Remaniement urgent : le pays a besoin de dirigeants capables, maintenant !

0

Par : Jean Aimé Mbiya Bondo Shabanza, Vice-président fédéral et Représentant adjoint de la Fédération de l’UDPS/Tshisekedi aux États-Unis, Analyste Socio-Politique et Expert en Administration Publique

La République Démocratique du Congo se trouve à un moment charnière de son histoire institutionnelle et politique. Six années après l’arrivée au pouvoir du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, les bases d’un État de droit plus affirmé, d’une gouvernance plus transparente et d’une diplomatie proactive ont été posées. Cependant, le défi contemporain n’est plus celui des annonces ou des promesses : il réside désormais dans la concrétisation, dans la production de résultats tangibles et mesurables pour les Congolais.

Dans ce contexte, l’équipe dirigeante – composée non seulement des ministres et vice-ministres, mais aussi des mandataires publics, hauts fonctionnaires et dirigeants d’entreprises publiques – joue un rôle central. Pour transformer la vision présidentielle en réalité, le pays a besoin de cadres capables de concevoir et d’exécuter des solutions durables, adaptées aux enjeux stratégiques de l’État. Or, la pratique actuelle révèle un décalage inquiétant : la reconduction automatique de responsables, indépendamment de leur bilan réel, continue de freiner la transformation de l’administration publique et des entreprises stratégiques.

Des responsables reconduits sans évaluation : une interrogation nationale

Depuis 2019, plusieurs ministres, vice-ministres, mandataires publics et hauts fonctionnaires ont traversé quatre formations gouvernementales successives – Ilunga Ilunkamba, Sama Lukonde I & II, Judith Suminwa I & II – sans qu’une évaluation publique ou objective de leur performance ait jamais été réalisée.

L’opinion nationale et les analystes politiques s’interrogent : sur quelle base ces responsables continuent-ils de gérer des portefeuilles, des institutions ou des entreprises stratégiques, alors que les résultats attendus se font attendre ?

Est-ce la compétence qui les maintient en poste ? L’efficacité démontrée sur le terrain ? L’intégrité dans la gestion publique et la performance dans les entreprises d’État ? Ou bien est-ce la proximité politique, les alliances internes ou la reproduction d’équilibres historiques figés ?

Comme le souligne Dr. Emmanuel Mbemba, analyste politique reconnu : « Un gouvernement qui ignore l’évaluation de ses acteurs reproduit l’inefficacité et fragilise l’autorité de l’État. Maintenir des responsables par habitude ou favoritisme est un luxe que le Congo ne peut plus se permettre. »

Ces questions ne sont pas une critique partisane. Elles relèvent du principe fondamental de toute gouvernance moderne : tout gestionnaire public, qu’il soit ministre, mandataire d’entreprise publique ou haut fonctionnaire, doit rendre compte de ses actions. Quels indicateurs de performance justifient le maintien de ces responsables ? Quels résultats concrets démontrent que leur présence a réellement amélioré la vie des citoyens ou la performance des institutions et entreprises publiques ?

Le coût de la continuité inefficace

La reconduction automatique repose souvent sur des calculs politiques, des compromis de coalition ou la volonté de maintenir des équilibres au sein du pouvoir. Ce modèle peut temporairement stabiliser certaines alliances, mais il freine la modernisation de l’État et la performance des institutions.

Chaque reconduction sans évaluation représente une occasion manquée de renforcer l’efficacité administrative et opérationnelle, de rétablir la confiance des citoyens et de stimuler l’innovation. Elle alimente un sentiment d’injustice et crée des frustrations parmi les cadres compétents, souvent en marge des cercles de décision.

Le pays ne peut plus se permettre que les grands projets d’infrastructures, la réforme du secteur public, la gestion des entreprises stratégiques ou la sécurité nationale soient confiés à des responsables choisis par habitude ou appartenance politique. La RDC a besoin d’un gouvernement d’action, capable de produire des résultats mesurables dans tous les secteurs clés de l’État.

La diaspora congolaise : un capital stratégique sous-exploité

La diaspora représente un réservoir de compétences qui pourrait transformer l’État. Des milliers de Congolais ont acquis une expertise de haut niveau dans les finances publiques, la gouvernance digitale, la diplomatie, la sécurité, la gestion de crise, les infrastructures et le développement économique.

Pourtant, ces compétences restent marginalisées. Non par défaut de patriotisme, mais parce que le système continue de privilégier la proximité et la loyauté à la compétence. Ignorer ces talents équivaut à priver la nation d’un atout stratégique dans sa quête de modernisation et de souveraineté.

Jean Aimé Mbiya Bondo Shabanza : un profil stratégique disponible

Parmi ces cadres, Jean Aimé Mbiya Bondo Shabanza, Vice-Président fédéral de l’UDPS aux États-Unis, illustre parfaitement le type de profil que la RDC doit mobiliser : Au Ministère du Budget, il a participé à la rationalisation de la masse salariale et à la mise en place de mécanismes de contrôle financier pour réduire les fuites et la corruption ; Dans le système de transport public américain, il a acquis des compétences en performance institutionnelle, transparence administrative, discipline opérationnelle et gestion budgétaire moderne ; À la tête de l’organisation humanitaire IARS, il a piloté des programmes de résilience sociale, d’assistance alimentaire, de santé publique et de renforcement communautaire.

Cette combinaison d’expérience nationale et internationale lui confère une vision stratégique unique et une capacité à mettre en œuvre des standards modernes de gestion, tant pour l’administration publique que pour les entreprises stratégiques.

Mme Alice Mwamba, spécialiste en gouvernance, résume : « Les talents comme Mbiya ne sont pas des options, ils sont des impératifs si la RDC veut transformer ses promesses en résultats concrets. »

Évaluer pour réformer : un impératif pour l’État

Un remaniement véritable ne peut être un simple exercice cosmétique. Il doit s’appuyer sur quatre piliers : La compétence avant l’allégeance : chaque responsable, qu’il soit ministre, mandataire public ou dirigeant d’entreprise publique, doit être choisi pour ses capacités opérationnelles ; Le bilan avant la reconduction : la performance passée doit être évaluée sur des critères objectifs et transparents ; La responsabilité avant la récompense : servir l’État n’est pas un privilège, mais un engagement citoyen ; Le service avant la carrière : l’intérêt national doit primer sur l’ambition personnelle ou la pression des clans.

Chaque membre du gouvernement, mandataire ou haut fonctionnaire devrait être soumis à une évaluation rigoureuse avec des indicateurs clairs, des objectifs mesurables et des bilans révisables à mi-mandat. Une telle discipline est la seule garantie que les institutions et entreprises publiques produisent des résultats tangibles pour les citoyens.

Le moment de la rupture

La RDC a besoin d’un remaniement courageux, capable de rompre avec la continuité inefficace et d’endiguer le favoritisme. La reconduction de responsables sans bilan réel fragilise l’autorité de l’État, retarde la mise en œuvre des réformes et affaiblit la confiance citoyenne.

Le Président Félix Antoine Tshisekedi a aujourd’hui l’opportunité de démontrer un leadership audacieux en mettant au centre de la gouvernance la compétence et le mérite. Il s’agit non seulement d’un acte politique, mais d’un impératif stratégique pour la sécurité, le développement économique et la cohésion sociale du pays.

Conclusion : le courage d’État, maintenant

Le Congo ne manque pas de talents. Il souffre de choix inadéquats. Il est temps de privilégier : Les bâtisseurs plutôt que les figurants ; L’efficacité plutôt que l’habitude; La nation plutôt que les clans.

L’heure n’est plus à la patience. Elle est au courage d’État. Pour la RDC, ce courage commence par un gouvernement capable, responsable et déterminé à transformer les promesses en résultats concrets. Cela implique d’ouvrir les portes à des cadres compétents, qu’ils soient ministres, mandataires publics, hauts fonctionnaires ou dirigeants d’entreprises stratégiques, pour que le pays relève enfin les défis qui l’assaillent depuis trop longtemps.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *