Après la « Trêve des confiseurs », sommes-nous capables d’une année 2026 qui soit celle du « Ressaisissement national ? »
De la « Trêve des confiseurs », Wikipédia dit ceci : _ »L’expression est apparue en France vers 1875, à l’occasion des vifs débats, à la Chambre, entre monarchistes, bonapartistes et républicains, sur la future constitution de la Troisième République. En décembre 1874, ‘ d’un commun accord, tous les groupes de la Chambre jugèrent que l’époque du renouvellement de l’année était peu propice à des débats passionnés. À cette occasion la presse satirique imagine le mot de « trêve des confiseurs »[1] (Jules Lermina, Fondation de la République française, 1882)…Aux approches de Noël, par une sorte d’accord entre les parlementaires, on ne soulève pas de questions irritantes, qui, troublant l’esprit public, nuiraient aux affaires. Et même, afin de mieux vivre en paix, on se sépare, on se donne des vacances. Donc, point d’aigres propos et pendant cette accalmie, les marchands de sucreries, de gâteaux, de friandises, font, tout doucement, leur petit commerce. Les confiseurs jubilent, profitant de la suspension des hostilités à la Chambre, et cette tranquillité dont ils bénéficient s’est appelée la trêve des confiseurs_».
C’est à ce niveau que le leadership se mesure
Transposée ou transplantée en RDC, cette trêve s’avère indispensable pour une raison simple : depuis la relance de la guerre par le M23 via le Rwanda en 2022, l’année 2025 aura été la plus éprouvante pour les compatriotes de l’Est, particulièrement du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri, provinces frontalières avec le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda. Nous pouvons ajouter le Tanganyika frontalier au Burundi, bousculé par les derniers événements survenus à Uvira.
Bref, il y a eu davantage de morts, de blessés, de déplacés de guerre, d’exilés et de « pillés » par rapport aux années 2024, 2023 et 2022.
Ayons alors le courage et l’honnêteté de l’admettre : même si l’insécurité est présentée à l’international comme frappant les *Grands Lacs*, la vérité et la réalité font qu’au Burundi, au Rwanda et en Ouganda, il y a eu zéro mort, zéro blessé, zéro déplacé de guerre, zéro exilé, zéro « pillé » à cause du même conflit.
C’est seulement et uniquement au Congo voisin qu’il y a des victimes.
C’est à ce niveau que le leadership se mesure pour s’assumer.
Faut-il encore, et encore, et encore d’autres victimes pour satisfaire notre ego ?
Quelqu’un, dans ce pays, s’est-il fixé son *quota* de morts, de blessés, de déplacés de guerre, d’exilés et de « pillés » avant de dire : * »ok, on peut maintenant négocier ? »*
Il n’y pas d’autres voies pour arrêter la guerre
C’est vrai que lorsqu’on est à 2 mille kilomètres du lieu des drames et qu’on a déjà son sapin de Noël au coin de son salon, sa cave de vins (donf le Champagne) et son foie gras disponible, son carton de cigare cubain à portée de la mzin ; c’est vrai que lorsqu’on est bien calé dans son sofa face à un écran géant smart et on sait son porte-monnaie « gonflé » de dollars, on a une autre perception de la guerre.
C’est à l’image de ces Kinois, en pleine beuverie dans une boîte de nuit, en train de se moquer des Kivutiens en leur disant qu’ils n’ont qu’à mourir ! Après tout, ils sont à la base de leurs propres malheurs.
Mais, à un moment donné, on a besoin d’une « trêve de confiseurs » pour se demander s’il n’y a pas d’autres voies pour ramener la paix à l’Est que par la guerre ! Cette guerre qui réduit la démographie, banalise le sang, déshumanise la femme et déscolarise la jeunesse du Kivu et de l’Ituri. En un mot, cette guerre qui fait reculer le Kivu et l’Ituri dans l’indice national du développement.
2026, année du ressaisissement national
Pourtant, cette énième agression couvrant une énième rébellion ne se justifie pas et ne se justifiera jamais dès lors qu’on était parti du bon pied dans la solution négociée d’abord avec le M23 en 2019, ensuite avec le Rwanda en 2021.
Juste un exemple : l’accord tripartite *RDC-RWANDA-USA* du 4 décembre 2025 (nous) ramène en réalité aux Accords de Goma de 2021 *RDC-RWANDA* !
Ou encore le processus de Doha nous ramène au Processus de Kinshasa en référence au séjour de la délégation du M23 en 2019 à Kinshasa !
Moi, Félix Tshisekedi, je tiendrais pour *responsables de tous ces ratés* ceux qui m’auront conseillé le rejet de ces solutions, bien que j’en assume les conséquences en tant que Chef de l’État !
En cette année nouvelle 2026, je sortirais des chantiers battus pour imprimer ma première exprimée par l’engagement pris dans mon discours d’investiture du 24 janvier 2019.
Voici ce que j’avais, pardon ce que Félix Tshisekedi avait déclaré à cette occasion :_«Nous ferons de la réconciliation nationale l’une de nos priorités. Nous sommes convaincus de l’urgence de mettre en place rapidement une véritable procédure d’écoute et de dialogue dans l’ensemble du pays en prélude à un Forum de réconciliation qui réunira toutes nos forces vives_».
Et voici ce qu’il avait renchéri dans son message de Nouvel An 2020 :_ »Notre pays célèbrera cette année 2020 ses 60 ans d’indépendance. L’occasion me semble bien appropriée pour nous interroger, revisiter le chemin parcouru et envisager des perspectives meilleures. Au regard de l’état des lieux actuel, il me paraît urgent de nous remettre en question sur le modèle de la Nation que nous voulons construire. Nos Pères de l’indépendance ont toujours rêvé de construire une puissance économique au cœur de l’Afrique assise sur des valeurs d’amour, de tolérance et de partage. J’invite chacun de nous à réfléchir et à apporter sa réponse dans la concrétisation de ce rêve. C’est ainsi que j’ai décrété 2020, l’année de l’action ! »._
À deux reprises, le Chef de l’Etat s’était effectivement engagé pour le *Dialogue national*.
Que s’était-il passé pour s’en éloigner ?
Au regard de tout le gâchis enregistré, nous ne pouvons que le souhaiter : après la ‘Trêve des confiseurs’ observée pour la dernière nuit de l’année 2025 et la première nuit de l’année 2026, il est temps de laisser la place maintenant à une *année 2026 qui soit celle du Ressaisissement national !*.
Omer Nsongo die Lema



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