Portraits croisés : Makenga et Kabarebe, les « éternels  » de la guerre dans l’Est (John Ngombua)

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Si l’histoire de la RDC bégaye depuis 30 ans, c’est parce que ses acteurs, eux, ne changent pas. Deux noms incarnent, plus que tout autre, la persistance des cycles de violence : Sultani Makenga côté rebelle et James Kabarebe côté parrainage régional.

Sultani Makenga ou Le « Fantôme » de la Rébellion

Né à Rutshuru, Makenga n’est pas un simple chef de guerre ; il est le fil conducteur de toutes les mutations insurrectionnelles depuis l’AFDL.

La Constance 

Il a combattu sous tous les drapeaux de la rébellion (AFDL, RCD-Goma, CNDP, M23, AFC).

Le Paradoxe 

Intégré à plusieurs reprises dans l’armée régulière (FARDC), notamment comme commandant adjoint au Sud-Kivu après 2009, il finit systématiquement par faire défection.

Le Rôle 

Il est le pivot opérationnel. C’est lui qui gère le terrain, les « Kadogos » et la discipline militaire des troupes. Son nom est synonyme de la « prime à la rébellion » : un cycle sans fin de mutinerie et de réintégration.

James Kabarebe ou le Stratège de l’Ombre

Personnage central du régime de Kigali, Kabarebe est le lien organique entre les rébellions congolaises et le Rwanda.

L’Incongruité Historique 

Ancien officier du FPR, il est propulsé Chef d’État-Major des forces armées congolaises (FAC) par Laurent-Désiré Kabila en 1997. Une situation unique où un officier étranger commande l’armée nationale.

Le « Mentor » 

Après avoir été évincé en 1998, il devient l’architecte des mouvements qui ont suivi. Ministre de la Défense, puis conseiller spécial de Paul Kagame, il est régulièrement cité par les experts de l’ONU comme le « commandant de facto » des différentes versions du M23.

La Vision 

Il incarne la projection de puissance du Rwanda sur les ressources et la sécurité de l’Est de la RDC.

La constante néfaste est égal le Logiciel de Dépendance

Ce binôme illustre une réalité brutale pour la souveraineté congolaise :

*L’infiltration par le haut 

L’épisode Kabarebe (1997-1998) a montré comment l’appareil sécuritaire congolais a pu être décapité de l’intérieur.

*L’érosion par le bas 

Les mutineries répétées de Makenga empêchent toute stabilisation durable de la chaîne de commandement à l’Est.

Tant que ces figures (ou leurs héritiers doctrinaux) resteront les interlocuteurs de « processus de paix » qui récompensent la violence, le cycle ne s’arrêtera pas. La RDC ne doit plus seulement combattre des groupes armés, elle doit démanteler un système de « recyclage » vieux de trois décennies.

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