L’ Afrique à Cannes 2026 : le vrai tableau
D’abord, la vérité qui dérange : aucun film africain ne figure dans la compétition officielle pour la Palme d’or à Cannes 2026 — sur 22 films en lice, le continent est absent du sommet. Un constat qui fait débat. Mais la section Un Certain Regard a, elle, accueilli trois œuvres africaines majeures — et l’une d’elles a fait l’histoire.
Quand “Un Certain Regard” regarde enfin pleinement vers l’Afrique…
Par #CalebAfroPulse pour Le Quotidien
La Croisette n’avait peut-être jamais autant parlé africain.
Cette année, dans la prestigieuse section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2026 Créée en 1978 par (l’écrivain, homme de culture qui a présidé le festival de Cannes durant 3 décennies) Gilles Jacob, Un Certain Regard n’est pas une simple catégorie parallèle.
C’est LE laboratoire artistique de Cannes.
L’endroit où les futurs grands cinéastes mondiaux naissent avant de conquérir Hollywood, Netflix ou les Oscars.
, trois films africains ont transformé les projections en véritables secousses émotionnelles. Trois œuvres puissantes. Trois signatures cinématographiques. Trois standing ovations. Et surtout… trois films soutenus financièrement par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Coïncidence de calendrier ?
Clin d’œil géopolitique ?
Ou symbole d’une francophonie africaine qui reprend enfin le devant de la scène culturelle mondiale ?
Pendant que le nom de Mme Juliana Lumumba circule pour le poste stratégique de Secrétaire générale de l’OIF, Cannes semble envoyer un message silencieux mais puissant :
🎥 la francophonie de demain parlera de plus en plus avec un accent africain.
Et à Cannes cette année, certains murmuraient déjà dans les couloirs :
“Après la Palme d’Or… voici peut-être la Palme du soft power africain.”
Le jury 5 étoiles composé de ; l’actrice française Leila Bekhti (présidente)
Angèle Diabang (réalisatrice et productrice senegalaise)
Khaled Mouzanar (Compositeur libanais)
Laura Samani (réalisatrice italienne)
Thomas Cailley (réalisateur français)
Ont attribué les récompenses à ;
BEN’IMANA — Marie-Clémentine Dusabejambo (Rwanda)
Section : Un Certain Regard | Prix : Caméra d’Or + Prix FIPRESCI
Marie-Clémentine Dusabejambo est devenue la première lauréate rwandaise de la Caméra d’Or — le prix du meilleur premier film toutes sections confondues — remis lors de la cérémonie de clôture du 23 mai 2026.
Le film se déroule au Rwanda en 2012, après le génocide des Tutsis. Vénéranda, survivante, organise des séances de discussion entre victimes et familles de bourreaux dans le cadre des tribunaux populaires GACACA. Mais la grossesse inattendue de sa fille la force à confronter ses propres contradictions.
🔥 Anecdote croustillante : La réalisatrice a découvert le cinéma grâce à Lee Isaac Chung — oui, le réalisateur de Minari et Twisters — qui était venu au Rwanda tourner Munyurangabo (sélectionné à Cannes 2007) et avait ensuite continué à former des équipes locales. Elle a aussi travaillé comme script sur une série coproduite par Steven Spielberg. Pas mal pour une cinéaste autodidacte.
En recevant son prix, elle a dédié la récompense aux femmes dont les histoires ont inspiré le film.
CONGO BOY — Rafiki Fariala (RDC / Centrafrique)
Section : Un Certain Regard 👉 Le film le plus directement lié à la RDC
Congo Boy est un drame initiatique franco-kinocongolo-centrafricain. À 16 ans à Bangui, Albert se passionne pour la musique, mais ses parents — réfugiés de la guerre au Congo-RDC — sont emprisonnés. Il doit alors s’occuper de ses quatre frères et sœurs tout en refusant d’abandonner son rêve.
🔥 Anecdote croustillante : Le réalisateur Rafiki Fariala, 28 ans, est né dans les Kivu, à l’est de la RDC. Ses parents ont fui la guerre alors qu’il n’avait que quatre mois. Il a grandi à Bangui, est devenu une star locale du rap, et est pratiquement autodidacte en cinéma. Autrement dit : le film, c’est lui. C’est sa vie.
La coproduction est signée notamment par Dieudo Hamadi — le grand documentariste congolais, lui-même plusieurs fois primé en Europe. La RDC produit donc son propre film à Cannes, dans l’ombre.
Le film fusionne chronique sociale, quête de soi et musique comme arme de lutte, dans une ville traversée par les tensions politiques et les violences des milices.
LA MÁS DULCE (Les Fraises) — Laïla Marrakchi (Maroc)
Section : Un Certain Regard « le metoo marocain »
La réalisatrice franco-marocaine Laïla Marrakchi revient à Un Certain Regard avec ce film coproduit par la France, le Maroc, l’Espagne et la Belgique, inspiré des témoignages de travailleuses agricoles de Huelva. Hasna et Meriem quittent le Maroc pour cueillir des fraises en Andalousie — et tombent dans l’enfer des abus.
🔥 Anecdote croustillante : Le projet est né quand une amie journaliste de Marrakchi devait écrire un article pour le New York Times sur ces Marocaines. La réalisatrice l’a accompagnée sur place, puis a mis six ans à construire le film. Elle le définit elle-même comme «une triste forme de néo-colonialisme».
🔥 Autre pépite : Après le tournage, Marrakchi a confié qu’elle était en train de monter un documentaire sur sa mère — championne de bridge au Maroc — qu’elle a suivie jusqu’en Arabie Saoudite pour un tournoi panarabe féminin. Le prochain film, c’est peut-être là.
Le lien avec la RDC : ce que personne ne dit assez
Congo Boy est le film congolais de cette édition — et il mérite toute l’attention :
Le réalisateur est né au Kivu
Le film est coprodu par la RDC (avec la Centrafrique, la France, l’Italie)
L’histoire entière tourne autour de l’exil des Congolais fuyant la guerre à l’Est
Le producteur congolais Dieudo Hamadi (lui-même réalisateur primé à Berlin) signe la coproduction
Fariala résume sa philosophie ainsi : «Quand on est réfugié, on est comme emprisonné, la prison c’est la société, et les barrières c’est les humains. Malgré le fait que ce soit dur, les jeunes réfugiés ont toujours des rêves. À travers ce film, ce que je veux, c’est que les gens regardent les réfugiés d’une autre manière ».
Ecris moi en commentaires à soleil.levantasbl@gmail.com;
Quel est le film que tu iras voir en premier ? Pourquoi ?
Proposé par Félix Caleb DJAMANY
#calebAfroPulse
