L’avenue Libération menacée de coupure, Kinshasa face à une urgence écologique et urbaine
La capitale congolaise fait face à une nouvelle alerte majeure. À Kinshasa, l’avenue Libération anciennement appelée 24 novembre est aujourd’hui sérieusement menacée par la progression rapide des têtes d’érosion en provenance du quartier Camping, dans la commune de Selembao. Longue de plus de huit kilomètres, cette artère stratégique risque d’être coupée en deux, faisant planer le spectre d’une paralysie partielle de la circulation dans la ville.
Selon des sources administratives locales, la situation a atteint un seuil critique. « L’avenue de la Libération est en péril. C’est un risque de paralysie pour Kinshasa », a alerté Pépé Kingudi, président du Conseil communal de Selembao. Il évoque une progression « fulgurante » des érosions, notamment celles issues de la cité Camping, qui avancent inexorablement vers cette voie majeure.
Véritable colonne vertébrale de la mobilité urbaine, l’avenue Libération joue un rôle central dans la fluidité du trafic entre plusieurs zones de la capitale. Sa coupure éventuelle aurait des conséquences immédiates sur les déplacements quotidiens des habitants, déjà confrontés à d’importants embouteillages et à des infrastructures souvent mises à rude épreuve. Les activités économiques pourraient également en pâtir, notamment pour les commerçants et les opérateurs de transport qui dépendent de cet axe.
Au-delà de l’urgence routière, cette situation met en lumière un problème structurel plus profond : la gestion des érosions urbaines à Kinshasa. Phénomène récurrent dans plusieurs communes de la ville, les têtes d’érosion sont souvent aggravées par l’urbanisation anarchique, l’absence de systèmes de drainage efficaces, la déforestation et les fortes pluies. À Selembao, comme dans d’autres quartiers, ces facteurs combinés ont favorisé la formation de ravins qui progressent rapidement et menacent habitations, routes et infrastructures publiques.
Face à cette menace, les autorités locales appellent à une intervention urgente et coordonnée. Des travaux de stabilisation des sols, de canalisation des eaux de pluie et de réhabilitation des infrastructures sont jugés indispensables pour contenir l’avancée des érosions. Cependant, ces interventions nécessitent des moyens techniques et financiers conséquents, ainsi qu’une planification rigoureuse.
La situation de l’avenue Libération illustre ainsi les défis majeurs auxquels est confrontée République démocratique du Congo en matière d’urbanisme et de résilience environnementale. Elle pose également la question de la prévention, alors que de nombreuses zones à risque continuent d’être habitées sans aménagement adéquat.
En attendant une réponse concrète des autorités compétentes, l’inquiétude grandit parmi les habitants de Selembao et des environs. Pour beaucoup, l’avancée des érosions n’est plus une menace lointaine, mais une réalité imminente qui pourrait transformer durablement le paysage urbain et compliquer davantage le quotidien des Kinois.
Corinne Ontande
