L’Accord-cadre d’Addis-Abeba : 13 ans après, un bilan entre asymétrie et désillusions (Julien Paluku)

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Le 24 février 2013 était signé à Addis-Abeba l’ ’’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République Démocratique du Congo et la région ».

Treize ans plus tard, quel bilan tirer alors que la paix se fait toujours attendre ?

À la lecture rétrospective de ce document, il apparaît une fois de plus qu’il traduisait une certaine hypocrisie de la communauté internationale et de la Région des Grands Lacs. En effet, l’essentiel des contraintes pesait sur la seule RDC.

Le Rwanda, pourtant acteur majeur du conflit, n’était visé par aucune obligation expresse et nominative.

On perçoit dans cet Accord une ingérence institutionnelle

L’une des obligations imposées à la RDC consistait à « effectuer des progrès en ce qui concerne la décentralisation ». En tant qu’analyste, on peut s’interroger sur la pertinence de cette clause dans un accord de paix : quel est le rapport direct entre l’organisation administrative interne du pays et le déclenchement des hostilités ? La décentralisation n’a jamais été la cause profonde de cette guerre.

Le flou des engagements régionaux

L’accord mentionne des engagements pour la « Région » de manière globale, évitant soigneusement de nommer le Rwanda. Il y est stipulé que la Région s’engage à :

« Ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés. »

Malheureusement, les faits sur le terrain depuis 2013 contredisent cette intention. L’appui continu du Rwanda au M23, tant en hommes qu’en matériel, est largement documenté.

Un avertissement à nous tous acteurs

En tant que chercheur sur les conflits dans la région des Grands Lacs, j’attire l’attention des acteurs politiques congolais sur la nécessité d’une lecture rigoureuse des textes avant toute signature. La plupart des accords de paix imposés ou signés en RDC s’apparentent à des « accords-pièges ».

Une relecture attentive de ce document, disponible en ligne, permet de réaliser l’ampleur du fossé entre les promesses de papier et la réalité sécuritaire.

On ne doit pas être victime de son passé mais artisan de son futur.

Le passé est une leçon et non une prison.

Enfin, se libérer du passé ne signifie pas l’oublier, mais l’intégrer comme une expérience pour mieux bâtir le présent et se projeter dans le futur.

Les débats restent ouverts.

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