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« La BCC n’a pas fait apprécier la monnaie, elle a corrigé une dépréciation injuste »

« La BCC n’a pas fait apprécier la monnaie, elle a corrigé une dépréciation injuste »

M. André Wameso, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) a été reçu à la commission Ecofin de l’Assemblée nationale. Il nous revient que les théories développées ces derniers jours sont de nature à désorienter l’opinion et à ternir l’image de l’Institut d’émission.

Selon le Gouverneur, l’appréciation actuelle est la correction d’une dépréciation injuste de notre monnaie en 2023, à la suite d’une mauvaise estimation du montant de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises. La BCC n’a donc pas fait apprécier la monnaie. Elle a CORRIGE une dépréciation injuste.

L’appréciation monétaire conduira à la baisse des recettes. J’ai été le premier à le dire. C’est une évidence.

Plusieurs mesures sont à la portée du Gouvernement pour compenser cette perte de recettes (arrêt allègements fiscaux sur 10 produits de 1ère nécessité, reprise exportations du cobalt dont la tonne se négocie à près de 50.000 Usd, la poursuite des réformes de mobilisation des recettes notamment la facture normalisée et les jeux d’argent, etc.).

Parallèlement, les dépenses publiques d’importation devront également baisser. Il s’agit entre autres du service de la dette extérieure et des dépenses sécuritaires exceptionnelles (dont une partie importante est réglée en devises). Cette dernière rubrique représente un ratio de 32% sur nos recettes courantes.

L’appréciation ayant conduit à une valorisation du revenu des agents publics de ́l’Etat dont toutes les rémunérations sont versées en monnaie nationale, le Gouvernement devrait veiller à la maîtrise de l’enveloppe salariale, la perte du pouvoir d’achat des agents publics de l’Etat ayant été corrigée grâce à l’appréciation du franc congolais. Malheureusement, l’état liquidatif du 4ème trimestre 2025 a augmenté de près de 30 milliards CDF par mois. Le Gouvernement risque d’avoir des difficultés entre décembre 2025 et fin mars 2026.

Dans une économie dollarisée comme la nôtre, l’appréciation du franc congolais devrait profiter à ceux qui sont payés en francs congolais, mais ne devrait normalement pas faire perdre le pouvoir d’achat à ceux dont les salaires sont fixés ou indexés à une devise étrangère, le dollar américain en l’occurrence. Pourquoi ? Parce que les produits de consommation courante sont importés et leurs prix devraient baisser avec l’appréciation monétaire. Il revient au ministre de l’Economie nationale de s’assurer que les opérateurs économiques ont ajusté leurs prix en conséquence. La rigidité des prix à court terme ne devrait pas expliquer la réticence des opérateurs économiques à continuer à exercer les anticipations sur la hausse du taux de change.

La BCC met en place un certain nombre de réformes pour rendre le franc congolais plus attractif, assurer la stabilité monétaire et favoriser le dénouement des transactions en monnaie locale.

Le taux de change indicatif n’est pas fixé par la BCC. Il est la moyenne pondérée des taux de change appliqués sur les achats et des ventes des devises entre banques commerciales. Il est donc la résultante de la loi de l’offre et de la demande de la monnaie.

En définitive, aucune mesure conjoncturelle ne saurait modifier la structure de notre économie. Des réformes profondes doivent être entreprises pour pouvoir accroître notre production locale et limiter la pression sur notre taux de change. Produisons au moins ce dont nous possédons l’avantage comparatif sur les autres pays du monde.

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