Commerce Chine-Etats-Unis : Les négociations économiques et commerciales pourraient contribuer à réduire les tensions commerciales

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Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng, également membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, est en France du 14 au 17 mars en vue de mener des négociations économiques et commerciales avec les États-Unis. Quels impacts peut-on en attendre ? Concernant la Chine, qui n’a cessé d’œuvrer pour apaiser les tensions commerciales, quel regard porter sur la résilience de de son économie et sur sa contribution à la stabilité de l’économie mondiale ? Norbert Ducrot, président-fondateur de Middl.AI, et Hervé Novelli, ancien ministre des PME-PMI et du Tourisme, ont répondu à nos questions.

 

Ces négociations sino-américaines qui vont se dérouler à Paris, je pense qu’elles sont très importantes pour l’équilibre de l’économie mondiale. Je dirais et je pense que si elles avancent positivement, elles peuvent réduire les tensions commerciales qui existent aujourd’hui et redonner un petit peu de stabilité aux échanges internationaux. Pour les entreprises, ça peut dire que ça va faciliter le commerce et les investissements. Je pense qu’en même temps la compétition technologique qui existe aujourd’hui entre les États-Unis et la Chine restera forte, notamment dans les domaines de la stratégie comme l’IA ou les semi-conducteurs. En résumé, si vous voulez, ces discussions peuvent améliorer le climat économique mondial d’aujourd’hui, même si les rivalités entre les deux grandes économies, à mon avis continueront d’exister.

 

Au niveau de la résilience, si vous voulez l’économie en Chine a montré ces dernières années une forte résilience dans un contexte international qui est très complexe avec tout ce qui se passe. Donc elle continue de se transformer, notamment grâce à l’innovation aux nouvelles technologies et à la montée de la consommation intérieure en Chine. Donc ces facteurs font que la Chine résiste peut-être mieux que d’autres pays au contexte international assez difficile. La Chine reste aujourd’hui un des principaux moteurs de croissance mondiale, son marché intérieur est énorme évidemment, sa capacité industrielle et ses investissements aussi dans les infrastructures et dans les nouvelles technologies contribuent certainement à la stabilité de l’économie chinoise, mais aussi je pense qu’elle contribue à la stabilité d’économie européenne et même mondiale.

D’abord, il faut voir qu’au-delà de la résilience de l’économie chinoise, il y a les dernières décisions concernant les droits de douane. Vous savez que les États-Unis de M. Trump ont mis en priorité l’établissement de droits de douane souvent très importants et c’est une nouvelle donne qui saisit l’économie mondiale. De ce point de vue, vous le savez, la récente décision de la cour suprême américaine a rendu caduque ces droits de douane dans les jugeant illégaux et en rappelant le rôle important du congrès pour l’établissement de la fiscalité et notamment des droits de douane. Donc il y a une sorte d’obligation pour les États-Unis de négocier. C’est dans ce cadre que se situe la négociation avec la Chine. De son côté, la Chine a riposté à travers des restrictions à l’importation de ce qu’on appelle les terres rares c’est-à-dire des matériaux très indispensables pour notamment les microprocesseurs et toute la nouvelle technologie. Donc il faut maintenant négocier à partir de cette décision d’annuler les droits de douane, même s’ils ont été mis à 15 % au plan mondial et de négocier entre la Chine et les États-Unis.

 

Moi je suis assez confiant. Les droits de douane et l’établissement de droits de douane trop élevés nuit à l’économie mondiale. Ça entraîne un ralentissement de l’économie, voire une relance de l’inflation dans les pays dans lesquels les biens supportant les droits de douane arrivent, notamment aux États-Unis, c’est le consommateur américain qui va payer pour ces droits de douane, trop élevés. Donc il y a aujourd’hui un bilan qui n’est pas très favorable à des droits de douane trop élevés et donc c’est une sorte de blanc-seing pour négocier avec la Chine.

 

La Chine de son côté, elle a fait preuve d’une forte résilience pour reprendre votre terme. Les derniers chiffres de la croissance économique chinoise sont autour de 5 %, ce qui est très bien. En France on est à un peu moins de 1 %, donc il y a une croissance économique en Chine qui résiste. La Chine joue aujourd’hui un rôle important de puissance, parfois modératrice et donc il faut qu’elle continue à jouer ce rôle à l’avenir et qu’elle fasse preuve aussi d’un caractère modéré sur son commerce extérieur qui peut parfois être source de difficultés ailleurs et notamment en Europe.

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