Zones économiques spéciales : l’atelier du dialogue public-privé a vécu à Kinshasa
La problématique de développement des zones économiques spéciales place la République démocratique du Congo à un tournant décisif. Le cadre légal des ZES institué par la loi n° 14/022 de 2014, modifié par l’ordonnance loi n°23/020 du 11 septembre 2023, a en 2025 fait l’objet de plusieurs décret d’application. Ces avancées réglementaires significatives créent une fenêtre d’opportunité concrète pour lever les obstacles persistants à l’investissement privé et à la transformation locale des ressources. Malgré ce cadre, des lacunes majeures demeurent, notamment l’absence d’un mécanisme de règlement des litiges ainsi que les incertitudes fiscales et douanières. L’expérience internationale montre que ces contraintes ne peuvent être résolues par l’état seul. Elles requièrent un diagnostic partagé et une co-construction des solutions entre les acteurs publics et privés.

L’agence des zones économiques spéciales (AZES) a organisé, en collaboration avec la société financière internationale ( SFI) du groupe de la banque mondiale, le mercredi 25 mars 2026, au Pullman hôtel de Kinshasa, un atelier du dialogue public-privé ( DPP) de la République démocratique du Congo sur les zones économiques spéciales ( ZES).
» Il a été mis en place un mécanisme de dialogue public-privé qui permet aujourd’hui s’identifier un certain nombre d’obstacles pour lesquels il faudrait trouver des solutions au travers les recommandations formulées. La question de règlement des litiges qui préoccupe au plus haut point les secteurs privés a été sérieusement abordée. Il était question de voir comment régler les litiges soit entre entreprises de zone économique spéciale, soit entre une entreprise de zone économique et les développeurs, soit entre les développeurs et l’administration des zones économiques spéciales », a déclaré monsieur François Serres, consultante de la banque mondiale en charge des zones économiques spéciales en RDC.

La question relative à la médiation fiscale et douanière auxquelles les entrepprises font face, a également été traitée dans cet atelier.
» Cet atelier consistait à traiter les problèmes qui se posent au sein des zones économiques spéciales notamment ceux liés au règlement des différends à travers des closes compromissoires et à la valorisation des nos ressources tant minières, agricoles que forestières », a affirmé le directeur général de l’AZES, monsieur Auguy Bolanda.
Pour sa part, le représentant de la Fédération des entreprises du Congo ( FEC) a déploré les tracasseries administratives, fiscales ou parafiscales, tout en soutenant mise en place d’une taxe unique pour éviter les litiges et régler le problème en amont, dans l’objectif de changer de paradigme et attirer les investisseurs qui contribueront au développement du pays.
Concernant les tracasseries, l’agent de la DGIbqui pris part à cet atelier a expliqué qu’il ne peut pas y avoir une fiscalité à double vitesse et que si une société de la ZES veut déverser ses produits sur le marché local, elle doit se soumettre à la législation en vigueur en République démocratique du Congo.

Par ailleurs, il a été suggéré la proposition d’un régime douanier et fiscal spécifiques qui pourraient faciliter l’industrialisation du pays à travers les zones économiques spéciales ainsi que la valorisation des ressources naturelles par rapport aux ZES; avec, en outre, une nouvelle législation qui devra favoriser le développement et l’épanouissement des entreprises se trouvant dans la zone économique spéciale.
Des groupes de travail ont été constitué pour aborder, ultérieurement, les thématiques sur le climat des affaires, le règlement des litiges ainsi que la problématique des ressources naturelles.
Signalons que les travaux de cet atelier qui visait à améliorer les performances des zones économiques spéciales et à favoriser un bon climat des affaires, étaient ouverts par le ministre de l’industrie de la République démocratique du Congo.
Serge Musene
