Faut-il modifier ou changer la constitution ? Serge Etinkum Anza lance la campagne citoyenne intitulée « la jeunesse parle constitution »
Au Centre culturel de Kinshasa a été lancé, le 15 Mai dernier, la campagne nationale dénommée, « la jeunesse parle constitution » devant les étudiants de 42 universités de la Rdc. Cette initiative de Serge Etinkum Anza née dans un contexte particulier du pays, n’a de sens que si une telle procédure concourt au rassemblement du plus grand nombre des compatriotes autour des institutions afin de les rendre plus fortes et plus légitimes. Il est prévu une descente à l’intérieur du pays afin de recueillir les avis de la jeunesse sur cette question cruciale, avant de présenter la synthèse à l’Assemblée nationale.
Dans son mot introductif, M. Serge Etinkum Anza a expliqué comment nos institutions doivent être capables non seulement de relever les défis, mais aussi d’anticiper et de surmonter les menaces qui pèsent sur l’avenir de la République. « Qu’il s’agisse de la pauvreté de masse, du changement climatique, de l’explosion démographique, de l’insécurité alimentaire, de l‘exode rurale, de l’analphabétisme, tous ces combats exigent que nous les jeunes et nos ainés qui connaissent déjà la route demeurions unis et solidaires pour surmonter ces défis », dit-il.

Il demeure persuadé que la jeunesse congolaise peut converger sur autant de sujets et apporter une contribution à l’effort de la construction de la nation congolaise. « Soucieux de saisir la fenêtre d’opportunité crée par les accords de Washington et dans un proche avenir le succès des FARDC sur les forces négatives qui sèment terreur et désolation à l’Est, la jeunesse congolaise peut oser et croire à un avènement de la paix et de la souveraineté retrouvées qui ouvrira des nouveaux horizons et des nouvelles perspectives dans lesquelles la jeunesse congolaise veut s’inscrire pour propulser la Rdc dans la modernité afin que se réalise la vision du chef de l’Etat qui veut faire du Congo un pays plus beau qu’avant, émergent et prospère dans un horizon proche.
« Au chef de l’Etat, la jeunesse congolaise vous dit qu’elle ne peut passer sous silence vos initiatives. Elle ne peut que vous exprimez sa gratitude. Nous saluons votre engagement volontarisme en faveur de la paix », indique-t-il.
Au regard de plusieurs facteurs concourant au rétablissement de la fierté nationale et l’Etat de droit, mais également de voir la Rdc s‘inscrire globalement dans une meilleure perspective de prospérité pour l’ensemble de notre peuple. Il a rappelé que de Gaberron à Sun city, la Rdc a vu émerger un nouvel ordre politique issu du consensus forgé par le dialogue. Pour la première fois, nous avons eu l’occasion d’élire un président de la République au suffrage universel direct dans un scrutin à deux tours, les institutions ont résisté aux guerres et aux agressions extérieures qui ont mis à feu et à sang l’Est de la Rdc.
Au demeurant, plusieurs défis demeurent. C’est dans ce contexte qu’intervient le débat sur la révision de la constitution. La loi fondamentale de l’époque est loin d’être parfaite. Constitué depuis 2006, elle est le ciment de notre cohésion nationale. 20 ans après, il est temps de penser à apporter une correction sur les anomalies constatées ou penser à écrire une nouvelle constitution. Encore faut-il que les véritables enjeux prennent le pays sur a personnification du débat politique.
« J’invite les jeunes à se mobilier et de prendre ne main leur destin. D’ores et déjà une plateforme en ligne est ouverte où les jeunes peuvent s’inscrire et donner leurs points de vie sur la révision ou changement de la constitution. Désormais, plus rien ne se fera sans nous les jeunes », rassure-t-il.
Oui au changement
Le Prof Placide Abaka, docteur en Sciences juridiques, l’un des intervenants a préféré parler du changement de la constitution. Car à l’n croire, la révision, c’est également le changement. Ce changement peut s’opérer par la procédure de la révision (218-220) ou à l’élaboration d’une nouvelle constitution.
« Il s’agit d’un problème d’instabilité constitutionnelle depuis 1960. Nous avons depuis notre indépendance deux types de constitutions (octroyée et imposée). Le peuple congolais n’a jamais été associé. Le référendum est un processus de validation (comment valider un acte dont vous n’avez jamais été l’initiateur). Comment faire du peuple congolais le véritable souverain, surtout que la souveraineté appartient au peuple congolais ? C’est ce qui le pousse à qualifier le référendum de 2006 d’une arnaque.
Poursuivant, il a affirmé que la Constitution de 2006 pose problème. Sinon, la constitution de 18 février est-elle faite uniquement pour la nation congolaise ? Est-elle un vêtement qui ne convient qu’à la population congolaise ? Il répondra par la négative. Pour lui, il faut voir le contexte de son élaboration : ce sont les délégués des composantes et entités qui l’ont votée. Il se pose alors un problème de péché originel. Car c’est une constitution née avec des malformations congénitales. D’où, toutes les thérapeutiques e se sont avérées inappropriées.
La question de notre identité (la balkanisation et la faiblesse de l’Etat sont constitutionnelles). Une constitution a une dimension spirituelle. Dans les armoiries du Zaïre, tout est coordonné. Avec les armoiries actuelles, chaque élément est indépendant. On n’a fait que juxtaposer. L’affaiblissement de l’Etat est là. Autre chose, le nom de la Rdc, c’est une redondance.
Il termine par dire qu’il est temps que le peuple congolais à travers sa jeunesse puisse décider de son devenir constitutionnel. Il ne faut pas voir la constitution comme un simple texte, c’est un esprit incarné dans une pratique.
