Projet REED dans le Mai-Ndombe: Un combat d’arrière-garde de Rainforest  

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Devant la presse, le professeur Jean-Robert Buangoy, qui pilote le projet REED dans le Mai-Ndombe, a réagi au dernier rapport calomnieux et qui recours à la pratique dite « Télévision » de Rainforest Foundation UK (RFUK). Face aux critiques aveugles et teintées de mauvaise foi de cette Ong, il a été rappelé à la presse deux façons d’obtenir une concession foncière. Il s’agit soit par Arrêté du ministre ayant la forêt dans ses attributions, soit par un Arrêté du Gouverneur en ce qui concerne les concessions forestières des communautés locales. C’est pour mettre de l’ordre dans ce secteur que le Secrétaire général à l’Environnement a écrit pour rappeler les conditions d’octroi des concessions forestières. Toujours dans sa réplique, Jean-Robert Buangoy cite également l’article 38 du Code forestier qui donne le droit exclusif aux communautés locales de travailler dans les endroits où ils travaillent traditionnellement. « Ils ont essayé de se mettre ensemble avec la population locale pour nous poser des problèmes… Et pourtant, les terres continuent à appartenir à l’Etat qui nous donnent en concession comme il le fait aux exploitants forestiers pour un usage précis qui est la conservation et que celle-ci se fait en synergie avec la population. Parce que nous ne pouvons pas les interdire de déboiser », dit-il.

Il sied de notre ter que le professeur Jean-Robert Buangoy était l’invité de l’émission coup d’œil sur l’environnement qui passe chaque dimanche sur la Rtga World. A quelques jours de la 30ème édition de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique ou COP 30, il fallait répondre à Rainforest qui, dans un rapport, s’attaque méchamment au projet REED qu’il accuse de tous les péchés d’Israël.

En réalité, il veut justifier l’argent qu’il perçoit des bailleurs de fonds, sans impact réel sur le vécu des populations locales concernées. Grâce à ce rapport rédigé dans un bureau climatisé dans des milliers de kilomètres et sans avoir été sur le terrain, Rainforest qui s’est auto-proclamé représentant des communautés, voudrait tirer les dividendes, tout en foulant au pied les réalisations du projet REED dans le Mai-Ndombe.

Qu’est-ce qui ne va pas avec Rainforest par rapport aux différents projets que vous développez en Rdc ?

Jean-Robert Buangoy : Nous ne savons pas réellement ce qu’ils cherchent, mais nous savons lire les motivations. Les gens de Rainforest se sont nommés représentants des communautés locales. Ils ont ce mandat-là, c’est-à-dire, ils vont voir les organisations de financement, notamment les Etats comme la Norvège, ils vont prendre l’argent au nom des communautés. Ils font un voyage et n’arrivent même pas sur le terrain, donnent quelques miettes aux ONG locales, font la pratique appelée Télévision, qui consiste à faire qu’on n’arrive pas là où on va, on remplit les fiches, pendant qu’on a jamais été dans la foret. Leurs organisations vivent de cela. Ce n’est pas surprenant de les voir s’attaquer à ceux qui vont sur le terrain, qui travaillent avec les communautés et qui vont un effort pour que ces communiqués puissent vivre des ressources naturelles qui sont été à leur disposition depuis les ancêtres. Nous sommes dans leur platebande. Ils ont été là depuis des dizaines d’années. Vous ne pouvez pas me montrer un seul souvenir des millions de dollars que Rainforest reçoit. Si ce que j’ai dit n’est pas vrai, je vous mets au défi d’aller sur le terrain et voir ce qu’ils ont fait. Dans le cadre de ce rapport, ils ont critiqué nos forages, mais eux avaient fait un forage qui n’a même pas fonctionné pendant deux semaines.

On reproche au projet REED des irrégularités dans l’attribution des concessions de conservation

Rainforest n’a jamais produit des éléments qui indiquent qu’il y a des irrégularités. Nous avons la concession de ERA Congo qui est là depuis 2011. Rainforest avait prétendu que ERA Congo n’a jamais obtenu des consentements de la part des communautés. Ceux qui sont plus intelligents, c’était le FPP que nous avons invité sur le terrain. Nous avons fait une mission conjointe et nous avons montré comment nous avons évolué le Consentement libre, informé et préalables (CLIP). FPP était convaincu que nous avons effectivement travaillé et obtenu le CLIP. Dans le rapport, ils ont prétendu que depuis qu’on avait fait le CLIP depuis plusieurs années, on n’a jamais recontacté les communautés locales. Ce qui est absolument faux. Dans le cadre de ERA Congo, nous consultons les communautés. Nous avons chaque année des documents pour lesquels les communautés renouvellement leur consentement. Ce sont des inventions. Ils savent que nous sommes des sans voix et qu’on ne peut pas répondre à leur histoire. Ils ont pris mes réponses pour les mettre en annexe, une façon malhonnête de présenter les choses.

Plus de 500.000 hectares autorisés d’une façon irrégulière

Rainforest a créé un panier à crabe. Ils ont cité un projet qu’on appelle KMS. Ce sont des indiens qui sont arrivés dans un village X. Ils ont fait signé les villageois pour 72 millions d’hectares. Un tel document à quelle régularité pour qu’il soit appelé projet REED ? Est-ce en vertu de quels articles du Code forestier un individu peut signer un document avec les villageois et prétendre avoir le droit d’exploiter une forêt et de la conserver ? Ils n’ont pas relevé que ce sont des individus et qui n’ont obtenu aucun document légal. Il y a deux façons d’obtenir une concession foncière, soit par Arrêté du ministre ayant la forêt dans ses attributions, soit par un Arrêté du Gouverneur en ce qui concerne les concessions forestières des communautés locales. Lorsqu’un individu vient chez vous et vous dit qu’il a obtenu les signatures des villageois, vous le prenez au sérieux ? ces gens ont envoyé tous ces documents pour faire valider leur projet de conservation. Le Secrétaire général à l’environnement a écrit pour rappeler les conditions d’octroi des concessions forestières. Comme preuve que Rainforest ne sait pas lire la totalité des articles du Code forestier. Ils ne savent pas comprendre ce que veut dire attribution forestière. En vertu de quels principes peuvent-ils venir se prévaloir le droit de défendre les communautés locales ? Ils ne savent même pas lire le basic de la loi.

Le projet carbone forestier que vous développez en Rdc cause des préjudices sociaux, sape la cohésion sociale et exacerbe les risques conflits intra et intercommunautaires droits de l’homme ?

D’abord, il faut dire que pour le moment, en termes de REED+ et des projets REED +, il n’y a qu’un seul projet REED validé en Rdc. Et ce projet, c’est le projet Mai-Ndombe REED+. Il y a un deuxième projet qui est en cours de validation. Eux-mêmes ont reconnu qu’il n’y avait que trois acteurs en Rdc qui ont développé les projets et qui ont eu à vendre sur le marché international. Qu’ils nous montrent quels sont les conflits qui existent entre les projets qui n’existent pas encore et ces conflits qui existent entre les communautés. Rainforest a intentionnellement crée un conflit dans notre concession entre les villages de Ile et de Makaba. Lorsque nous avons reçu à réconcilier ces communautés, le Monsieur est venu savoir ce qu’on a fait pour que les communautés puissent se réconcilier. Vous vous rappeler le conflit qu’il y a eu à Mbandaka autour des tourbières. Est-ce que ce sont les projets REED qui ont créé ces conflits ? C’était entre WWF et Greenpeace qui opposait les communautés pygmées et bantous. Ce sont eux qui viennent au Congo pour créer des conflits. Les gens ne sont plus bêtes. Les gens attendent des entreprisses et des Ong qui viennent résoudre leurs problèmes.

L’expansion des projets carbone forestier nuit au droit foncier collectif ?

Encore une fois, Rainforest a sa propre lecture de la loi. En Rdc, les aires sont domanialisées. En ce qui concerne le Code forestier, l’article 38 donne le droit exclusif aux communautés locales de travailler dans les endroits où ils travaillent traditionnellement. Ils ont essayé de se mettre ensemble avec la population locale pour nous poser des problèmes et nous allons les interdire d’aller faire la chasse, la pêche…alors que les projets REED+ ne sont pas des parcs nationaux. Les terres continuent à appartenir à l’Etat qui nous donnent en concession comme il le fait aux exploitants forestiers pour un usage précis qui est la conservation et que celle-ci se fait en synergie avec la population, parce que nous ne pouvons pas les interdire de déboiser. Mais nous sommes pénalisés lors de la vérification : si nous avons une grande déforestation, nous perdons de l’argent. Nous aidons les communautés à arrêter la déforestation. Ils peuvent mentir à tout le monde, mais il y a une expansion qui est faite par la communauté. Des gens qui ne sont jamais arrêtés pour avoir fait cette expansion.

L’industrie carbone en Rdc est très opaque, parce qu’il y a peu d’informations, que ça soit en ligne ou dans les documentations ?

Ils sont en train de mentir à ceux qui ne connaissent pas l’industrie carbone. Vous savez que lorsque nous faisons la vérification, d’abord, les documents du projet sont en ligne, non seulement dans le site et c’est une obligation. A chaque vérification, les nouvelles activités sont mises dans le document de vérification qui est public. On appelle aux commentaires pendant un mois. Rainforest évite de faire le commentaire pour dire que c’est opaque. C’est qui est opaque, c’est ce qu’eux font. Lorsque Rainforest parle des villageois, il n’y a aucune référence. C’est un document qu’il met en ligne et qui n’a jamais été vérifié.

Il n’y a pas de preuves de partage de crédit carbone sur le terrain

Il n’y a trois projet qui ont vendu le crédit carbone en Rdc. Il reste le projet Mai-Ndombe. Je vous invite à venir voir s’il n’y a pas d’avantage. Dans notre espace de projet, il y a des écoles, à l’exception de 10 villages. En dehors de ces villages, les écoles sont construites par nous, les centres de santé, les personnes sont soignées par nous, où tous frais payés dans les hôpitaux de Inongo et de Kinshasa. Il y a à Kinshasa trois cas de décès que la société doit prendre en charge. Nous avons la capacité d’aider les originaires de nos villages à enterrer leurs morts. Les avantages pour nous sont très visibles. Nous avons des choses qu’on ne met pas dans la presse. Les gens qui vont dans les villages voient les forages. Ils disent que vous avez construit une école dans tel village et vous n’avez pas mis de plafond, pas de bancs, des latrines. D’abord, nous voulons construire les écoles, parce que les enfants étudient sous les feuilles de rameaux. C’est après que l’on construira des latrines pour chaque école. Nous payons les salaires des enseignants dans chaque village. Il n’y a pas une entreprise minière qui fait ce que nous faisons.

Rainforest dit avoir révélé plusieurs faiblesses dans les principaux standards de certification

Je ne connais pas une seule personne à Rainforest qui est scientifiquement qualifiée pour critiquer. Je voudrais que le chef nous dise, quelle est sa qualification ? Nous sommes dans un monde où il y a beaucoup d’autodidactes. Pour devenir un ingénieur géo spatiale, j’ai fait des études. Je ne peux pas me permettre de critiquer les journalistes que vous êtes sur la méthodologie de travail. Vous critiquer les gens sans avoir des compétences requises. Les méthodes de certification ont été développées par des gens qui sont compétents et nous voyons comment nous faisons ce travaille-là sur le terrain. Quand quelqu’un vient vérifier des écoles, allez-vous mettre l’école en poche, la poser ou la ramener ailleurs. Cette organisation m’a déçue. J’ai interagi avec Mme Moretti et je pensais qu’ils seraient honnêtes. Ils ont prétendu, dans leur rapport, que nous avons construit un dispensaire à Bobolampinga qui n’est pas encore finalisé. Nous irons avec vous à Bobolampinga et vous n’y trouverez qu’aucun dispensaire. Les gens qui ont amené cette information, pensez-vous qu’ils étaient au village.

Des alternatives positives de paiement pour les services environnementaux (PSE) consistent au fait qu’il faut arrêter avec le marché du carbone, qu’on puisse faire le business…c’est-à-dire, Rainforest va auprès de la Norvège et vient avec l’argent, 80% on met dans leur bureau de Londres, 20% qu’ils vont corrompre quelques personnes et disent que c’est ça le paiement. Pas de quantification… Ils ne sont pas compétents pour ces genres d’activités. Ils doivent se munir des compétences à l’interne. Nous ne sommes pas opposés au paiement. C’est quelqu’un qui se prend je ne sais pour qui et qui réfléchit à la place des bénéficiaires sur le terrain.

Propos recueillis par Jean-Marie Nkambua

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