
Depuis le début de l’année en cours, plusieurs partenaires internationaux ont pris la décision unilatérale de suspendre, avec effet immédiat, leurs appuis financiers dans divers secteurs sociaux. Cette interruption soudaine de ressources extérieures compromet la continuité des services publics essentiels, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’eau, de l’assainissement, de l’environnement, ainsi que de l’agriculture.
Si cette situation n’est pas rapidement et efficacement prise en charge, elle risque d’aggraver une crise humanitaire déjà préoccupante, en multipliant les vulnérabilités au sein de notre population, avec des répercussions profondes sur le tissu social, la stabilité communautaire et les perspectives de développement durable.
Face à cette urgence, le Président de la République a instruit les membres du Gouvernement en charge des secteurs concernés, sous la coordination de la Première Ministre, de prendre sans délai les mesures suivantes :
– mener une analyse rigoureuse et exhaustive de la dépendance actuelle de nos secteurs stratégiques aux financements extérieurs, en particulier dans la santé, l’éducation, l’eau, l’assainissement et l’agriculture. Cette évaluation devra déboucher sur la formulation de mesures correctives concrètes et adaptées en vue d’atténuer les effets négatifs de cette rupture de financement ;
– élaborer un Plan national de transition structuré et réaliste permettant d’assurer la continuité des services essentiels à la population. Ce Plan devra intégrer des mesures d’urgence à court terme, mais également des actions durables visant à renforcer la résilience de nos systèmes éducatif et sanitaire en portant une attention particulière aux aspects suivants : ressources humaines, infrastructures, équipements, approvisionnement en médicaments, accessibilité et qualité des services ;
– procéder à une révision stratégique de nos priorités nationales en réajustant nos plans sectoriels et nos cadres d’investissement.
Cette reprogrammation devra reposer sur une vision concertée, inclusive et prospective intégrant des mécanismes de financement innovants, mobilisant les ressources nationales et explorant des partenariats alternatifs. Une refonte de notre politique nationale de l’aide au développement s’avère indispensable pour garantir une meilleure souveraineté budgétaire et une efficacité accrue de l’action publique.
Un rapport sur la mise en oeuvre de ces recommandations, assorti d’un calendrier d’actions et d’indicateurs de suivi, est attendu dans les 30 jours.
Avant de passer la parole à la Première Ministre, le Président de la République a abordé la question de l’affiliation des miliaires à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publiques (CNSSAP), au-delà du doublement de leurs rémunérations.
A ce sujet, il a chargé le Vice-Premier, Ministre de la Fonction Publique, Modernisation de l’Administration et Innovation du Service Public, avec tous les Ministères concernés, de lancer un grand processus de vulgarisation et de sensibilisation des réformes sur le nouveau régime de sécurité sociale du personnel aussi bien de l’armée que de la police, portées par la CNSSAP, à Kinshasa comme en provinces afin de permettre aux bénéficiaires ainsi qu’à leurs dépendants d’être parfaitement informés des avantages liés à ce nouveau régime contributif tant en ce qui concerne l’amélioration de leur retraite que la nouvelle branche couvrant les risques professionnels.