Comprendre la déclaration de l’ambassadeur rwandais : lecture politico-juridique de Julien Paluku 

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Depuis le 22 janvier 2026,le Rwanda, par le canal de son Ambassadeur à Washington, a rompu le silence depuis plus de 30 ans en déclarant ceci:

« (…) C’est pourquoi le Rwanda collabore avec l’AFC/M23 en matière de sécurité. Je le précise afin d’instaurer un climat de confiance fondé sur la transparence(…) Le Rwanda et l’AFC/M23 partagent un intérêt commun :la protection des Tutsis en RDC contre les FDLR… » (Ambass Mathilde Mukantabana).

1. Cette déclaration renforce les derniers rapports du Groupe d’experts des Nations Unies(2024-2025) en ce qu’ils apportent les preuves irréfutables de l’implication du Rwanda en RDC: imagerie par drones et satellites, photographie de matériel, missiles sol-air, radars de défense aérienne, bataillons entiers RDF avec effectifs supérieurs à ceux du M23,chaîne d’approvisionnement en munitions, carburant…

Pourquoi un tel aveu maintenant ?

Ce passage du déni à l’aveu s’explique par:

2. L’impossibilité du déni face aux preuves accablantes;

3. Le changement de doctrine: passer d’agresseur caché à celui d’acteur sécuritaire assumé;

4. La pression internationale des #USA et de l’#UE. Un aveu peut être une monnaie d’échange pour négocier une sortie de crise et éviter des sanctions économiques plus lourdes.

Les conséquences juridiques 

5. Le conflit bascule en conflit international. En droit international, un conflit est dit international lorsqu’il y a intervention directe d’un État tiers aux côtés d’une rébellion.

6. Si un État tiers aide le Gouvernement à sa demande(cas de l’Ouganda),le conflit reste considéré comme un Conflit Armé Non International.

7. Pour le cas du RWANDA, l’Arrêt TADIC de la jurisprudence internationale avait déjà établi que, même sans soldats en uniforme, le soutien logistique, le financement et la direction stratégique suffisent à attribuer les actes du groupe armé(M23 avec ses massacres, pillages) à l’État protecteur (Rwanda). Cet aveu clôt donc le débat sur la responsabilité juridique de Kigali.

8. En conséquence, cela ouvre la voie à une action devant la Cour Internationale de Justice, visant à obtenir des réparations financières colossales(sur le modèle de l’Arrêt contre l’Ouganda sommé à payer initialement 11 milliards USD revus).

Les conséquences sur Kigali

9. Perte de la crédibilité internationale. Ce tournant pourrait entraîner la révocation des troupes rwandaises des missions de maintien de la paix de l’ONU. C’est l’effondrement du « bouclier moral » et du « capital de culpabilité internationale » lié au génocide de 1994, que le Rwanda a utilisé comme rente diplomatique pendant 32 ans.

Le piège et la logique de balkanisation

10. En évoquant la protection des Tutsis, KAGAME veut introduire la division et la haine en RDC comme au Rwanda où coexistent deux ethnies.

Pour lui, les Tutsis Congolais doivent être perçus comme une ethnie et tous les autres congolais comme une autre. C’est la logique de quotas qu’il veut ramener en RDC comme chez lui où à un moment, le pouvoir était reparti entre 40% des Tutsis et 60% de Hutu. Allez à Kigali c’est inversement proportionnel: la catastrophe.

C’est ça la ruse et le piège de la fameuse formule 1+4(comprenne qui pourra)

11. Aussi, de 1998 à 2003, puis de 2021 à 2026, le Rwanda et ses alliés (RCD,CNDP,M23) ont occupé l’Est du Congo pendant plus de 10 ans. Si l’objectif était réellement l’élimination des FDLR, cette menace n’existerait plus depuis longtemps.

12. La communauté internationale doit enfin admettre qu’il s’agit d’une guerre visant la balkanisation. ET ÇA NE PASSERA PAS.

Combien d’aveux, de rapports et de morts faudra-t-il encore pour comprendre?

Enfin, Merci au Président F.A TSHISEKEDI pour avoir aidé à créer l’agitation chez le voisin et à sortir le ver du nez.

La question demeure: Que deviennent ces congolais qui se sont greffés sur une guerre dont ils ignorent tout?

L’histoire ne pardonne pas.

Bon dimanche.

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