Conférence à l’Université Islamique du Congo: La paix et la justice internationale : Cas de la Palestine  (Par Crispin KABASELE TSHIMANGA BABANYA KABUDI Président National de l’UDS, Coordonnateur National de l’Internationale Antifasciste RD Congo)

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Cette conférence consacrée à la Palestine tombe à point nommé. En effet, ce vendredi 13 Mars 2026 marque la célébration de la Journée Internationale d’Al-Quds, donc dédiée à la ville de Jérusalem, comme l’avait décidé l’Ayatollah RUHOLLAH KOMEINI pour soutenir la cause palestinienne et s’opposer à l’occupation israélienne.

La présence de l’Union des Démocrates Socialistes, UDS, premier parti anti-impérialiste de la République Démocratique du Congo, constitue sa modeste contribution à la résistance contre l’arrogance mondiale et l’occupation israélienne.

Notre mouvement politique se sent ainsi honoré de prendre la parole ce vendredi 13 mars 2026 qui coïncide avec le 13me jour de l’agression américano-israélienne contre la République Islamique d’Iran, laquelle agression qui viole la Charte des Nations-Unies et le droit international, se bute actuellement à une farouche résistance du courageux Peuple iranien rangé comme un seul homme derrière la bannière de la Révolution islamique.

Au moment où a lieu notre rencontre, le Moyen-Orient en particulier est à feu et à sang tandis que les nombreux conflits dans le monde en général sont l’œuvre de l’impérialisme qui se bat pour garder sa position dominante.

La Palestine, un cas d’école

La question de la paix et de la justice internationale ne peut être abordée sérieusement sans évoquer l’une des tragédies politiques les plus durables de notre époque. Il s’agit de la question de la Palestine.

Depuis plus de sept décennies, le peuple palestinien vit une tragédie marquée par l’exil, l’occupation et la négation de ses droits nationaux. Ce conflit n’est pas seulement local ni religieux comme certains discours dominants tentent de le présenter. Il est profondément lié aux rapports de domination dans le système impérialiste mondial.

Pour mieux cerner la question palestinienne, il faut replacer l’histoire dans son contexte. La création de l’État d’Israël en 1948 a provoqué l’expulsion et l’exode massif forcé de centaines de milliers de Palestiniens. Cet événement, connu sous le nom de Nakba, reste une blessure ouverte dans la conscience du peuple palestinien.

Depuis la Guerre des Six Jours de 1967, l’occupation de territoires comme la Cisjordanie, la Bande de Gaza et Jérusalem-Est, une forme de colonisation moderne, a aggravé la situation.

Dans une perspective marxiste, cette réalité ne peut être dissociée de la logique du capitalisme mondial analysée par Karl Marx et approfondie par Lénine dans son étude sur l’impérialisme.

Le conflit palestinien ne se limite pas aux frontières du Moyen-Orient. Il s’inscrit dans une dynamique géopolitique mondiale.

Les États-Unis d’Amérique, principale puissance du système capitaliste international, ont historiquement apporté un soutien politique, militaire et économique décisif à Israël. Ce soutien vise à maintenir une présence occidentale dominante dans une région centrale pour l’économie mondiale.

Ainsi, la question palestinienne devient également un symbole de la résistance des peuples du Sud face aux structures de domination impérialistes.

Dans ce contexte, la lutte du peuple palestinien, portée historiquement par des mouvements comme l’Organisation de libération de la Palestine, OLP, et soutenue par de nombreux mouvements progressistes est une véritable lutte de libération nationale, comparable aux combats menés par les peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine contre le colonialisme au XXᵉ siècle.

Ces luttes nous rappellent que la paix véritable ne peut exister sans justice. Et la justice implique la reconnaissance des droits fondamentaux des peuples : le droit à la souveraineté, le droit à la dignité et le droit à l’autodétermination.

Aujourd’hui encore, les institutions internationales comme l’Organisation des Nations-Unies reconnaissent officiellement le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même. Pourtant, malgré les résolutions et les déclarations officielles, la situation sur le terrain reste marquée par l’injustice et l’inégalité des rapports de force.

Aucune résolution de l’ONU n’a connu un quelconque début d’exécution à cause du blocage systématique pratiqué par l’impérialisme international conduit par les Etats-Unis d’Amérique.

Cela montre à suffisance que la justice internationale reste souvent limitée par les intérêts des grandes puissances qui dominent le système mondial.

Or, nous vivons aujourd’hui une période de remise en cause de l’ordre international existant. L’hégémonie d’une seule puissance mondiale est de plus en plus contestée tandis que de nouvelles forces émergent dans le système international et revendiquent l’avènement d’un nouvel ordre mondial multipolaire.

Ainsi, la question palestinienne devient également un symbole du combat pour un ordre mondial plus juste et multipolaire, où les peuples ne seraient plus soumis à la domination des grandes puissances. C’est le sens de la lutte anti-impérialiste que l’Union des Démocrates Socialistes, UDS, mène sans relâche.

Autrement dit, la paix véritable au Moyen-Orient ne pourra être construite ni par la force ni par la domination.

Elle ne pourra être réalisée que sur la base de trois principes fondamentaux : la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien, la fin de l’occupation et de toutes les formes de colonisation et la construction d’un ordre international fondé sur la justice entre les peuples.

La cause de la Palestine n’est pas seulement une cause régionale. Elle est devenue une cause universelle, symbole de la lutte des peuples pour la dignité, la souveraineté et la justice. Car, comme nous l’enseigne l’histoire, il ne peut y avoir de paix durable sans justice internationale véritable.

L’engagement de l’Iran aux côtés de la Palestine

Du point de vue marxiste, la question palestinienne s’inscrit dans la structure globale du système impérialiste mondial, où les grandes puissances cherchent à maintenir leur domination politique, militaire et économique sur les régions stratégiques du monde, notamment le Moyen-Orient.

Depuis la victoire de la Révolution iranienne de 1979, la République Islamique d’Iran dirigée par l’Ayatollah RUHOLLAH KHOMEINI a placé la question palestinienne au cœur de sa politique étrangère. Cette orientation repose sur une analyse selon laquelle l’entité sioniste, représentée par l’État d’Israël, constitue un poste avancé de l’impérialisme occidental, principalement des États-Unis d’Amérique, dans la région.

Selon Lénine, l’impérialisme est le stade suprême du capitalisme. Donc, l’analyse marxiste renseigne que l’impérialisme est la phase du capitalisme caractérisée par la domination des monopoles et des grandes puissances sur les peuples du monde. La Palestine est souvent présentée comme un cas classique de colonisation et de dépossession nationale.

L’occupation des territoires palestiniens est donc une forme de colonialisme de peuplement soutenu par les puissances impérialistes. Dans cette perspective, la lutte palestinienne devient une lutte de libération nationale.

De 1979 à ce jour, la République Islamique d’Iran s’est progressivement positionnée comme un acteur majeur du camp opposé à l’hégémonie occidentale et apporte son soutien multiforme à la Palestine.

Selon cette vision, la résistance palestinienne représente la lutte d’un peuple opprimé contre une domination coloniale. Soutenir cette lutte revient donc à affaiblir le système impérialiste dans la région.

Dans ce cadre, la République Islamique d’Iran a développé des relations avec plusieurs mouvements de résistance palestiniens, considérés comme des forces de lutte contre l’occupation.

Elle participe également à la construction d’un réseau politique et militaire souvent appelé « axe de la résistance », qui regroupe plusieurs forces opposées à l’hégémonie américaine et israélienne au Moyen-Orient.

Cette stratégie vise à créer un équilibre de forces face à la puissance militaire d’Israël ; empêcher la domination totale des États-Unis d’Amérique sur la région ; soutenir les mouvements de résistance dans leur lutte pour l’autodétermination.

Selon une analyse marxiste géopolitique, ce front est interprété comme une coalition de forces cherchant à briser l’ordre international dominé par les puissances impérialistes.

Ainsi, la question palestinienne devient un point de convergence entre lutte anti-coloniale, rivalités géopolitiques et résistance populaire.

L’engagement de la République Islamique d’Iran aux côtés de la Palestine s’inscrit dans la lutte plus large entre deux logiques historiques : d’un côté, le système impérialiste mondial, dominé par les grandes puissances capitalistes ; de l’autre, les mouvements de résistance et de libération nationale qui cherchent à renverser les structures de domination.

La Palestine devient donc un symbole de la lutte des peuples opprimés contre l’impérialisme et le colonialisme, et le soutien de la République Islamique d’Iran se présente comme une contribution à ce rapport de forces international.

Je vous remercie.

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