Kinshasa : les rocades du redressement, héritage d’une bataille contre la prédation

0
IMG_202605134_082531153

Pendant des années, les milliards du contrat chinois se sont évaporés dans l’opacité, laissant la capitale suffoquer sous les embouteillages et l’abandon des infrastructures. Mais derrière les bulldozers qui avancent aujourd’hui sur les rocades Sud-Est et Sud-Ouest se cache une vérité politique : ces routes sont le fruit d’une guerre acharnée contre la prédation financière.

Mardi 12 mai, la Première ministre Judith Suminwa a inspecté l’état d’avancement de ce chantier stratégique de 73 kilomètres, destiné à désengorger Kinshasa, de Kimbanseke à Kinsuka, via Mitendi et la RN1. Plus qu’un projet routier, il est devenu le symbole visible du redressement des intérêts congolais dans le dossier SICOMINES.

Un combat avant les engins

Car avant les routes, il y eut un homme. Avant les engins, il y eut une confrontation brutale avec un système qui bradait les richesses nationales. Cet homme, c’est Jules Alingete Key.

À l’époque Inspecteur général des finances, il osa mettre les pieds dans un dossier considéré intouchable. Son constat était sans appel : sous-évaluation massive des actifs congolais, déséquilibre flagrant des avantages et pertes colossales pour l’État. Face à cette machine opaque, Alingete engagea un bras de fer qui conduira à la revisitation du contrat chinois et à la récupération de près de 7 milliards de dollars au profit du Congo.

Des routes comme mémoire d’une bataille

Aujourd’hui, chaque kilomètre des rocades de Kinshasa rappelle cette lutte. Ces infrastructures ne sont pas tombées du ciel : elles sont les conséquences directes d’un contrôle financier redevenu offensif, d’une volonté de remettre l’État au centre et d’une lutte acharnée contre la corruption systémique.

Restaurer la crainte et le prestige

Au-delà des chiffres, Jules Alingete aura réussi une chose rare dans l’histoire récente du pays : redonner de la crainte aux détourneurs des deniers publics et restaurer le prestige de l’Inspection générale des finances comme instrument de surveillance de l’État.

Dans un Congo où les scandales effacent souvent les bâtisseurs, certains noms résistent au temps. Celui de Jules Alingete Key s’impose désormais dans le récit des grandes reconquêtes financières de la République.

 

Fntv/Didier Mbongomingi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *