Bukavu : Détresse et colère chez les survivants de l’incendie de Bagira et Kadutu

0

À Bagira et Kadutu, les victimes de l’incendie du 26 août vivent dans un chaos humain indescriptible. Sans soutien, exposées à la pluie, à la faim et aux maladies, près de 1 800 familles crient leur souffrance tandis que les appels à l’aide restent sans réponse.

Plus de deux mois se sont écoulés, mais les sinistrés de Bankoko-Funu et Burembe-Nyamulagira semblent coincés dans un cauchemar sans fin. Les cendres de leurs maisons détruites le 26 août 2025 sont encore visibles, rappel cruel d’une nuit où tout a basculé. « Nous avons perdu notre toit, nos biens, et maintenant nous perdons notre santé », explique Furaha, mère de quatre enfants. Les familles regroupées dans ces quartiers vivent dans une fragilité insoutenable.

La plupart ont trouvé refuge sous des abris improvisés faits de vieux plastiques et de tôles abîmées. D’autres dorment à l’air libre, exposés au vent glacial et aux pluies de la saison. Mumbere, un père de famille, montre son emplacement : « Voici notre lit. Une seule natte pour six personnes. Quand il pleut, nous restons debout jusqu’au matin. » La pluie qui s’abat sur Bukavu ne leur laisse aucun répit, aggravant chaque jour la détresse.

À Cimpunda, le chef de quartier Luc Ilunga Mbiji multiplie les démarches pour alerter les humanitaires. « Nous avons écrit, appelé, insisté… jusqu’à présent aucune organisation n’est venue. Les habitants ne peuvent plus attendre », déplore-t-il avec amertume. Ses paroles résonnent comme un aveu d’impuissance et un cri adressé à un système humanitaire débordé ou indifférent.

Les conséquences sanitaires deviennent alarmantes. Enfants fiévreux, toux persistantes, diarrhées aiguës, malnutrition naissante : le tableau est sombre. « Depuis une semaine, mon fils n’a rien mangé de solide. Il maigrit à vue d’œil », confie Anuarite, les yeux rouges de fatigue. Sans soins médicaux, sans eau potable, sans nourriture suffisante, les risques d’épidémies augmentent dangereusement dans ces zones déjà vulnérables.

La population locale, témoin de la souffrance permanente, ne cache plus sa colère. « On ne peut pas laisser ces familles moisir dans la misère. Où sont les autorités ? Où sont les ONG ? » s’interroge Samuel, commerçant de Kadutu. Beaucoup dénoncent une catastrophe humanitaire oubliée, reléguée au second plan malgré son ampleur. Le manque de réaction alimente un profond sentiment d’injustice.

Face à cette crise prolongée, les sinistrés continuent de se battre pour survivre. « Nous voulons juste un endroit où dormir et de quoi nourrir nos enfants », murmure Déborah, tenant son nourrisson amaigri contre elle. À Bagira comme à Kadutu, la vie s’est figée dans une attente douloureuse. Tant que l’aide ne viendra pas, chaque jour sera une lutte contre la faim, le froid et l’oubli.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *