Sud-Kivu : Plusieurs voyageurs tombent dans une embuscade à Mwenga

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Une embuscade meurtrière tendue par des hommes armés en uniforme non identifiés, dimanche 23 novembre 2025, a transformé la route agricole Masenge-Butezi en piège mortel. Dépouillés, terrorisés, les voyageurs racontent l’assaut fulgurant qui a ravivé la peur dans tout le groupement Bashimwenda Mayu dans le territoiredeMwenga au Sud-Kivu.

 

La scène s’est déroulée en quelques minutes à peine, au cœur du village de Makalapongo. Des hommes lourdement armés, vêtus d’uniformes militaires sans insigne, ont surgi de la brousse avant de bloquer la route. « On n’a rien vu venir… ils ont levé leurs armes immédiatement », témoigne un motocycliste encore tremblant. Pris au piège, les voyageurs ont été forcés de descendre, les mains en l’air, pendant que les assaillants prenaient possession du terrain. Une habitante rencontrée sur place confie : « Ils nous observaient comme si nos vies ne valaient rien. »

 

Selon plusieurs sources locales concordantes, les bandits ont méthodiquement fouillé chaque victime, arrachant téléphones, argent liquide, minerais et tout bien pouvant avoir de la valeur. « Ils m’ont même pris mon sac de farine… rien ne les arrêtait », raconte un cultivateur dépouillé. Un autre voyageur affirme que les assaillants semblaient particulièrement intéressés par les sacs en provenance des mines : « Ils ouvraient tout, comme s’ils savaient ce qu’ils cherchaient. » Les victimes décrivent un groupe discipliné, organisé, et manifestement habitué à ce type d’opérations.

 

Pour semer la terreur, les malfrats ont tiré plusieurs coups de feu en l’air, brisant le silence de la forêt. Les voyageurs, terrifiés, n’ont eu d’autre choix que de se recroqueviller au sol pendant que les assaillants disparaissaient dans la nature. « Les détonations étaient si proches que j’ai cru que c’était la fin », confie une mère de famille, encore sous le choc. Même après leur fuite, le village est resté paralysé, plongé dans une tension palpable. « Personne n’osait bouger, on attendait juste que la route redevienne sûre », ajoute un jeune de Makalapongo.

 

Face à cette montée vertigineuse de l’insécurité, les habitants de Butezi, Kasese, Mwenga, Lukatu, Kimali et Kankanga demandent des mesures immédiates. « Nous vivons terrorisés chaque jour », lance un chef local, réclamant des patrouilles régulières et un renforcement de la présence sécuritaire sur cet axe vital reliant plusieurs sites miniers du groupement Bashimwenda Mayu. Pour une étudiante rencontrée à Butezi, l’appel est clair : « Si l’État ne reprend pas le contrôle, nous allons continuer à compter les victimes. » Dans l’attente, cette route stratégique, poumon économique de la région, demeure un corridor de peur.

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