Le commerce mondial retient son souffle : Vers un séisme économique si le détroit d’Ormuz est fermé « Julien Paluku »
1. Lorsque les USA et l’Israël parlent de plusieurs semaines de guerre au Moyen Orient, cela n’est pas sans conséquences sur le commerce international.
2. En effet, le détroit d’Ormuz est souvent qualifié de « poumon de l’économie mondiale ».
Avec les tensions entre l’Iran et les USA, une fermeture de ce verrou stratégique ne serait pas seulement un incident régional, mais un séisme systémique.
L’importance stratégique : Un verrou sans alternative
3. Le détroit d’Ormuz est le point de passage maritime le plus important au monde pour le commerce de l’énergie. Environ 20 à 25 % de la consommation mondiale de pétrole (soit plus de 20 millions de barils par jour) et un tiers du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) mondial transitent par là.
4. Il est l’unique voie de sortie pour les exportations massives de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, des Émirats Arabes Unis, du Koweït et du Qatar.
Plus de 75 % du pétrole transitant par le détroit est destiné aux marchés asiatiques (Chine, Japon, Inde, Corée du Sud), faisant d’Ormuz le cordon ombilical des usines du monde.
Les risques majeurs au niveau du commerce mondial
5. En cas de blocage total, le baril de Brent pourrait franchir la barre des 100 $ en quelques jours. Cela entraînerait une hausse brutale des prix et des coûts de transport, alimentant une inflation mondiale difficile à contenir pour les Banques Centrales.
6. Par ailleurs, même sans fermeture totale, le simple risque d’attaques de missiles&drones fait exploser les primes d’assurance maritime. Certains armateurs pourraient refuser de naviguer dans la zone, réduisant de fait l’offre de transport disponible.
Les scénarios de contournement :
7. Il n’existe actuellement aucune alternative capable d’absorber la totalité du flux d’Ormuz. L’Arabie Saoudite et les Émirats disposent de pipelines vers la Mer Rouge ou le golfe d’Oman, mais leur capacité ne couvre que 15 à 20 % du trafic habituel du détroit.
8. Les USA et l’Europe peuvent puiser dans leurs réserves mais cela ne constitue qu’un remède à court terme.
9. En résumé, si l’Iran utilisait Ormuz comme arme de guerre, cela reviendrait à un « arrêt cardiaque » pour l’économie planétaire.
C’est précisément pour cette raison que les USA et leurs alliés considèrent la libre circulation dans le détroit comme une ligne rouge absolue.
Impact sur la Rdc et perspectives
10. Bien que la RDC soit géographiquement éloignée du golfe Persique, son économie est hyper-dépendante des flux mondiaux. Une fermeture du détroit d’Ormuz provoquerait une onde de choc qui se traduirait par:
●L’explosion du coût de la vie (Inflation importée)
●L’impact sur le secteur minier qui consomme d’énormes quantités de carburant pour faire tourner les engins.
11. Sur le plan STRUCTUREL, si la RDC ne peut pas empêcher la fermeture d’Ormuz, elle peut réduire sa vulnérabilité en transformant son pétrole sur place par la relance de la SOCIR(Société Congolaise des Industries de Raffinage), en produisant sa propre nourriture(parcs agro-industriels) et en utilisant son immense potentiel hydroélectrique(Inga).
Sur plan conjoncturel (urgence):
●Constitution et gestion de réserves stratégiques en augmentant les capacités de stockage de la SEP Congo (Services des Entreprises Pétrolières) et de la SONAHYDROC.
●Création des réserves stratégiques de denrées de base (maïs, riz) pour stabiliser les prix sur le marché intérieur lorsque les coûts d’importation s’envolent.
12. En conclusion, pour faire face à ces genres des chocs exogènes qui sont inévitables, la RDC a fait le choix de la diversification économique et de voies d’approvisionnement.
Si le détroit d’Ormuz est bloqué, le trafic mondial se déplacera massivement vers l’Atlantique d’où l’importance stratégique du PORT EN EAU PROFONDE DE BANANA ET DU CORRIDOR DE LOBITO.
La planification permet d’anticiper.
