RDC: ce que l’on sait sur l’annulation de la visite des experts de l’ONU à Goma (Rfi)

Une mission du groupe d’experts des Nations unies, mandatée par le Conseil de sécurité, devait séjourner à Goma cette semaine. Elle a finalement été annulée par le mouvement politico-militaire AFC/M23, dans un bref communiqué, publié ce week-end. Une décision unilatérale, selon plusieurs sources.

Le groupe d’experts est chargé de vérifier si les sanctions internationales sont respectées sur le territoire congolais, notamment l’embargo sur les armes, le gel des avoirs ou encore les interdictions de voyage visant certains groupes armés et d’autres acteurs qui jouent un rôle dans le conflit.

Le message de l’annulation de leur visite est tombé au dernier moment, laconique, sans justification précise, si ce n’est une « transmutation d’agenda » évoquée par l’AFC/M23.

Le communiqué est arrivé alors que la délégation onusienne était déjà en route pour Kigali, dernière étape avant de rejoindre Goma. Cette mission devait pourtant aborder des sujets sensibles. D’abord, les revendications politiques de l’AFC/M23 et les conditions d’un éventuel cessez-le-feu humanitaire.

Autre dossier sur la table, celui des récentes arrestations de combattants des FDLR et d’autres groupes armés dans les régions sous contrôle du M23. Certains de ces éléments ont été remis aux autorités rwandaises.

Selon les informations de RFI, les experts de l’ONU s’intéressaient aussi au statut des militaires congolais, des policiers et même des groupes armés qui se sont rendus après les affrontements.

Et puis, sur la table également, un autre sujet délicat, celui de la gestion des ressources naturelles. Des questions devaient être posées sur la production, la commercialisation et l’exportation des minerais dans les zones contrôlées par l’AFC/M23, notamment à Rubaya.

Les experts voulaient savoir aussi quelles mesures sont mises en place pour éviter que des minerais interdits – ou non traçables – n’entrent dans les circuits commerciaux internationaux.




En convalescence à Sainte-Marthe, le Pape poursuit sa thérapie 

La Salle de presse du Saint-Siège a fait le point mardi sur la situation du Souverain pontife en convalescence dans sa résidence au Vatican. François poursuit sa thérapie pharmacologique et sa physiothérapie respiratoire et motrice. Pour le moment, il ne reçoit pas de visites et aucune décision n’a été prise quant au programme des semaines à venir.

La convalescence du Pape François -qui pourrait et devrait durer «au moins deux mois» selon les déclarations des médecins Sergio Alfieri et Luigi Carbone faites lors de la conférence de Gemelli samedi dernier- se poursuit entre la thérapie médicamenteuse, la physiothérapie motrice et respiratoire (cette dernière en particulier pour la récupération de la voix), les moments de prière personnelle et la messe concélébrée dans la chapelle de Sainte Marthe.

Lors d’un point presse avec les journalistes accrédités, la Salle de presse du Saint-Siège a fourni des informations ce mardi sur la santé du Pape sorti dimanche dernier, après 38 jours d’hospitalisation à Rome, en raison d’une pneumonie bilatérale. Après être apparu sur le petit balcon de la polyclinique pour saluer les trois mille personnes rassemblées sur la place, et avoir ensuite marqué brièvement un arrêt à la basilique Sainte-Marie-Majeure, François a regagné sa résidence au Vatican, la Domus Sanctae Marthae, où il a entamé sa période de récupération et de repos.

Thérapies, physiothérapie, oxygénation

«Il suit la convalescence dans les termes décrits par les médecins samedi», a expliqué la Salle de presse du Saint-Siège. Les médecins Sergio Alfieri et Luigi Carbone (respectivement directeur de l’équipe qui a suivi le Pape pendant son hospitalisation et médecin référent du Saint-Père) ont expliqué que le Pape devra poursuivre la thérapie pharmacologique «pendant une longue période et par voie orale» et la physiothérapie motrice et respiratoire à plein temps (les mêmes auxquelles il a été soumis au Gemelli). Il lui a été recommandé d’éviter pour le moment les rencontres, tant individuelles que de groupe, mais aussi une assistance 24 heures sur 24 pour subvenir aux «besoins», à commencer par l’oxygène, et pour intervenir en cas d’urgence. Ce service est garanti par la direction de la Santé et de l’hygiène de l’État de la Cité du Vatican.

Une équipe médicale est toujours présente auprès du Pape. L’oxygène administré continue, le procédé reste le même que celui décrit les derniers jours de son hospitalisation: la nuit, il est question d’une oxygénation à haut débit avec des canules nasales, qui se poursuit dans la journée mais avec une réduction progressive.

Messes et travail

Comme il l’avait déjà fait à l’hôpital Gemelli, concélébrant la messe dans la chapelle du dixième étage, à Sainte Marthe, le Pape s’est également rendu dans la petite chapelle du deuxième étage pour concélébrer la messe. François poursuit également son travail sous la forme décrite ces derniers jours. En ce mardi 24 mars, le bulletin de midi a annoncé la nomination du nonce apostolique au Bélarus, Mgr Ignazio Ceffalia, et du défenseur du lien du Tribunal de la Rote romaine, Mgr Francesco Ibba.

Il n’y a pour le moment aucune indication précise sur le programme des prochains jours, et encore moins sur celui à venir avec les célébrations des différents Jubilés et les rites de la Semaine Sainte. Sa guérison est, bien sûr, attendue, ainsi que les «améliorations cliniques», comme l’ont souligné les médecins. «Certaines choses sont en train d’être décidées, et seront évaluées sur la base des améliorations qu’il y aura la semaine prochaine», explique la Salle de presse du Saint-Siège.

Le texte de la catéchèse de l’audience générale sera distribué

Il n’y aura pas d’audience générale demain, mercredi 26 mars, et le texte préparé de la catéchèse sera distribué sous forme écrite, comme cela a été le cas pour les quatre derniers mercredis depuis le 14 février. Il est probable qu’il en sera de même dimanche pour l’Angélus, «mais nous attendons des informations à ce sujet»; pour l’instant, il est possible de prévoir des modalités similaires à celles des dimanches précédents, c’est-à-dire, la distribution du texte par l’intermédiaire de la Salle de presse du Saint-Siège. Pour l’instant, le Pape ne reçoit pas de visiteurs et, au cours de ces deux derniers jours, il n’a vu que ses plus proches collaborateurs. Il n’y a aucune prévision concernant les visites programmées des chefs d’État et de gouvernement.

L’intervention du docteur Alfieri

D’après ce que l’on sait, le Pape François est heureux de rentrer chez lui. Les médecins l’avaient déjà dit, soulignant également la «bonne humeur» retrouvée par le Souverain pontife une fois l’amélioration constatée. La phase la plus dangereuse de la maladie est passée et les infections les plus importantes ont été vaincues, comme indiqué lors de la conférence de presse au Gemelli. Dans cette même conférence, le médecin Sergio Alfieri a souligné que le Pape a risqué sa vie en raison de deux crises. Et aujourd’hui encore, dans une interview accordée au quotidien italien Corriere della Sera, le même spécialiste explique que le pire moment s’est produit dans l’après-midi du 28 février, lorsque l’état de François s’est aggravé en raison de la crise de bronchospasme. «Pour la première fois, j’ai vu des larmes dans les yeux de certaines personnes qui l’entouraient. Des personnes qui, je m’en suis rendu compte pendant cette période d’hospitalisation, l’aiment sincèrement, comme un père. Nous étions tous conscients que la situation s’était encore dégradée et qu’il risquait de ne pas s’en sortir».

«Nous avons dû choisir entre arrêter et le laisser partir, ou forcer et essayer tous les médicaments et thérapies possibles, en courant le risque très élevé d’endommager d’autres organes. Nous avons finalement choisi cette voie», explique son médecin Sergio Alfieri dans l’interview, en soulignant que la décision revenait au Pape. Comme il l’a fait à tant d’autres occasions: «Dès le premier jour, il nous a demandé de lui dire la vérité et voulait que nous lui disions la vérité sur son état». Même en ce qui concerne la communication, le médecin rapporte avoir «communiqué la partie médicale aux secrétaires et ils ont ajouté les autres informations que le Pape a ensuite approuvées, rien n’a jamais été changé ou omis. Il a des gens qui sont maintenant comme des membres de sa famille, ils sont toujours avec lui», conclut-il.

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican




Élection du nouvel archevêque de Canterbury  

Une consultation publique unique a été lancée pour recueillir les réactions de l’ensemble de la Communion anglicane. L’initiative, qui se déroulera du 7 février au 28 mars, vise à discerner les qualités, les dons et les compétences nécessaires au 106e dirigeant de l’Église Anglicane mondiale.  Les résultats joueront un rôle clé dans l’orientation de la Commission des nominations de la Couronne (CNC), l’organe de 20 membres chargés de sélectionner le prochain archevêque. Parmi ces membres, 17 ont le droit de vote, tandis que les trois autres n’ont pas le droit de vote. Cinq membres votants représentent spécifiquement la Communion Anglicane mondiale, garantissant que les perspectives au-delà de l’Angleterre sont prises en compte dans le processus de prise de décision.

Une transition de leadership au milieu des défis

La recherche d’un nouvel archevêque de Canterbury fait suite à la démission de Justin Welby, 105ème titulaire du poste, qui a quitté ses fonctions le 7 janvier après avoir annoncé son départ en novembre. Sa démission était liée à la gestion par l’Église d’Angleterre d’un cas d’abus très médiatisé impliquant un abuseur d’enfants récidiviste.  En attendant la nomination d’un nouveau responsable, de nombreuses responsabilités de l’archevêque ont été déléguées à l’archevêque d’York, Stephen Cottrell, qui est actuellement le plus haut responsable de l’Église.

Consultation publique et privée

Tout en cherchant à connaître l’avis de la communauté anglicane dans son ensemble, le processus de consultation comprend des discussions avec les principales parties prenantes à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église. L’Église d’Angleterre a souligné que chaque réponse permettra de mieux comprendre ce que l’on attend du prochain Archevêque pour relever les défis actuels et futurs. Les résultats de la consultation seront complétés par une « Déclaration de Besoins » préparée par le diocèse de Canterbury, ainsi que par des informations complémentaires provenant à la fois de l’Eglise Nationale et de la Communion Anglicane Globale.

Le processus de sélection

À l’issue de la période de consultation, la CNC se réunira pour la première fois en mai, les réunions suivantes étant prévues en juillet et en septembre. Au cours de ces sessions, la Commission finalisera le « Profil du poste “ et la ” Spécification de la personne » pour le prochain archevêque de Canterbury. Une longue liste de candidats potentiels sera établie, suivie d’une liste restreinte, après quoi des entretiens seront organisés.  Contrairement à d’autres postes de l’Église, le poste d’archevêque de Canterbury n’est pas ouvert aux candidatures directes. Le processus est basé sur les nominations, les délibérations et le discernement, afin d’identifier la personne que Dieu pourrait appeler à diriger l’Église dans ce nouveau chapitre.




Talent mondial et réussite économique

L’accès aux meilleurs éléments forge l’horizon des aspirations d’un pays.

Les pays qui attirent les plus grands talents de la planète seront les mieux à même de surmonter les pressions économiques croissantes dues au vieillissement de la population et au déclin de la productivité. Pourtant, l’immigration suscite parfois des réticences. Les flux de talents internationaux — que je qualifie de « don » dans mon livre — vont-ils prendre fin ? Certainement pas. Mais les décideurs devront s’appuyer sur de nouveaux cadres.

Pourquoi cet optimisme ? Malgré les pénuries de main-d’œuvre qui menacent dans de nombreux pays, hormis en Afrique et dans certains autres marchés émergents, l’adhésion du public à l’immigration a récemment faibli aux États-Unis, en Australie, au Canada, au Royaume-Uni, dans la plupart des pays d’Europe et ailleurs encore. Ce recul a néanmoins souvent été enregistré à partir de niveaux de soutien historiquement élevés. Les sondages Gallup menés depuis les années 60 montrent que le soutien global à l’immigration aux États-Unis a culminé au début des années 2020. S’il a depuis très nettement décliné, son niveau reste cependant analogue à celui de 2010 — et supérieur à celui des décennies précédentes.

Qui plus est, les sondages récents continuent de montrer un large soutien à la migration professionnelle ou économique. Un sondage mené par Echelon Insights en 2024 a révélé l’existence d’un large soutien bipartisan en faveur de l’immigration des travailleurs hautement qualifiés aux États-Unis. D’importants débats s’annoncent sur la migration liée à l’emploi, qui nécessiteront une réflexion novatrice pour un plus vaste partage des retombées positives des talents internationaux dans les pays d’accueil, mais la tendance générale de l’opinion publique reste plutôt favorable.

Le talent en vedette

Quelques données de base mettent en exergue les liens entre migration et talent. Premièrement, les personnes exceptionnellement talentueuses émigrent à des taux plus élevés que le reste de la population. Quelque 5,4 % des travailleurs ayant fait des études supérieures vivent en dehors de leur pays d’origine, contre 1,8 % des diplômés de l’enseignement secondaire. Quant aux inventeurs et aux lauréats du prix Nobel, ils migrent respectivement deux et six fois plus que les travailleurs ayant suivi une formation universitaire. Ainsi, dans de nombreux pays d’accueil, la part des travailleurs qualifiés nés à l’étranger est notable et en hausse, surtout dans les domaines qui touchent aux sciences et à l’ingénierie.

De plus, les lieux ciblés par les immigrants qualifiés sont souvent des lieux particuliers. On assiste depuis les années 70 à une explosion du travail axé sur le savoir, qui a entraîné des modifications dans la géographie de l’innovation. Les travaux que j’ai menés avec Brad Chattergoon quantifient cette évolution pour les brevets déposés aux États-Unis, l’analyse établissant que six centres technologiques ont triplé leur part de brevets, passant de 11,3 % durant la période 1975–79 à 34,2 % pour 2015–19 (sur plus de 300 zones métropolitaines). Des pôles de ce type existent également dans les industries créatives, le secteur des médias, la finance et l’entrepreneuriat de forte croissance.

Les talents internationaux sont déterminants, voire indispensables, pour le développement de ces pôles d’excellence. Les nouveaux arrivants en provenance de l’étranger, s’ils sont libres de choisir où étudier ou travailler, tendent à rechercher les opportunités les plus intéressantes. En contribuant à l’expansion d’un pôle ainsi qu’au renforcement de sa productivité, les talents internationaux augmentent sa valeur, ce qui le rend encore plus attractif auprès des prochains arrivants. Et parce qu’il effectue un travail axé sur le savoir au service des marchés mondiaux, un pôle peut concentrer une grande quantité de talents en un seul lieu. (On ne regrouperait pas de la sorte des dentistes dans une seule ville.)

Il y a beaucoup de raisons de se féliciter de ce processus, et les gains de productivité et de prospérité ne sont pas une équation à somme nulle. De nombreux décideurs encouragent activement les pôles d’excellence dans leur pays, et les talents internationaux apportent une contribution déterminante. Pourtant, les décideurs doivent s’attaquer aux points de vulnérabilité.

Points de vulnérabilité

Le mécontentement peut surgir au sein même des pôles de talents. La croissance est positive, jusqu’à ce qu’elle devienne excessive. C’est ce qu’ont clairement montré la colère suscitée par la flambée des prix de l’immobilier et le recul du soutien à l’immigration, notamment au Canada (même si ledit soutien reste relativement élevé d’un point de vue historique). L’exaspération se fait également sentir face aux écoles et aux hôpitaux surchargés. La réalité est ici nuancée

Bien souvent, les talents internationaux sont accusés de provoquer une crise qui, de fait, existait déjà. Par exemple, la présence des migrants est rarement la cause première du manque de logements, lequel découle plutôt de réglementations strictes qui entravent la construction de nouvelles structures.

Quoi qu’il en soit, les décideurs doivent tenir compte de ces tensions. Les chefs d’entreprise encouragent souvent la migration professionnelle, car ils souhaitent recruter les travailleurs qu’elle procure. Leur plaidoyer est révélateur de leur capacité à employer les talents internationaux, ainsi que de leur aptitude à étendre la production. Les inventions conçues à Helsinki ou dans la Silicon Valley, peuvent être mises en œuvre par les chaînes d’approvisionnement mondiales. Il est en revanche possible que d’autres ressources locales — comme les logements ou les écoles — aient une capacité plus restreinte, dont l’expansion exige davantage de temps. Les décideurs doivent gérer ces tensions en contrôlant le rythme des arrivées en provenance de l’étranger et en desserrant les goulets d’étranglement connexes. Les pays qui excellent dans ces activités complémentaires peuvent faire un usage optimal des talents internationaux.

Les tensions entre ceux qui se trouvent à l’extérieur des pôles d’excellence et ceux qui se trouvent à l’intérieur constituent une autre source de mécontentement. Même dans le cas des migrations professionnelles, les enjeux politiques pèsent plus lourd que les considérations économiques. Lorsqu’une partie de la population est encline à se méfier des personnes hautement qualifiées rattachées aux pôles d’excellence (« l’élite ») — voire à les critiquer ouvertement — elle peut adopter une attitude encore plus sceptique à l’égard des talents internationaux (« l’élite étrangère »).

Les décideurs avisés qui apaisent ces tensions bénéficieront d’une plus grande marge de manœuvre auprès du public en ce qui concerne l’immigration de travailleurs hautement qualifiés. Aux États-Unis, par exemple, on observe un intérêt croissant pour les visas Heartland (régions centrales), qui répartissent les talents internationaux de manière plus homogène sur l’ensemble du territoire. Placer des talents internationaux en zone rurale ne mène pas nécessairement au même élan de productivité que dans un pôle d’excellence — mais l’établissement d’un plus vaste soutien et le partage des avantages à l’échelle nationale sont politiquement indispensables.

Savoir-faire sa cour

Dans un monde où l’on rivalisera pour séduire les talents internationaux, les pays vont rapidement se rendre compte qu’il faudra courtiser les migrants, et non simplement leur ouvrir la porte. Les flux de talents internationaux sont essentiels pour attirer les meilleurs profils dans les domaines émergents, telle l’intelligence artificielle. Même si l’immigration suscite actuellement un certain scepticisme, les décideurs avisés éviteront de faire à court terme des choix qui entraînent des répercussions négatives durables. Quels sont certains des éléments clés à prendre en compte pour attirer les talents internationaux ?

Premièrement, la « voie de l’éducation » appelle l’attention. La migration professionnelle est étroitement liée aux décisions concernant l’éducation. De nombreux employeurs recourent aux visas de travail pour recruter les jeunes talents fraîchement diplômés de l’université, et les travaux de Takao Kato et Chad Sparber montrent que les étudiants les plus brillants sélectionnent les établissements en fonction des futurs débouchés professionnels. Les politiques relatives aux mondes académique et professionnel sont souvent mal coordonnées, avec pour résultat des transitions difficiles, qui forcent même parfois le départ des talents que le pays souhaiterait précisément le plus conserver, et dans l’éducation desquels il a souvent investi des fonds publics. Il importe que les décideurs veillent au bon équilibre des différentes étapes du parcours d’immigration — visas scolaires, visas de travail, résidences permanentes, etc.

Deuxièmement, la quête de talents internationaux est un complément à l’investissement local. Le choix d’un lieu où étudier ou lancer une carrière s’apparente souvent à un investissement, au même titre que l’achat d’une maison. Cette optique à long terme signifie que les talents internationaux ont les mêmes priorités que la population locale — de bonnes écoles, des infrastructures de qualité et des lieux de vie sûrs. Qui plus est, les entreprises créées par les entrepreneurs immigrés s’appuient sur la main-d’œuvre locale. La quête de talents internationaux ne supplante donc pas l’investissement local dans les écoles et les biens publics.

Troisièmement, l’incertitude politique décourage l’investissement à long terme. L’incertitude nous retient lorsqu’il s’agit de prendre de grandes décisions assorties d’effets à long terme — que ce soit implanter une usine chimique, se marier, ou émigrer à la recherche d’opportunités académiques et professionnelles. Nombreux sont les systèmes d’immigration, dont celui des États-Unis, qui fonctionnent sans pour autant être nécessairement conviviaux. Cela ne posait pas de problème tant que les migrants avaient l’assurance que leur investissement finirait par être reconnu et récompensé à sa juste valeur. Lorsque les immigrants perdent confiance dans la pérennité du système et sa capacité à honorer ses engagements, l’attrait du pays diminue fortement. Des fondements politiques stables sont donc essentiels pour attirer les meilleurs talents.

Quatrièmement, les politiques d’immigration doivent être conçues de manière à être flexibles. Certains pays, comme le Canada, sont à même de pratiquer l’« ingénierie de l’immigration » — une formule qui désigne la capacité à expérimenter, à ajuster les politiques en fonction des résultats observés, à les recalibrer à mesure que de nouvelles informations se dégagent de l’expérience acquise, et ainsi de suite. Inversement, les États-Unis effectuent, à plusieurs décennies d’intervalle, des changements de grande ampleur. Les décideurs qui interviennent dans un cadre politique rigide devraient prévoir dans leurs mesures une certaine flexibilité, telle que l’ajustement automatique des plafonds de visas à partir de données pouvant être aisément actualisées, comme la croissance démographique.

Enfin, les politiques d’immigration doivent allouer des quotas limités de manière efficiente. Les pays diffèrent dans leurs priorités relatives à l’immigration ainsi que dans leurs mécanismes de sélection. S’agissant de l’immigration économique et professionnelle, nombreux sont les systèmes qui utilisent la loterie ou la règle du « premier arrivé, premier servi », lesquelles n’accordent aucune priorité aux compétences d’une grande rareté. Les décideurs devraient revoir leurs procédures de manière à garantir que les meilleurs candidats seront sélectionnés. Cela maximisera l’impact économique de l’apport de talents et renforcera le soutien politique à l’immigration.

Et pour ce qui est de savoir faire sa cour — oui, les femmes devraient être plus fortement représentées que les hommes dans les flux de talents internationaux. En 2010, les femmes étaient plus nombreuses que les hommes au sein du vivier d’immigrants hautement qualifiés dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques. L’écart pourrait se creuser encore davantage, car les taux d’inscription des femmes aux facultés et universités continuent de dépasser ceux des hommes. Les décideurs auront tout intérêt à ce que leur vision des flux de talents internationaux reflète cette réalité et tienne compte des paramètres auxquels les femmes accorderont de l’importance dans leurs possibles lieux de destination.

Des équipes compétitives et gagnantes

Les dirigeants prévoyants souhaitent que leurs pays relèvent avec succès les défis de demain, qu’il s’agisse du vieillissement de la population, du déclin de la productivité, de la dégradation du climat ou de l’escalade des tensions politiques mondiales. La constitution d’une équipe compétitive et gagnante est essentielle au dynamisme et à la réussite des pays, tout comme elle l’est pour les entreprises. Face à cette transition vers un travail axé sur le savoir, les entreprises ont progressivement renforcé les fonctions axées sur les personnes, qui ne sont plus limitées au soutien administratif au recrutement ni à la conformité en ressources humaines, mais sont désormais prises en compte dans les discussions stratégiques. L’accès aux talents détermine souvent la stratégie qu’une entreprise peut appliquer ; il importe donc que ces deux éléments soient développés conjointement. Ceci vaut également pour les pays.

Et qu’en est-il de la prospérité des pays d’origine ? Certains pays sont en situation de désavantage, en raison du départ de leurs talents, tandis que d’autres ont gagné au change (ce phénomène est parfois plus crûment qualifié de « fuite de cerveaux » et « gain de cerveaux »). Tout dépend de la force des réseaux entre les pays et de la volonté des entreprises des pays d’accueil de nouer ou non des liens économiques avec les pays d’origine des talents migrants. Certains pays d’origine ont mis en place des politiques visant à renforcer ces interactions, ainsi que décrit dans mon livre. Étonnamment, le plus grand bénéfice des flux de talents pour les pays d’origine pourrait être le renforcement du niveau d’instruction des jeunes qui espèrent émigrer, car en fin de compte, beaucoup d’entre eux restent dans leur pays.

À mesure que l’on passe de l’ensemble des travailleurs aux universitaires, puis aux inventeurs et aux lauréats du prix Nobel, la part des talents internationaux dans la main-d’œuvre croît progressivement. Si les stratégies nationales relatives aux technologies de pointe sont façonnées par de nombreux paramètres nationaux et internationaux, l’accès au vivier mondial de talents détermine l’horizon des ambitions qu’un pays peut se fixer.

WILLIAM KERR est professeur titulaire de la chaire D’Arbeloff en administration des affaires à la Harvard Business School et auteur de The Gift of Global Talent: How Migration Shapes Business, Economy & Society.




Comment le talent stimule la croissance

Des politiques intelligentes qui aident les personnes à réaliser leur potentiel peuvent changer la donne de sociétés entières.

Tout grand bond du progrès humain, de l’imprimerie au semi-conducteur en passant par le moteur à vapeur, est né d’une idée. Mais les idées n’apparaissent pas ex nihilo ; elles sont produites par des personnes. Souvent, ce sont les cerveaux les plus doués qui repoussent les frontières du possible.

Cela fait du talent l’une des ressources les plus précieuses au monde, capable de stimuler l’innovation et la croissance. Les pays qui produisent les plus brillants esprits acquièrent un avantage compétitif. Ceux qui n’y parviennent pas ne ralentissent pas seulement leur propre progrès — le monde y perd aussi. Tout génie non exploité est une découverte qui ne se fait jamais, une technologie qui n’émerge jamais, une filière qui ne décolle jamais. La prochaine idée transformatrice (le remède d’une maladie, une technologie révolutionnaire, etc.) pourrait provenir de n’importe où, mais seulement si l’occasion est offerte aux grands esprits de réaliser leur plein potentiel.

Les sociétés ont tout intérêt à augmenter les chances qu’ont leurs membres de devenir des scientifiques, des inventeurs ou des entrepreneurs. Ruchir Agarwal et Patrick Gaule examinent ce qu’ils appellent l’équation manquante : la meilleure manière de détecter, de développer et d’autonomiser les jeunes génies, en particulier en sciences, en technologie, en ingénierie et en mathématiques. Le fait de passer sur ne serait-ce qu’un seul talent pourrait revenir à sacrifier des idées qui pourraient transformer des filières entières. Trop souvent, les pays en développement ne réussissent pas à découvrir leurs talents exceptionnels à un stade précoce, laissant ainsi du potentiel inexploité.

Citons l’exemple de Tabata Amaral, une enfant prodige du Brésil dont l’ascension (de ses modestes origines aux sommets de la politique publique) a été rendue possible par les olympiades de mathématiques de l’école publique. « Si je suis ici, a-t-elle dit, c’est grâce à ces compétitions. » Son cas n’est que trop rare. Partout dans le monde, des talents dormants restent souvent non découverts, non pas par manque d’aptitude, mais par manque d’opportunités.

Tout génie non exploité est une découverte qui ne se fait jamais, une technologie qui n’émerge jamais, une filière qui ne décolle jamais.

Les données illustrent cette réalité. D’après les recherches de Xavier Jaravel de la London School of Economics et de ses collègues, l’accès à l’éducation, au revenu familial et aux réseaux détermine qui deviendra un inventeur. Beaucoup d’enfants ont l’aptitude de réaliser leur potentiel, mais les circonstances en décident autrement. Le coût économique de ce talent inexploité est ahurissant. Si, partout dans le monde, les jeunes doués avaient le même accès aux ressources nécessaires pour développer leur potentiel, la production scientifique mondiale pourrait augmenter considérablement, ce qui profiterait à tous.

L’intelligence artificielle (IA) ajoute une nouvelle dimension à cette difficulté. C’est pourquoi Marina Tavares, économiste au FMI, souligne que l’IA pourrait soit amplifier le potentiel humain soit restreindre l’espace de l’innovation. Utilisée à bon escient, elle pourrait autonomiser les talents à une échelle inédite. Mal gérée, elle pourrait concentrer le pouvoir aux mains d’un plus petit nombre et limiter les percées de la créativité.

William Kerr de l’Université Harvard estime quant à lui que les pays aptes à attirer et à retenir les personnes qui obtiennent les meilleurs résultats seront mieux positionnés pour surmonter des pressions démographiques telles que le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance de la productivité. La ruée mondiale vers le talent ne vise pas uniquement à trouver les cerveaux les plus brillants. Elle vise à garantir une sécurité économique future.

Il est crucial de reconnaître les personnes qui se distinguent, surtout dans les communautés défavorisées. Mais il l’est tout autant d’élargir l’accès à l’éducation. Améliorer l’enseignement secondaire et postsecondaire, offrir une formation professionnelle aux jeunes et créer des espaces qui promeuvent la créativité et l’aptitude à résoudre des problèmes peuvent également contribuer à réduire l’inégalité des chances.

L’économie des talents est une filière naissante, mais une chose est claire : des politiques intelligentes qui aident les gens à réaliser leur potentiel peuvent changer la donne de sociétés entières. Nous espérons que les articles de ce numéro susciteront une réflexion nouvelle parmi les dirigeants. En braquant les projecteurs sur le talent, nous voulons inspirer des progrès réels là où ils comptent le plus : développer le génie humain pour relever les défis contemporains.

Gita Bhatt, rédactrice en chef




Forum de Boao 2025 : l’Asie face à un « monde en mutation »

(Note de l’éditeur : Cet article représente le point de vue de l’auteur Karim Badolo et pas nécessairement celui de CGTN.)

La pittoresque ville de Boao, résolument tournée vers un développement vert impressionnant, dans la province insulaire de Hainan, va vibrer du Forum de Boao pour l’Asie (FBA) du 25 au 28 mars 2025. « L’Asie dans le monde en mutation : vers un avenir commun » est le thème autour duquel les dirigeants des pays asiatiques et autres participants venus du monde entier vont débattre. Principalement, il sera question, selon les organisateurs, au cours de cette rencontre majeure, de dynamiser le multilatéralisme, de promouvoir l’ouverture et le développement, de répondre conjointement aux défis mondiaux et de concrétiser les engagements du Sommet des Nations Unies sur l’avenir tout en mettant l’accent sur le développement de l’Asie.

De manière précise, les discussions vont porter sur l’instauration de la confiance et la promotion de la coopération dans un monde en mutation rapide, le rééquilibrage de la mondialisation en faveur d’un développement inclusif, l’accélération des objectifs de développement durable pour des réponses plus efficaces aux défis mondiaux, et le renforcement de l’application et la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) pour un développement axé sur l’innovation.

L’Asie qui représente plus de 60 % de la population mondiale et concentre une grande majorité des pays en développement peut-elle rester indifférente face aux mutations du monde rythmé par des élans de protectionnisme et d’unilatéralisme ? Absolument pas! C’est dans cette perspective de converger les efforts que le thème du FBA 2025 se justifie pleinement. Dans un contexte où les règles du commerce mondial sont en train d’être remises en cause, les pays asiatiques se trouvent dans l’obligation de renforcer leurs liens afin de préserver la communauté des intérêts. Plus qu’un simple cadre de renforcement de la coopération régionale, le FBA se veut aussi une plate-forme de réflexion pour avoir voix au chapitre dans la gouvernance économique et commerciale mondiale. Le monde suppose que le multilatéralisme soit encouragé de manière conséquente dans les relations internationales.

Face aux incertitudes qui pèsent sur la croissance économique mondiale et les échanges commerciaux, les pays asiatiques se doivent de porter une ambition commune qui est celle de dynamiser non seulement la coopération Sud-Sud, mais aussi celle Nord-Sud. Dans ce vaste village global où les intérêts sont imbriqués, il y a lieu de promouvoir les cadres de dialogue et de concertations dans l’optique de préserver l’essentiel. C’est pourquoi le FBA se positionne comme une plate-forme ouverte et inclusive qui vise non seulement à préserver un environnement propice à l’intégration économique régionale, mais aussi à la coopération internationale.

Moteur important de la croissance économique mondiale, l’Asie, entend également au cours de la présente édition du FBA mettre l’accent sur l’application de l’IA et sa gouvernance. Il sera aussi question de mettre à profit l’IA pour améliorer la connectivité numérique entre les pays asiatiques.

Comme aux éditions précédentes, de nombreuses personnalités d’organisations internationales et régionales, des responsables ministériels, des entrepreneurs du Fortune Global 500 et d’experts et de chercheurs renommés sont attendus à Boao pour renforcer et élargir les passerelles de coopérations dans divers secteurs.

(Photo : VCG)




Les avancées du Maroc en matière de gouvernance ouverte présentées à Nairobi

Les avancées du Maroc en matière de gouvernance ouverte ont été mises en avant, mardi à Nairobi, dans le cadre de la Rencontre régionale du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO).

Intervenant lors d’une table ronde sur les initiatives régionales en matière de transparence et de participation citoyenne, la délégation marocaine a souligné les efforts déployés par plusieurs régions et collectivités territoriales pour améliorer leurs services et renforcer la confiance des citoyens.

Le Directeur général des services à la Commune d’Agadir, M. Mohamed Benlahcen a présenté l’expérience de la ville en matière de gestion des infrastructures sportives, mettant en avant une approche innovante pour l’administration et l’accès à ces équipements.

Il a également évoqué la numérisation des services municipaux, permettant aux citoyens de bénéficier de prestations sans intervention humaine directe, ce qui améliore la transparence et renforce la crédibilité de la commune.

Par ailleurs, il a mentionné les programmes en cours visant à optimiser les services publics, mettant en avant le partenariat établi avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel, en vue de garantir le respect des normes en la matière.

De son côté, la vice-présidente du Conseil de la Région de l’Oriental, Mme Saliha Hajji, a mis en avant la vision stratégique régionale articulée autour de trois axes principaux.

Le premier porte sur la sensibilisation à l’adaptation aux changements climatiques, avec des actions ciblées pour améliorer la gestion des ressources hydriques et encourager les initiatives de la société civile en matière de durabilité, a-t-elle fait savoir.

Le deuxième axe concerne la transformation numérique, avec la digitalisation de l’administration, la facilitation de l’accès aux services et la promotion de l’innovation technologique, dans le but de renforcer la transparence et les compétences des acteurs régionaux, a-t-elle ajouté, relevant que le troisième axe porte sur l’innovation technologique, avec la mise en place de solutions numériques avancées visant à améliorer les services publics, renforcer la participation citoyenne et encourager les initiatives locales en matière de développement durable.

Pour sa part, M. Rabie El Khamlichi, directeur général des services au Conseil de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a présenté les résultats du premier plan d’action (2021-2023) et les objectifs du second (2024-2026), axé sur la participation citoyenne, l’inclusion sociale, la transparence numérique, la gouvernance environnementale et le soutien économique.

Il a également mis en avant deux réformes majeures, à savoir la mise en place d’un système intégré de management Qualité-Sécurité-Environnement (QSE) pour améliorer la transparence et la performance des services publics, ainsi que l’adoption de l’approche Nexus Eau-Énergie-Alimentation-Écosystèmes (WEFE) pour répondre aux défis climatiques et sécuritaires.

Il a également insisté sur l’importance de la coopération régionale, notamment dans le cadre de la Déclaration de Marrakech de 2022, pour favoriser les échanges de bonnes pratiques et renforcer les réponses communes aux défis régionaux.

La Rencontre régionale Afrique et Moyen-Orient du PGO, dont les travaux se poursuivent jusqu’à jeudi, constitue une plateforme d’échange sur les avancées et défis en matière de transparence, de redevabilité et de participation citoyenne.

À travers des tables rondes, des panels thématiques et des ateliers interactifs, les participants aborderont des enjeux majeurs tels que la lutte contre la corruption, la gouvernance numérique, l’ouverture budgétaire et l’accès à la justice.




Ethiopie: Sheikh Haji Ibrahim Tufa salue le rôle pionnier de SM le Roi, Amir Al Mouminine, en faveur de l’unification des efforts des oulémas africains

Le président du Conseil suprême des affaires islamiques d’Ethiopie, Sheikh Haji Ibrahim Tufa, a salué, mardi à Addis-Abeba, le rôle pionnier de SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, en faveur de l’unification des efforts des oulémas africains.

Lors d’une rencontre avec une délégation de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains, composée de Othman Skalli Houssaini, Directeur financier, Abderrahim Al Amine, directeur de l’Institut Mohammed VI des lectures et études coraniques, Abdelhamid El Alami, Mohammed Maghraoui et Hamid Lahmer experts auprès de la Fondation et Ilyas Mahyaoui, récitateur international, Sheikh Haji Ibrahim Tufa a souligné que ce rôle pionnier ce reflète à travers des programmes et des initiatives visant à préserver les constantes religieuses et l’identité islamique et les sociétés africaines.

Il a par ailleurs exprimé sa grande fierté des liens de fraternité unissant le Royaume et l’Ethiopie.

Pour sa part, M. Skalli Houssaini a mis l’accent sur l’importance de renforcer la coopération entre les oulémas des deux pays au service de la consécration de la paix spirituelle, de la préservation du patrimoine africain et de la diffusion des valeurs de paix, de cohabitation, de dialogue et de développement prônées par l’Islam, conformément à la vision clairvoyante de SM le Roi, Amir Al Mouminine, Président de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains.




Devant le Conseil de sécurité, le Maroc dénonce le “deux poids, deux mesures sélectif” de l’ambassadeur algérien sur la question du Sahara marocain

La Représentante permanente adjointe du Maroc auprès des Nations Unies, Majda Moutchou, a épinglé, devant le Conseil de sécurité, le “deux poids, deux mesures flagrant et sélectif” auquel s’est livré l’ambassadeur algérien à l’ONU sur l’élargissement du mandat de la MINURSO à la composante des droits de l’Homme, en dénonçant une “manipulation politique sélective”.

“Une délégation, la seule parmi les nombreuses délégations qui ont pris la parole devant le Conseil lors de ce débat, a mentionné la composante des droits de l’Homme et a essayé de la lier à la MINURSO”, a souligné d’emblée la diplomate marocaine en riposte à l’intervention de l’ambassadeur algérien lundi lors d’un débat public du Conseil de sécurité sur le renforcement de la capacité d’adaptation des opérations de paix de l’ONU.

Elle a relevé que la délégation marocaine a été surprise et étonnée par cette intervention, car “elle reflète une masterclass en manipulation politique sélective”, notant que l’ambassadeur algérien “a soudainement retrouvé une passion nouvelle pour les droits de l’Homme et le droit international”.

Éclairant l’intervenant avec des réalités “qui sont soit volontairement ignorées, soit commodément oubliées”, la diplomate a indiqué que le mandat de la MINURSO est on ne peut plus clair, car il a été établi par le Conseil de sécurité pour superviser le cessez-le-feu.

“Ce mandat a été clairement défini par le Conseil de sécurité, et toute tentative de la délégation algérienne de déformer son rôle est soit mal informée, soit délibérément trompeuse”, a-t-elle précisé, ajoutant que contrairement à ce qui a été suggéré, sept opérations de paix de l’ONU sur onze ne disposent pas de mandat de surveillance des droits humains.

“Nous aussi, nous nous demandons pourquoi la délégation algérienne, faisant preuve d’un deux poids, deux mesures flagrant et sélectif, se concentre uniquement sur la MINURSO et ferme les yeux sur les autres opérations de maintien de la paix”, a souligné Mme Moutchou.

Et de poursuivre que le Conseil de sécurité attribue ces mandats en fonction de la situation spécifique sur le terrain. “Il ne s’agit ni d’une règle systématique ni d’une exception; il s’agit d’une décision prise au cas par cas”.

“De plus, malgré les tentatives persistantes et désespérées de cette même délégation, en octobre 2024, le Conseil de sécurité a rejeté en bloc l’inclusion d’un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme dans le mandat de la MINURSO. Ce rejet n’était pas accidentel: il réaffirmait que la situation des droits de l’Homme au Sahara marocain ne nécessite pas un tel mécanisme”, a affirmé la diplomate.

Pour la Représentante permanente adjointe du Maroc à l’ONU, il s’agit d’un message clair que le Conseil de sécurité est parfaitement conscient des manœuvres politiques de certaines parties.

Toujours en réponse à la déclaration de l’ambassadeur algérien qui “semble si profondément préoccupé” par les droits de l’Homme, Mme Mouchou l’a interpellé sur une “question bien plus urgente: les camps de Tindouf, situés sur le territoire algérien, où la population vit sous une oppression quotidienne, privée de ses droits fondamentaux et soumise à de sévères restrictions de mouvement et des violations flagrantes du droit international”.

Elle a, par ailleurs, fait observer que le Maroc a toujours démontré son engagement indéfectible en faveur de la promotion des droits de l’Homme et du respect des droits et libertés fondamentaux de tous les individus, ajoutant que le Royaume a constamment collaboré avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies.

Le Maroc a également accueilli plusieurs visites d’experts de l’ONU et coopéré de manière constructive afin de favoriser la transparence, le dialogue et le progrès, a-t-elle dit, notant que les efforts du Maroc en matière de promotion des droits de l’Homme ne se limitent pas à des paroles, mais se traduisent par des actions concrètes visant à garantir le bien-être et la dignité de chaque citoyen.

En réponse à la mention par l’ambassadeur algérien du droit à l’autodétermination, la diplomate marocaine a révélé une “contradiction troublante”, expliquant que, pour l’Algérie, l’autodétermination “est un concept sélectif utilisé comme arme politique contre l’intégrité territoriale du Maroc, et pourtant commodément ignoré lorsqu’il s’agit des aspirations légitimes d’autres peuples, qui vivent encore sous occupation et oppression étrangères”.

“L’ONU doit prêter attention à toutes ces aspirations, sans exception ni sélectivité, y compris sur le territoire des États qui prônent l’autodétermination pour les autres tout en la refusant systématiquement aux peuples opprimés sur leur propre territoire”, a-t-elle encore indiqué.

Elle a enchaîné en soulignant que “le droit à l’autodétermination ne peut être un outil politique utilisé de manière sélective, invoqué par certains et ignoré par d’autres. Ce n’est pas une carte jouée par commodité”.

Et la diplomate de conclure en réitérant que “le Sahara a toujours fait partie intégrante du Maroc. Il est Marocain et le restera à jamais. Il ne s’agit pas d’une revendication fondée sur des événements récents, mais du reflet de siècles de liens historiques, culturels et géographiques”.




Les Etats-Unis affirment être parvenus à un accord avec la Russie et l’Ukraine concernant la mer Noire

Les Etats-Unis ont conclu des accords avec la Russie et l’Ukraine pour garantir la sécurité de la navigation, éliminer le recours à la force et empêcher l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires en mer Noire, a annoncé mardi la Maison Blanche.

Ces accords font suite à des discussions techniques séparées entre les délégations américaine et ukrainienne et les délégations américaine et russe, qui se sont tenues du 23 au 25 mars à Riyad, en Arabie saoudite.

Conformément aux accords conclus à Riyad, les Etats-Unis continueront de faciliter les négociations entre la Russie et l’Ukraine afin de parvenir à une résolution pacifique du conflit, a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont conclu des accords séparés avec la Russie et l’Ukraine en vue d’élaborer des mesures visant à interdire les frappes contre les installations énergétiques des deux pays, selon le communiqué.

Les négociations entre les Etats-Unis et la Russie et entre les Etats-Unis et l’Ukraine ont également permis de convenir d’efforts en faveur d’une “paix durable”.

Parmi les résultats des négociations américano-russes, les Etats-Unis contribueront notamment à rétablir l’accès de la Russie au marché mondial des exportations agricoles et d’engrais, à réduire les coûts des assurances maritimes et à améliorer l’accès aux ports et aux systèmes de paiement pour ces transactions, selon le communiqué.

Les négociations américano-ukrainiennes ont quant à elles permis de réaffirmer l’engagement des Etats-Unis à contribuer aux échanges de prisonniers de guerre, à la libération des détenus civils et au retour des enfants ukrainiens déportés de force en Russie.