
La gestion des déplacés internes en RDC devient de plus en plus difficile. Selon Ocha, environ 700 000 personnes ont fui depuis 2023. Depuis fin janvier, le M23, soutenu par l’armée rwandaise, est arrivé dans de nouvelles localités, dont Goma et Bukavu, déclenchant de nouveaux mouvements des populations. L’aide humanitaire, déjà sous pression, peine à suivre l’ampleur de la crise. Des appels se multiplient pour l’ouverture d’un corridor humanitaire.
Le mouvement des déplacés en RDC se fait par vagues successives, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).
Avant l’arrivée du M23, soutenu par le Rwanda, des milliers de déplacés des territoires de Masisi, Lubero et Rutshuru avaient trouvé refuge à Goma et Minova, deux localités où se sont concentrées des dizaines de milliers de personnes.
Mais le démantèlement des camps après l’ultimatum du M23, le 9 février, a forcé de nombreux déplacés à retourner dans des zones où il n’y a plus d’infrastructures de base. Un retour contraint, alors que les humanitaires eux-mêmes peinent à répondre à l’urgence, touchés par le manque de ressources après les récents combats.
Un besoin critique de provisions
Eujin Byun, porte-parole du HCR, alerte sur la situation : « Nous sommes préoccupés par l’approvisionnement dans le pays, car de nombreux entrepôts d’acteurs humanitaires ont été pillés pendant le conflit. Tout ce dont ces populations ont besoin doit transiter par le corridor humanitaire, c’est-à-dire l’aéroport et le port. Or, l’accès à ces infrastructures est actuellement très limité. Une fois que nous pourrons atteindre les populations déplacées, nous aurons impérativement besoin que ces approvisionnements entrent dans l’est du Congo pour leur venir en aide. »
La situation est volatile, et les gens ne cessent de bouger. Dans le Nord-Kivu, les combats poussent des milliers de déplacés à fuir à nouveau. Mais la plupart n’ont nulle part où aller : 60 à 70 % des sites de déplacés ont été détruits. Où sont-ils partis ? Difficile à dire. Certains ont peut-être rejoint une ville voisine, d’autres sont toujours à Goma. Ce que nous savons, c’est que des déplacés trouvent refuge dans des hôpitaux, des écoles vides, des bâtiments abandonnés. Beaucoup dorment aussi dans la rue. Mais pour tous ceux hors de portée, impossible d’avoir une estimation. Au Sud-Kivu, la situation est similaire. Le conflit s’étend, poussant des déplacés vers Bukavu, et certains traversent la frontière vers le Burundi. Mais faute d’accès, il est impossible d’estimer leur nombre réel. Si les combats se poursuivent à l’est du pays, ce chiffre sera bien plus élevé.
Sans accès, impossible d’évaluer combien de déplacés restent sans assistance. D’après Ocha, près de 300 000 personnes ont fui ces dernières semaines, un chiffre qui pourrait encore grimper si les combats se poursuivent.