Sud-Kivu : Trafic paralysé entre Bukavu et Uvira

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Le Sud-Kivu se retrouve une fois de plus dans l’angoisse. Le trafic routier entre Bukavu et Uvira, via Kamanyola et la plaine de la Ruzizi, est suspendu ce dimanche 18 janvier 2026. Les voyageurs témoignent de scènes de pillage et de peur sur un axe devenu impitoyable. Entre inquiétude et colère, la population appelle à une réponse immédiate des autorités.

La route entre Bukavu et Uvira, artère vitale du Sud-Kivu, s’est transformée en cauchemar pour les automobilistes. Ce dimanche, les rares bus qui ont osé emprunter le tronçon ont été systématiquement attaqués par des coupeurs de route, qui multiplient leurs exactions avec une audace inquiétante. Les habitants de Kamanyola et des villages voisins observent cette situation avec un mélange de peur et d’impuissance. “Chaque voyage est désormais un risque de vie. Même nos bus officiels ne sont plus protégés”, confie Diop Lwaboshi, responsable d’une agence de voyage à Bukavu.

Le témoignage de Mwana Nsimba, passagère bloquée depuis Bukavu, est glaçant. “Nous avons été arrêtés par des hommes armés. Ils ont pris tout ce que nous avions : argent, téléphones, même nos sacs de nourriture. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie.” La scène, rapportée par plusieurs passagers, se répète désormais trop souvent pour être ignorée. Le sentiment d’insécurité est palpable, et chaque habitant qui s’aventure sur la route tremble à l’idée de rencontrer ces assaillants.

Les commerçants, eux, subissent de plein fouet cette paralysie. “Nos livraisons sont retardées, nos clients paniquent. Nous perdons des milliers de dollars chaque semaine”, explique Jean-Baptiste Kabuya, revendeur de produits alimentaires à Uvira. La suspension du trafic n’affecte pas seulement les voyageurs, elle paralyse l’économie locale et nourrit un climat d’angoisse qui s’étend bien au-delà des zones directement touchées.

Face à cette situation, les réactions sont vives. “C’est inacceptable que ces bandits continuent à sévir sur une route nationale. Nous demandons une intervention immédiate de l’État”, tonne un membre de l’association des chauffeurs de Bukavu. Les réseaux sociaux s’enflamment également : RuziziInsecure devient viral, illustrant la colère et la frustration des populations.

Les forces de sécurité, contactées pour des explications, assurent travailler à renforcer les patrouilles, mais le terrain reste difficile. “Nous avons intensifié nos rondes, mais la topographie et les embuscades rendent notre tâche compliquée”, explique un officier sous couvert d’anonymat. Cette réponse partielle ne suffit pas à rassurer les habitants, qui redoutent de nouvelles attaques à tout moment.

Malgré la peur, certains voyageurs tentent de garder espoir. “Nous voulons continuer à vivre et à travailler. Mais tant que personne ne protège cette route, nous resterons cloîtrés”, confie Marie-Kabundi, commerçante entre Bukavu et Uvira. La plaine de la Ruzizi, jadis symbole de vitalité économique, est aujourd’hui l’épicentre d’une inquiétude collective. Entre tension et indignation, la population attend des mesures concrètes pour que la vie puisse reprendre normalement sur cet axe stratégique.

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