a salué, mercredi à Marrakech, la résilience du Maroc face au séisme qui a frappé plusieurs provinces du Royaume.

“Le peuple marocain est résilient. Vous venez d’accueillir les Assemblées annuelles de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) il y a quelques semaines. Et nous voilà, vous nous accueillez dans le cadre de l’Africa Investment Forum”, a dit M. Adesina lors de l’ouverture du Forum pour l’Investissement en Afrique (AIF).
Selon le président, les actions de secours, rapides et efficaces, entreprises par le gouvernement après le tremblement de terre ont permis de sauver des vies, d’apporter aux personnes touchées un soutien immédiat et de restaurer les services vitaux.
Ainsi, M. Adesina a saisi cette occasion pour assurer le gouvernement du Maroc du soutien collectif permanent de la BAD aux efforts de relance. “La Banque prévoit de financer à hauteur de 782 millions d’euros différents projets au Maroc en 2023”, a-t-il annoncé.
Par ailleurs, le président de la BAD a mis l’accent sur le plus grand complexe solaire du monde “Noor Ouarzazate”, notant que l’Afrique dispose des plus grandes sources d’énergie renouvelable au monde, notamment l’hydroélectricité et l’énergie solaire.
Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’édition 2023 de l’AIF connait la participation des chefs d’État et de gouvernement, des décideurs publics et privés, et des investisseurs impliqués dans le développement économique et social du continent.
Organisé cette année sous le thème “Libérer les chaînes de valeur de l’Afrique”, ce forum se veut la plus importante plateforme de rencontre économique du continent, visant à apporter une valeur ajoutée significative aux investisseurs, en les associant à des opportunités à un moment de transformation substantielle du continent.
Près de 600 participants de haut niveau prennent part à l’AIF 2023 qui constitue une plateforme multipartite axée sur la conclusion d’accords à l’échelle du continent à travers un format innovant mêlant présentation de projets dans des “board rooms” dédiés et débats sectoriels de haut niveau.




Forum pour l’investissement en Afrique : SM le Roi appelle le secteur privé à passer à l’action

Le Souverain a adressé, mercredi, un Message aux participants à la 4ème édition du Forum pour l’investissement en Afrique, qui se tient, du 08 au 10 novembre à Marrakech, sous le thème “Libérer les chaînes de valeur de l’Afrique”.

Voici le texte intégral du Message Royal, dont lecture a été donnée par M. Omar Kabbaj, Conseiller de Sa Majesté le Roi.

“Louange à Dieu, Prière et Salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Il Nous plait de vous adresser ce message à l’occasion de l’ouverture de la 4ème édition du Forum pour l’Investissement en Afrique qui se tient pour la première fois au Maroc. En accordant Notre Haut Patronage à cet évènement continental, Nous avons voulu marquer notre appui à cet espace d’échange et de rencontre qui vise à partager les expériences et le savoir-faire africains pour renforcer la dynamique des investissements sur notre continent.

Nous vous souhaitons, à cette occasion, la bienvenue au Royaume du Maroc, dans la ville ocre de Marrakech qui symbolise, de par son héritage historique et culturel, les valeurs de communion et de solidarité que Nous avons toujours portées à travers Notre vision pour une coopération africaine agissante et solidaire dans tous les domaines.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Cette 4ème édition du Forum pour l’Investissement en Afrique intervient dans un contexte où Notre continent fait face à des défis économiques complexes, exacerbés par des tensions géopolitiques qui dépassent nos frontières.

A cela s’ajoutent les défis du changement climatique qui, paradoxalement, affecte négativement le développement du continent alors que celui-ci ne contribue qu’à hauteur de 4% dans les émissions des gaz à effet de serre à l’échelle planétaire.

Par ailleurs, le recours à la dette comme source principale de financement des politiques nationales visant à contenir les effets des chocs exogènes, conjugué à la hausse des taux d’intérêt et à une spirale inflationniste persistante, fragilisent les marges de manœuvre des pays africains et réduisent considérablement leur capacité à concilier les besoins de développement économique et social et les impératifs des équilibres budgétaires et extérieurs.

Face à cette conjoncture inédite et à l’ampleur des besoins de financement du développement en Afrique, le rôle du secteur privé devient de plus en plus important dans l’atteinte des objectifs de développement des pays africains. En effet, l’action publique n’est pas, à elle seule, en mesure d’assurer la totalité des investissements nécessaires, y compris dans les secteurs porteurs à fort potentiel et à haute intensité d’emploi.

L’Afrique, qui regorge d’opportunités d’investissement pour les opérateurs privés a, plus que jamais, besoin d’initiatives audacieuses et innovantes pour encourager l’initiative privée et libérer tout le potentiel du continent.

C’est ainsi que des initiatives comme le Forum pour l’Investissement en Afrique, porté par la Banque africaine de développement, constituent une plateforme bienvenue pour canaliser les investissements privés vers les secteurs économiques les plus prometteurs et renforcer, ainsi, davantage l’intégration des économies africaines dans les chaines de valeur mondiales.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le contexte international actuel, avec ses impacts réels et potentiels sur notre continent, nous incite tous à redoubler d’efforts pour rehausser nos capacités productives nationales afin de construire des chaînes de valeur continentales plus solides et résilientes.

Nous saluons, à cet égard, les organisateurs pour le choix du thème de cette 4ème édition de ce Forum, à savoir «Libérer les chaînes de valeur de l’Afrique». En effet, comme l’a démontré l’expérience de certains pays, notamment en Asie de l’Est, le développement de chaînes de valeur régionales intégrées, permet d’intensifier l’investissement productif dans ces régions et d’accroître la compétitivité des entreprises grâce à une meilleure allocation des ressources.

Le retour sur expérience de la promotion des chaînes de valeur régionales comme moyen pour atteindre le développement économique et social, démontre que la création d’un système régional de partage de la production a un effet catalyseur sur la croissance et la transformation rapide des économies en développement.

A cet effet, nos pays africains sont appelés à adopter une approche intégrée du développement dans notre espace continental qui permettra la mise en place progressive d’un système de production commun basé sur le partage des plateformes.

Nous nous félicitons, à cet égard, de l’intérêt exprimé par les partenaires bilatéraux et multilatéraux pour ce projet, et plus particulièrement, les institutions financières régionales et internationales, d’apporter leur concours effectif à la mise en œuvre de ce projet stratégique.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Au cours des deux dernières décennies, le Maroc a fait du développement de ses infrastructures dans tous les secteurs de l’économie marocaine une priorité de sa stratégie de développement. Ce qui lui a permis de disposer d’un modèle à travers sa dynamique d’investissement dans les infrastructures.

Ainsi, en matière d’infrastructures énergétiques, le Royaume dispose aujourd’hui de 4,1 GW de puissance renouvelable installée et poursuit le déploiement de sa stratégie visant à porter la part des énergies renouvelables à plus de 52% du mix électrique national à l’horizon 2030.

Le réseau des autoroutes a atteint actuellement 2.000 km, permettant ainsi de relier toutes les villes de plus de 400.000 habitants. Ce réseau devrait atteindre 3.000 km à l’horizon 2030.

La ligne ferroviaire à Grande Vitesse a fait du Maroc le premier pays d’Afrique à lancer un train à 320 km/h.

Le complexe portuaire Tanger Med a permis au Royaume d’intégrer depuis plusieurs années le top 20 mondial de la connectivité logistique en formant la première zone franche industrielle en Afrique.

Bien d’autres exemples sont susceptibles d’illustrer la politique volontariste déployée par le Maroc en matière de développement de projets infrastructurels de grande envergure qui servent d’appui aux différentes stratégies sectorielles lancées par le Royaume.

Les avancées majeures du Maroc en matière de développement des infrastructures vont de pair avec le train de réformes structurelles mises en œuvre, ces deux dernières décennies, visant à réduire les risques de vulnérabilité budgétaire et extérieure et à ancrer l’économie marocaine durablement sur le sentier d’une croissance forte et inclusive.

Cette dynamique des investissements devrait se renforcer davantage à travers la nouvelle Charte d’investissement qui oriente les investissements vers les priorités stratégiques du pays tout en proposant un cadre incitatif attrayant. Notre objectif ultime est de porter l’investissement privé à deux tiers de l’investissement total du pays à l’horizon 2035.

A cet égard, Nous ne saurons trop insister sur le rôle primordial que le secteur privé est appelé à assumer pour contribuer efficacement au dynamisme de relance économique que connait le Royaume.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le retard de l’Afrique, dont on parle tant, en matière de développement des infrastructures nous interpelle tous et doit vite être rattrapé en vue de promouvoir des chaînes de valeur régionales à même d’accélérer la transformation productive des pays africains.

Le Forum pour l’investissement en Afrique constitue, à cet égard, une réponse africaine pour adresser la problématique du financement des investissements en mettant en relation les investisseurs, notamment du secteur privé, et les porteurs de projets qui peuvent compter sur l’appui technique des partenaires au développement.

Nous sommes convaincu que l’édition de cette année du Forum sera plus enrichissante et qu’elle donnera un signal fort aux investisseurs quant à l’engagement des pays africains en faveur du développement des investissements transformateurs, au service des aspirations de notre continent, de nos populations et de notre jeunesse.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh”.