Qui est Edouard Mwangachuchu? (Nicaise Kibelbel Oka)

0
IMG_202605121_001508958

Un personnage tombe comme un cheveu dans la soupe, Edouard Mwangachuchu. Ancien conseiller financier du Gouverneur du Nord-Kivu, Moto Mupenda, il quitte la RDC à l’entrée de l’AFDL, pour les États-Unis. Il retourne au Congo en 2004.L’homme est connu grâce à l’exploitation des minerais notamment le colombo tantalite (Coltan) dans le Masisi qu’il vend à Kigali. Très réservé, Edouard Mwangachuchu est un animal politique qui allie séduction et fausse modestie dans ses relations humaines. Il ne fait rien ni ne donne rien sans en tirer les bénéfices politiques. Il est parmi les personnes qui ont préparé l’entrée de l’AFDL à Goma en 1996.

Très proche de James Kabarebe, il soutient ouvertement Bosco Ntaganda contre Laurent Nkunda. Aidé par James Kabarebe, il prend la présidence du CNDP. C’est un chef militaro-politique. La mission lui confiée est celle de la désintégration du CNDP et la neutralisation de Laurent Nkunda. Elle doit impérativement passer par la prise en charge de Bosco Ntaganda. Profitant de la fissure au sein du CNDP entre les Tutsis ressortissants du territoire de Masisi et ceux de Rutshuru, Edouard Mwangachuchu réussit à imposer Bosco Ntaganda comme seul partenaire fiable pour engager le CNDP.

Sur recommandation de Paul Kagame, Kinshasa lui ouvre toutes les portes politiques et économiques. Joseph Kabila charge John Numbi, hier ami personnel de Laurent Nkunda, de traiter désormais avec Mwangachuchu. Grâce à la corruption, John Numbi attire les éléments hésitants du CNDP vers Mwangachuchu. Désormais homme de confiance à la fois de James KABAREBE et de Joseph Kabila, Edouard Mwangachuchu infiltre les forces de défense et de sécurité congolaises. Grâce à son argent, il a de l’influence au sein de l’armée ainsi que des services de sécurité et compte des nombreux amis parmi les officiers militaires.

Il soudoie aussi la police nationale congolaise avec des faramineuses sommes d’argent. Il exécute parfaitement la mission lui confiée par Kigali. C’est par lui et à travers son entreprise, la Société Minière de Bisunzu-SMB, qu’il recrute par vagues de nombreux rwandais qu’il emploi ensuite comme policiers congolais avec la complicité de la police des mines. Par la suite, les recrues rwandaises de la SMB sont incorporées dans la police nationale congolaise. L’intérêt n’a pas de pièces de rechange. (In Les rébellions rwandaises au Kivu 1996-2024. pge 57-58.Auteur Nicaise Kibelbel Oka. Editions Scribe)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *