
Le 09 févier 2025, un rassemblement majeur autour du patriarche Denis Sassou N’Guesso était prévu au boulevard Alfred Raoul. Pourtant, cette initiative, qui aurait pu rassembler plus de cent mille personnes, a été brusquement interdite par les autorités préfectorales du département de Brazzaville. Cette décision soulève de nombreuses questions sur les motivations réelles qui se cachent derrière cette note circulaire.
Tout d’abord, il est crucial de s’interroger sur ce que cette interdiction révèle concernant les craintes du pouvoir en place, notamment le Parti Congolais du Travail (PCT). L’interdiction d’un événement d’une telle ampleur peut être interprétée comme une tentative du PCT de maîtriser les dynamiques politiques en cours et de limiter l’influence croissante du mouvement soutenant Denis Sassou N’Guesso. Cette démarche pourrait signifier que les autorités préfectorales craignent non seulement un attrait populaire significatif pour ce rassemblement, mais aussi un potentiel débordement pouvant ébranler leur autorité.
Les motifs de cette décision ne semblent pas fondés sur des soucis de sécurité, comme l’évoque le préfet, mais plutôt sur une volonté politique de contrôler l’espace public et de contenir toute forme d’opposition organisée. La peur des débordements, souvent avancée pour justifier des interdictions de rassemblements, apparaît ici comme un prétexte plutôt qu’un véritable argument. En effet, la République du Congo, malgré ses tensions sociales, ne montre pas de signes immédiats d’une crise susceptible d’engendrer des violences massives si un rassemblement pacifique était organisé.
Il est pertinent de se demander si la décision d’interdire ce rassemblement est réellement motivée par des inquiétudes concernant des débordements ou si elle n’est pas le reflet d’une stratégie délibérée visant à étouffer toute contestation. Le PCT, en plaçant des barrières à l’organisation de tels événements, démontre une attitude défensive face à un mouvement politique qui pourrait potentiellement galvaniser l’opinion publique contre lui.
Cette situation met également en lumière une dynamique plus large, où le pouvoir en place, par peur de perdre son emprise sur la population, choisit d’ériger des obstacles à l’expression démocratique. Le fait qu’un rassemblement soutenant un leader en place soit interdit soulève des interrogations sur la santé démocratique du pays et la capacité des citoyens à s’organiser librement.
En conclusion, la décision de la préfecture de Brazzaville d’interdire le rassemblement autour du Patriarche Denis Sassou N’Guesso ne peut être analysée sous un seul prisme. Elle traduit une tension sous-jacente entre le désir d’expression citoyenne et la volonté du pouvoir de maintenir son contrôle. Les motivations réelles peuvent rester obscures, mais une chose est certaine : la lutte pour l’espace politique et la liberté d’expression au Congo-Brazzaville demeure un enjeu central. Pour l’heure, il nous faudra attendre les développements futurs pour comprendre pleinement les conséquences de cette décision et les réactions de ceux qui aspirent à un changement dans le paysage politique congolais. Affaire à suivre.
Qui vivra verra.
Par Roch Bouka/Correspondant de la RTGA World au Congo.