XI. 2.Des Rwandais recrutés avec la complicité des autorités de la Police nationale congolaise (John Ngombua)
Édouard Mwangachuchu joue le double jeu. Pour sécuriser ses affaires, partant son entreprise, il recrute les ex-militaires de la RDF et des réservistes rwandais qui avaient combattu aux côtés de la rébellion Tutsi du CNDP. Ce personnel ainsi recruté est admis dans des centres d’instruction au Rwanda avant d’être employé sur le site de Rubaya. Edouard Mwangachuchu a préalablement négocié et obtenu de la hiérarchie de la police nationale congolaise depuis Kinshasa des policiers pour assurer la protection et la sécurité de sa concession minière.
En exécution du contrat convenu entre la SMB et la police nationale congolaise, des policiers sont envoyés à Rubaya sur base d’un simple bulletin de service n° 103/076/PNC/CP-NK/POL-ADM/2019 du 2 mai 2019 et mis à la disposition de la police des mines et hydrocarbures, détachement Bibatama dépendant de l’escadron de la police des mines et hydrocarbures du territoire de Masisi.
Mais les choses ne sont pas aussi claires qu’elles se présentent. Le bulletin de service va servir de paravent pour cacher toute la mafia autour de l’infiltration des rwandais dans le territoire de Masisi qui servent comme policiers assurant la sécurité des installations de la SMB. Et au final, leur insertion dans la police nationale congolaise. Au niveau du Nord-Kivu, les autorités de la police nationale qui ont reçu injonction de Kinshasa s’attèlent à leur doter des uniformes de la police nationale et à les intégrer dans cette unité de la police des mines et hydrocarbures (Polimines).
IX. 3. Des policiers de la SMB pour renforcer le M23
Nombreuses de ces personnes nouvellement engagées comme des policiers congolaises disparaissent dans la nature avec armes et tenues. Des vagues de recrues en tenues de la police nationale congolaise viennent et disparaissent après quelques temps du site. Deux exemples pour illustrer. Le 10 juin 2019, dans une correspondance que le commerce de police Selemani Mustafa Berout adresse au commandant escadron de la police des mines et hydrocarbures du territoire de Masisi installé dans la localité de Saké, portant objet : absence prolongée, il lui informe que les cinq AP2 CI ont déserté avec armes AKA 47 et munitions pour une destination inconnue. Il s’agit de Kagiraneza Eustache (Le 15 mai), Uwituze Mugabo Valéry (17 mai), Sido Ngamo (6 juin), Kambale Sebikoko Alain (6 juin) et Rukonda Bageni Iwao (6 juin).
Dans une correspondance du 5 juillet 2019, réponse à la correspondance du commandant du détachement de la police des mines et hydrocarbures du territoire de Masisi relève ce qui suit : »… Le commandant Shaka Mupenzi David qui assurait l’intérim du commandant du détachement pendant votre absence ne soit pas connu ni par moi, encore moins par le C. Ter PNC Masisi… »
Ceci illustre bien que les éléments agissant au nom de la police nationale congolaise dans la concession de la SMB n’étaient pas connus par leurs chefs et donc, ne répondaient pas d’eux. Malgré ces disparitions, le processus d’infiltration continuait son cours normal. Ceux au sein de la PNC qui bénéficiaient des largesses en espèces sonnantes et trébuchantes des autorités de la SMB continuaient des affectations aux nouvelles recrues sans s’en soucier. ( In Les rébellions rwandaises au Kivu 1996-2024,Auteur Nicaise Kibelbel Oka.Editions Scribe. pges 121,122,123,124 )
