Sud-Kivu : Intenses combats autour du site aurifère de Karembo

0

La lutte pour le contrôle du site aurifère de Karembo, en territoire de Walungu, prend une tournure explosive. Les combats entre Wazalendo et M23/AFC isolent Rubimbi, provoquent une crise humanitaire fulgurante et dévoilent une nouvelle fois l’enjeu stratégique des mines dans la guerre à l’Est.

 

Depuis deux jours, les échos des tirs lourds qui résonnent autour de Karembo illustrent un Sud-Kivu au bord du basculement. La zone minière, convoitée pour ses gisements d’or, est devenue un champ de bataille où s’affrontent sans relâche Wazalendo et les rebelles M23/AFC. « On entend des explosions presque toutes les heures », rapporte Jean-Marie, un habitant joint à Rubimbi.

 

La fuite désordonnée des exploitants chinois, surpris par l’intensité des bombardements, a profondément marqué la population locale. Leur départ symbolise la gravité du contexte. « Quand même les étrangers quittent tout, c’est que la situation est vraiment grave », s’inquiète André, opérateur économique basé à Walungu. Dans les campements miniers, les outils jonchent encore le sol, abandonnés dans la panique.

 

Sur les collines, les déplacements massifs s’intensifient. Femmes, enfants et vieillards tentent de rejoindre des zones plus sûres, parfois au prix de traversées longues et dangereuses. « Nous avons marché toute la nuit. Les bombes tombaient derrière nous », raconte Débora, déplacée de Karembo. Les villages se vident, les cases restent ouvertes, preuve d’une fuite brutale.

 

Les acteurs humanitaires tirent déjà la sonnette d’alarme. Accès interrompu, routes coupées, blessés sans prise en charge : la situation devient critique. « Nous n’arrivons plus à atteindre certaines localités à cause des combats », explique un agent d’une organisation médicale locale. Les centres de santé de Rubimbi sont dépassés, certains fonctionnent désormais sans médicaments essentiels.

 

Au-delà de l’urgence immédiate, c’est l’enjeu minier qui attise les tensions. Le contrôle de Karembo représenterait un gain économique majeur pour n’importe quel groupe armé dans la région. « La guerre ici n’est pas seulement militaire. Elle est aussi financière », analyse un expert en gouvernance minière basé à Bukavu. Les populations locales sont prises en otage dans cette bataille d’intérêts.

 

Pour Rubimbi et Walungu, l’avenir reste suspendu aux décisions militaires et politiques des prochaines heures. Tant que les armes ne se taisent pas, la région court le risque d’une catastrophe encore plus grave, laissant les habitants dans une peur qui semble ne jamais s’éteindre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *