Au Sénat, Guillaume Ngefa plaide pour la prorogation de l’état de siège et la réforme de la justice militaire
Face à la persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo, le Ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a défendu avec fermeté, devant le Sénat, la nécessité de proroger l’état de siège en vigueur dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Dans le même élan, il a plaidé pour une réforme en profondeur de la justice militaire, présentée comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité de la réponse sécuritaire et protéger durablement les populations civiles.
Devant les sénateurs, le ministre a dressé un tableau préoccupant de la situation sécuritaire dans ces deux provinces, toujours en proie aux violences armées, aux exactions contre les civils et à l’activisme de groupes armés locaux et étrangers. Dans ce contexte, la prorogation de l’état de siège apparaît, selon lui, comme une mesure indispensable pour maintenir une pression opérationnelle sur les forces négatives et éviter une détérioration supplémentaire de la situation sur le terrain.
Institué pour permettre une gestion exceptionnelle de la crise sécuritaire, l’état de siège confère des pouvoirs accrus aux autorités militaires et policières dans les zones concernées. Pour le Ministre d’État, bien que cette mesure soit par nature temporaire, son maintien reste justifié tant que les conditions de sécurité ne permettent pas un retour à une administration civile normale. Il a insisté sur le fait que l’objectif ultime demeure la restauration de la paix et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Parallèlement, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a mis en avant la nécessité urgente de réformer la justice militaire afin de l’adapter aux réalités actuelles du terrain. Cette réforme vise notamment à améliorer la célérité des procédures, à renforcer l’indépendance des juridictions militaires et à garantir une meilleure prise en charge des infractions commises en période de conflit, y compris celles impliquant des membres des forces de défense et de sécurité.
Le ministre a souligné que la crédibilité de l’action sécuritaire repose également sur la capacité de l’État à sanctionner les abus et à lutter contre l’impunité. À cet effet, la modernisation de la justice militaire devrait permettre d’assurer des procès équitables, transparents et conformes aux standards nationaux et internationaux, tout en renforçant la discipline au sein des forces engagées sur le terrain.
Les débats au Sénat ont également permis de mettre en lumière les attentes de la population des zones sous état de siège, notamment en matière de protection, d’accès à la justice et de respect des droits fondamentaux. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité d’accompagner les mesures sécuritaires par des actions sociales et humanitaires, afin de répondre aux besoins urgents des communautés affectées par les conflits.
En réponse, le Ministre d’État a réaffirmé l’engagement du gouvernement à adopter une approche globale, combinant action militaire, justice et développement. Il a rappelé que la sécurisation durable de l’Ituri et du Nord-Kivu ne pourra être obtenue sans une coordination étroite entre les institutions de l’État, les partenaires internationaux et les acteurs locaux.
Cette double démarche: prorogation de l’état de siège et réforme de la justice militaire — s’inscrit dans une stratégie visant à restaurer l’autorité de l’État et à offrir aux populations une protection effective face aux menaces persistantes. Elle traduit également la volonté des autorités congolaises de renforcer les instruments juridiques et institutionnels nécessaires à la gestion des crises sécuritaires.
À l’issue de son intervention, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a appelé à la mobilisation de tous les acteurs nationaux pour soutenir ces réformes, soulignant que la paix et la sécurité dans l’est du pays constituent une priorité absolue pour l’avenir de la RDC.
Corinne Ontande
