Climat : les engagements des États restent très insuffisants pour infléchir le réchauffement

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L’électricité produite par les parcs éoliens réduit la dépendance à l’égard de l’énergie produite à partir du charbon, source de gaz à effet de serre.

4 novembre 2025 Climat et environnement

Les engagements climatiques pris par les États ne modifient qu’à la marge la trajectoire du réchauffement, révèle un nouveau rapport de l’ONU. Au rythme actuel des promesses de réduction des gaz à effet de serre, le seuil de 1,5 °C sera très probablement franchi au cours de la prochaine décennie.

Selon l’Emissions Gap Report 2025, une analyse annuelle du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), publiée mardi, la courbe du réchauffement climatique s’infléchit à peine. À supposer qu’ils soient tenus, les nouveaux engagements climatiques pris par les dirigeants mondiaux dans le cadre de l’Accord de Paris ne permettraient de réduire les projections de température que de quelques dixièmes de degré.

Adopté en 2015, cet accord historique fixe pour horizon de limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de 2 °C et de tout faire pour ne pas dépasser 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle – un cap désormais hors de portée sans un sursaut collectif majeur.

D’après l’étude, si tous les plans nationaux de réduction des émissions étaient pleinement mis en œuvre, le réchauffement à la fin du siècle atteindrait entre 2,3 °C et 2,5 °C, contre 2,6 °C à 2,8 °C dans l’édition 2024 du rapport. Mais ces maigres progrès ne sont qu’en partie liés à une véritable inflexion des politiques publiques. « Des mises à jour méthodologiques expliquent à elles seules 0,1 °C de cette amélioration, et le retrait prochain des États-Unis de l’Accord de Paris rajoutera 0,1 °C », note le PNUE. Autrement dit : le monde reste sur la même trajectoire périlleuse.

Une décennie décisive et déjà compromise

Les émissions mondiales ont atteint un nouveau record en 2024, à 57,7 milliards de tonnes d’équivalent CO₂, soit une hausse de 2,3 % sur un an. Derrière cette progression, les forêts en feu et la déforestation pèsent aussi lourd que le charbon ou le pétrole : l’usage des terres et les changements forestiers ont compté pour plus de la moitié de l’augmentation.

« Les nations ont eu droit à trois tentatives pour viser juste avec leurs engagements climatiques, et chaque fois, elles ont manqué la cible », déplore la directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, dans la préface du rapport. « Il faut maintenant des réductions d’émissions sans précédent, dans un laps de temps de plus en plus court ».

L’agence onusienne prévient que, dans la décennie à venir, la moyenne mondiale des températures dépassera très probablement 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Pour limiter ce dépassement à environ 0,3 °C et revenir à 1,5 °C d’ici la fin du siècle, il faudrait réduire les émissions de 26 % d’ici 2030 et de 46 % d’ici 2035 par rapport à 2019. Un objectif que le rapport juge « extrêmement difficile » à atteindre, dans un contexte de rivalités géopolitiques et de ralentissement économique mondial.

Des engagements en berne

À la date du 30 septembre 2025, seuls 64 pays avaient soumis ou annoncé un nouveau plan climatique, représentant 63 % des émissions mondiales. Moins de 1 % des émissions provenaient de pays ayant revu à la hausse leurs objectifs climatiques pour 2030. Les membres du G20, responsables des trois quarts des émissions, n’ont pour la plupart renforcé aucun de leurs engagements à court terme.

Résultat : l’écart entre les promesses actuelles et la trajectoire compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris demeure vertigineux : 12 gigatonnes de CO₂ séparent encore le monde de la limite des 2 °C, et 20 gigatonnes de celle des 1,5 °C.

Chaque dixième de degré compte

Le PNUE insiste : « Chaque fraction de degré évitée est cruciale ». Elle signifie moins de pertes humaines, moins de catastrophes et une moindre dépendance à des technologies d’absorption du carbone encore incertaines. Car pour chaque 0,1 °C à retrancher, il faudrait retirer de l’atmosphère l’équivalent de cinq années d’émissions mondiales actuelles – un pari technologique colossal.

Pour Inger Andersen, le choix reste entre immobilisme et transformation : « L’action climatique n’est pas un acte de philanthropie : c’est de l’intérêt national ». Elle appelle les États, en particulier les grandes puissances économiques, à « recalibrer leurs ambitions » et à saisir les bénéfices d’une transition rapide : « croissance plus forte, emplois, sécurité énergétique et santé ».

Dix ans après l’adoption de l’Accord de Paris, le rapport du PNUE dresse le constat d’un progrès entravé : la révolution technologique des énergies renouvelables est bien en marche, mais la volonté politique, elle, reste à la traîne. Et le thermomètre, lui, continue de grimper.

Les Etats-Unis accordent 30 jours à l’Iran pour vendre son pétrole déjà chargé en mer Le département du Trésor américain a publié vendredi une licence levant temporairement, pour une durée de 30 jours, les sanctions sur le pétrole iranien déjà chargé en mer, afin de pallier la pénurie d’approvisionnement due aux interruptions du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Cette licence générale, délivrée par son Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC), autorise la livraison et la vente de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne déjà chargés à bord de navires à compter de vendredi. Les transactions visant à assurer l’accostage et le mouillage en toute sécurité des navires concernés, à préserver la santé ou la sécurité des membres d’équipage, à effectuer des réparations d’urgence ou à protéger l’environnement, ainsi que divers services, sont également autorisées. Il convient de noter que les transactions autorisées par cette licence comprennent l’importation aux Etats-Unis de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne. « Cette autorisation temporaire et à court terme est strictement limitée au pétrole qui est déjà en transit et n’autorise pas de nouveaux achats ni de nouvelle production », a précisé vendredi le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, dans un message publié sur X. L’Iran aura du mal à accéder aux recettes générées et les Etats-Unis continueront d’exercer une pression maximale sur l’Iran et sur sa capacité à accéder au système financier international, a-t-il ajouté. Washington a déjà assoupli ses sanctions visant le pétrole russe et vénézuélien, parallèlement à la mise à disposition coordonnée des réserves conflit un Etats-Unis, Israël et l’Iran dure depuis trois semaines et perturbe gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, les livraisons de pétrole transitant par cette voie ayant chuté à moins de 10% de leur niveau d’avant le conflit.

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