Risque d’escalade nucléaire contre l’Iran
Après avoir menacé de « renvoyer l’Iran à l’âge de pierre », Donald Trump, le président des Etats-Unis écrivait le 5 avril – jour de Pâques – sur Truth Social : « Mardi sera le jour des centrales électriques et des ponts, tout en un, en Iran. Il n’y aura rien de tel !!! Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous, ou vous vivrez en enfer — REGARDEZ BIEN ! Loué soit Allah. »
Aujourd’hui, un nouveau post de sa part sur Truth Social proclamait : « Une civilisation entière disparaîtra ce soir, pour ne plus jamais renaître. Je ne veux pas que cela arrive, mais ça va sûrement être le cas ».
Ces déclarations ne relèvent pas uniquement de la grossière outrance à laquelle le président des Etats-Unis nous a accoutumée. Elles sont à prendre dans un contexte où l’offensive conjointe lancée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran ne se déroule pas selon le plan initialement prévu. Ce qui devait être une guerre éclair se prolonge et rencontre une résistance imprévue s’accompagnant de destructions importantes et entraînant des répercussions politiques dont les Etats-Unis ne sortiront pas indemnes. Qui plus est, ceux-ci se retrouvent pris au piège de leurs choix désastreux avec des stocks de munitions insuffisants, dictant de facto les actions de Donald Trump.
Surtout, si les conséquences de la fermeture prolongée du Détroit d’Ormuz ne se sont pas encore faites pleinement ressentir, il est clair que le monde va subir un choc économique brutal qui ébranlera la stabilité mondiale. Pour les pays occidentaux, accros à la fausse monnaie et à l’économie spéculative, cela signifie la perspective assurée de voir ce qu’il reste de leur économie productive partir en lambeaux à brève échéance.
Certains avaient avancé que Trump aurait accepté de lancer cette guerre pour empêcher le premier ministre israélien Netanyahou d’utiliser la bombe nucléaire contre l’Iran, alors que, comme l’a très bien expliqué Joe Kent, ancien responsable du Centre national américain de lutte contre le terrorisme, dans sa lettre de démission, il était parfaitement clair que l’Iran ne représentait aucune menace pour les Etats-Unis.
Aujourd’hui, l’hypothèse d’une utilisation de la bombe nucléaire est à prendre très au sérieux. Deux facteurs peuvent faire pencher la balance du mauvais côté : 1) l’impasse dans laquelle Donald Trump s’est mis ; 2) la volonté de « garder la main » alors que les événements risquent de rendre une situation économique explosive d’échapper à tout contrôle.
Il est également clair que la Russie et la Chine ne peuvent en aucun cas laisser abattre un pays membre des BRICS et qu’une réaction de leur part serait inévitable. Enfin, les nouveaux dirigeants iraniens pourraient être tentés de se doter de l’arme nucléaire qu’ils auraient, selon de nombreux experts, la possibilité de produire en quelques semaines, voire moins.
Dans ce contexte, les posts de Donald Trump doivent être vu comme particulièrement inquiétants.
L’Institut Schiller se mobilise partout où il est présent dans le monde pour intervenir auprès de la société civile et interpeler les élus, les dirigeants et notamment de faire pression sur le Congrès américain afin d’empêcher le pire d’arriver.
Il invite instamment toutes les personnes qui, de par leur fonction, leur position et/ou leur engagement, à faire de même pour assurer que l’irréparable ne soit pas commis.
