« Des réformes profondes et durables sont absolument indispensables pour faire passer les entreprises publiques de la RDC du parking à l’autoroute de son développement »
Pour que les entreprises publiques fonctionnent mieux, le rapport souligne que l’État doit mieux encadrer et superviser ces entreprises, grâce à des règles plus claires sur leur gestion, un leadership professionnel et responsable, une transparence financière accrue, ainsi qu’une séparation clairement définie entre les fonctions commerciales et les obligations de service public, assortie d’une compensation budgétaire explicite et en temps voulu lorsque les services sont fournis en dessous de leur coût.
Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, la stabilité macroéconomique s’est améliorée en République démocratique du Congo en 2025, mais une croissance tirée principalement par les grands investissements miniers n’a pas encore produit d’emplois ni de réduction de la pauvreté, tandis que la mauvaise gouvernance des entreprises publiques continue de freiner la prestation de services et d’accroître les risques budgétaires, selon le dernier rapport sur la situation économique de la RDC publiée aujourd’hui par la Banque mondiale.
La croissance du PIB réel a légèrement ralenti, passant de 6,1 % en 2024 à une estimation de 5,5 % en 2025, tout en demeurant supérieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cette croissance a continué d’être portée par l’activité minière à forte intensité de capital, avec une production de cuivre en hausse de plus de 10 % en 2025. Toutefois, ces gains ne se sont pas encore traduits par une amélioration généralisée du niveau de vie. La croissance a généré peu d’emplois formels et la pauvreté reste répandue : plus de 80 % de la population vivrait en dessous du seuil international de pauvreté. L’inflation a fortement reculé — de 11,7 % à fin 2024 à 2,3 % à fin 2025 — soutenue par une politique monétaire restrictive, l’appréciation de la monnaie et la baisse des prix mondiaux des produits alimentaires et énergétiques.
Le rapport, intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques », montre que bien que les entreprises publiques contrôlent les secteurs clés de l’économie de la RDC — notamment l’électricité, l’eau, les transports et les mines — leurs faiblesses financières et leurs lacunes en matière de gouvernance ont limité la prestation de services et accru les risques budgétaires. Entre 2014 et 2023, les entreprises publiques ont accumulé des pertes totalisant environ 5,3 milliards de dollars américains — soit plus de 530 millions de dollars par an, un montant presque équivalent au budget annuel du secteur de la santé du pays. La dette des entreprises publiques a également augmenté de manière constante, passant de 5,7 % du PIB en 2019 à 7,3 % en 2023, et représente désormais environ 42 % de la dette publique extérieure, les engagements étant fortement concentrés dans un petit nombre de grandes entreprises, notamment dans les secteurs de l’énergie et des mines.
Pour que les entreprises publiques fonctionnent mieux, le rapport souligne que l’État doit mieux encadrer et superviser ces entreprises, grâce à des règles plus claires sur leur gestion, un leadership professionnel et responsable, une transparence financière accrue, ainsi qu’une séparation clairement définie entre les fonctions commerciales et les obligations de service public, assortie d’une compensation budgétaire explicite et en temps voulu lorsque les services sont fournis en dessous de leur coût. « Des réformes profondes et durables sont absolument indispensables pour faire passer les entreprises publiques de la RDC du parking à l’autoroute de son développement. Des entreprises publiques bien gouvernées et gérées de manière professionnelle permettront d’améliorer la productivité de l’économie, d’offrir de meilleurs services aux populations et aux entreprises privées, et de créer davantage d’emplois de qualité », a déclaré Albert Zeufack, Directeur de division de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la RDC et São Tomé-et-Príncipe.
