Mon bref témoignage sur la gouvernance a la chinoise

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(Par Dr Prof Antoine Roger Lokongo, Chef de Département des Relations Internationales, Université Président Joseph Kasa Vubu. Boma)

J’ai passé sept ans de ma vie en République Populaire de Chine dans le cadre de mon doctorat en Politique Internationale et Stratégie à l’Université de Pékin après avoir vécu pendant 18 ans en Grande Bretagne. Cette étape de ma vie représente un tournant majeur dans ma compréhension des Relations Internationales, notamment que :

Face au colonialisme, à l’hégémonisme et à la politique du plus fort, la Chine, un pays du Sud, s’est relevée et a fait accepter un nouveau modèle des Relations Internationales et une gouvernance mondiale basés sur le respect mutuel, l’équité, la justice et la coopération gagnant-gagnant ; associant le développement de la Chine et les intérêts du peuple chinois au développement du monde et aux intérêts communs, légitimes et fondamentaux de tous les autres peuples. Le but est de construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité ; bâtir un monde beau et propre caractérisé par le multilatéralisme, l’ouverture, l’inclusion, la paix durable, la sécurité globale et la prospérité commune.

En d’autres termes, la souveraineté et la dignité de tous les pays, grands ou petits, puissants ou faibles riches ou pauvres, doivent être respectées ; que leurs affaires intérieures ne souffrent d’aucune ingérence extérieure, qu’ils ont tous le droit de choisir en toute indépendance leur système social et leur voie de développement tenant compte de leur histoire et de leur culture ; et qu’ils ont leur droit égal à la participation, à la prise de décisions et au partage des bénéfices dans la gouvernance mondiale. Chaque civilisation a quelque chose de précieux à apporter ou à offrir et l’on peut apprendre de chaque civilisation car chaque civilisation est distincte, aucune n’est supérieure à l’autre. Le dialogue interculturel et l’apprentissage mutuel constituent donc les catalyseurs de la paix et du développement de la planète. C’est ça le noyau de la pensée du Président Chinois Xi Jinping.

Il y a un proverbe chinois célèbre sur la gouvernance, attribué à Confucius, le très sage qui dit : « Sous un bon gouvernement la pauvreté des masses est une honte ; et sous un mauvais gouvernement, la richesse des dirigeants c’est aussi une honte ».

C’est pour dire que l’essentiel de la gouvernance est le bien-être du peuple, c’est une vie meilleure, une vie en abondance pour le peuple, rien que pour le peuple.

Voilà l’idée qui a guidé l’action développementale de la Chine centrée sur le peuple sous le sage leadership du Parti Communiste Chinois (PCC) et son Secrétaire Général, Chef de l’Etat et Président de la Commission Militaire Centrale, Xi Jinping ; débouchant concrètement sur une société modérément prospère à tous égards, tirant plus de 100 millions de Chinois de la pauvreté.

Ça c’est un signe d’une bonne gouvernance par laquelle la petite corruption et la grande corruption sont fondamentalement éradiquées, ainsi que le tribalisme. Tout cela dans le cadre de « la lutte et contre les grands tigres corrompus, et contre les petites mouches aussi corrompues » – une citation chère au Président Chinois Xi Jinping.

Comme on dit en RDC, « lutte et contre les ‘petits Kuluna’, et contre ‘les grands Kuluna en cravate’ ».

Le Parti Communiste Chinois a uni et dirigé le peuple chinois de tous les groupes ethniques dans un travail inlassable pour parvenir à l’indépendance nationale et à la libération contre la colonisation occidentale et l’agression japonaise d’abord ; puis pour rendre le pays prospère et fort, et pour rechercher une vie meilleure.

C’est un processus continu. Voilà ce qui justifie la campagne d’éducation que vient de lancer le Parti Communiste Chinois pour améliorer la conduite dans son travail, une campagne basée sur la « Décision à 8 Points » ou à « 8 Règles » adoptée par le Parti pour renforcer ses liens avec le peuple et gagner sa confiance.

« Si nous perdons la confiance du peuple, le Parti risque de disparaitre », a martelé le Président Chinois Xi Jinping.

Le développement de la Chine a été si rapide qu’il a surpris le monde entier mais il requiert aussi en quelque sorte ces « 8 garde-fous » pour éviter tout dérapage. C’est donc un engagement en « 8 Points » en faveur d’une gouvernance intègre et d’une réponse directe aux préoccupations du peuple chinois.

La « Décision à 8 Points » été publiée lors d’une réunion du Bureau politique du Comité Central du PCC le 4 décembre 2012. Elle couvre les principaux domaines suivants: Améliorer la recherche et l’analyse ainsi que comprendre véritablement la situation réelle lors des études de terrain; Simplifier les réunions et améliorer leur déroulement; Améliorer la concision et le style rédactionnel des documents et des notes d’information; Normaliser les procédures pour les visites de travail à l’étranger;

Améliorer le travail des agents de sécurité et continuer à respecter le principe d’amélioration des relations avec le peuple; Améliorer la couverture médiatique; Imposer des règles strictes sur la publication des articles; Promouvoir la frugalité et le strict respect des règles d’incorruptibilité au sein du gouvernement.

La « Décision à 8 Points » a vraiment changé la Chine parce que le Président Xi Jinping lui-même en a fait son fer de lance, prêchant par l’exemple, allant jusqu’au fin fond du pays, mangeant avec les villageois et partageant leur situation puis apportant le changement dans leurs conditions de vie.

Nous autres, Africains en général et Congolais en particulier, devons donc nous inspirer de l’expérience chinoise vraiment fructueuse en matière de gouvernance ; car comme le dit un autre proverbe chinois : « Pour connaitre le chemin, interroge celui qui en vient ».

 

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