Kabare : Kamakombe et Buhandanda, des villages pris en étau par l’insécurité
Dans le groupement de Bughore, en territoire de Kabare au Sud-Kivu, la peur s’installe durablement. Les villages de Kamakombe et Buhandanda vivent au rythme des nuits sans sommeil et des regards inquiets. Il y a 48 heures, des hommes armés ont semé la terreur à Buhandanda, rappelant brutalement aux habitants que la sécurité reste fragile dans cette partie de la province.
Selon des sources locales, l’attaque s’est produite à la tombée de la nuit. Des individus armés ont fait irruption dans plusieurs habitations, opérant méthodiquement. Téléphones portables, argent, biens de valeur : rien n’a été épargné. Les assaillants ont agi rapidement, laissant derrière eux des familles traumatisées et démunies.
Pour les habitants, cet énième incident ravive des blessures jamais refermées. « On vit dans la peur permanente. Chaque bruit nous fait sursauter », confie une habitante de Buhandanda, qui a requis l’anonymat par crainte de représailles. Sa voix tremble lorsqu’elle raconte cette nuit d’angoisse où la vie a basculé en quelques minutes.
« Ils sont entrés sans pitié. On ne pensait qu’à sauver nos vies », témoigne-t-elle, encore sous le choc. Comme beaucoup d’autres, elle a vu disparaître le peu qu’elle possédait. « Tout ce que j’avais pour communiquer avec mes proches et subvenir à mes besoins a été emporté », ajoute-t-elle, les larmes contenues.
À Kamakombe comme à Buhandanda, l’insécurité grandissante étouffe la vie quotidienne. Les activités économiques tournent au ralenti, les déplacements se font avec prudence et la confiance s’effrite. Les habitants craignent que ces attaques ne deviennent répétitives si rien n’est fait pour renforcer la sécurité dans la zone.
Face à cette situation, la population lance un appel pressant aux autorités locales et provinciales. Elle réclame une présence sécuritaire effective et durable afin de mettre fin à ces incursions armées. « Nous voulons juste vivre en paix sur nos terres », implore l’habitante. Un cri du cœur qui résonne aujourd’hui dans tout le groupement de Bughore, où l’espoir d’un retour à la tranquillité reste suspendu aux actions concrètes de l’État.
