Situation sécuritaire en RDC : un conseiller communal écrit à Corneille Nangaa
Dans une lettre avec comme objet : le respect des engagements et la souveraineté nationale, adressée au Coordonnateur de l’Alliance fleuve Congo AFC, le conseiller communal José Pascal Diyoka, élu de la commune de Lemba qui se dit être profondément préoccupé par la situation sécuritaire dramatique qui se vit dans la partie orientale du pays, fustige le viol du cessez-le-feu constaté dans toutes les lignes des fronts par la coalition M23 AFC.
A travers sa correspondance, l’élu de la commune de Lemba appelle le numéro 1 de la coalition M23 AFC de tout arrêter et de mettre au-devant de tout l’intérêt supérieur de la nation.
« Il est encore temps de respecter les engagements pris, de faire cesser les violences et de replacer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute ambition personnelle ou calcul politique. La paix véritable ne se négocie pas sous la menace ; elle se construit dans la loyauté, la souveraineté et le respect du peuple. Pour la dignité et l’unité du Congo », dit-il.
Dans sa lettre, José Pascal Diyoka rappelle à Corneille Nangaa qu’un accord a été signé à Washington concernant le cessez-le-feu, et qu’il y a eu de l’observer à la lettre pour éviter encore les morts.
« Un accord a été conclu à Washington. Cet engagement, pris devant des partenaires internationaux, devait ouvrir la voie à une désescalade et à une recherche sincère de stabilité. Or, les faits sur le terrain démontrent une volonté manifeste de ne pas respecter cet accord.
Ni le M23, ni vos alliés politiques rwandais, y compris la plateforme dite, ne semblent disposés à honorer les engagements pris. Le peuple congolais constate avec amertume que pendant que des signatures sont apposées à l’étranger, les armes continuent de parler sur notre sol ».
Poursuivant sa correspondance, le conseiller communal appelle Corneille Nangaa de se mettre du côté de la RDC et de ne pas servir les intérêts du Rwanda qui agresse aujourd’hui la RDC.
«Il est inacceptable que des engagements internationaux soient traités comme de simples instruments tactiques. Le respect de la parole donnée n’est pas une option stratégique : c’est une exigence morale et politique. Par ailleurs, il serait incohérent de réclamer aujourd’hui un dialogue national tout en ayant choisi de s’aligner ouvertement avec des intérêts extérieurs, notamment ceux du Rwanda. On ne peut prétendre parler au nom du Congo tout en s’inscrivant dans une dynamique qui fragilise sa souveraineté et son intégrité territoriale ».
Concernant le dialogue réclamé en toute urgence par la coalition M23 AFC : José Pascal Diyoka souligne que le dialogue national est un instrument noble lorsqu’il vise à consolider l’unité. Il perd toute légitimité lorsqu’il devient un levier pour imposer, par la pression militaire, des revendications politiques.
Pour lui le peuple congolais n’est pas dupe. Il observe, il souffre, et il jugera. L’histoire retiendra qui aura choisi la voie de la responsabilité et qui aura contribué à prolonger les divisions et les drames.
Osk
