Debaters de tous bords : arrêtez, avant de divorcer, d’injurier la « femme » (Constitution) qui vous nourrit !
Tant que la loi fondamentale est en application, on ne peut pas la tourner en dérision comme on est en train de le faire aujourd’hui sans se tourner soi-même en dérision…
Tant qu’elle est en application, elle mérite respect
20 ans d’existence depuis le 18 février 2026, la Constitution en vigueur est l’instrument légal sur base duquel fonctionne la République Démocratique du Congo depuis sa promulgation le 18 février 2006. Elle a pour fondement le référendum organisé le 18 et 19 décembre 2005 et approuvé à 84,31%. Ça, c’est indéniable. Est aussi indéniable le fait que l’ordre institutionnel en place décrit à l’article 69 comprend le Président de la République, le Parlement, le Gouvernement et les Cours et Tribunaux. Conséquence logique : tous les Actes d’Etat pris depuis le 18 février 2006 n’ont de légalité que celle que leur confère cette Constitution. En d’autres termes, toutes les lois, toutes les ordonnances-lois, toutes les décisions prises au niveau de chacune des institutions identifiées à l’article 69 ne sont valables que sur base de la Constitution. Au nombre desquelles, par exemple, les élections organisées depuis 2006 et dont les dernières en date, au niveau national, remontent à 2023. Du Président de la République Félix Tshisekedi aux bourgmestres des communes en passant par les députés nationaux, les sénateurs, les députés, les gouverneurs et ministres provinciaux et les conseillers municipaux, chacun doit son mandat à cette loi. Et, avec eux, tous les compatriotes ayant des nominations officielles dans l’Administration publique : Fonction publique, Territoriale, Diplomatie, Magistrature, Armée, Police, Renseignements, Portefeuille etc. Bref, depuis 2006, le fonctionnement de l’Etat congolais aux plans national et international est régulé par la Constitution actuelle. C’est (pour) dire que tant qu’elle est en application, cette loi mérite respect…
Sa vocation est de garantir la notion de continuité de l’Etat
Doit-on la réviser ou la changer pour autant ?
N’étant pas la première – elle a été précédée pendant 46 ans (1960-2006) d’autres textes du genre – elle n’a pas vocation d’être la dernière non plus, cela tant qu’on continue de développer la culture de la remise en cause systématique et systémique.
Sa vocation est de garantir la notion de Continuité de l’État.
Partant, un Etat qui se veut normal, sérieux, crédible ne s’insulte pas, ne se ment pas.
Pour s’en rendre compte, juste deux exemples collant à l’actualité :
-premier exemple : positionné au front dans les tranchées d’Uvira, le militaire congolais se bat pour la défense du pays. Or, l’instrument juridique par lequell s’identifie le pays est la Constitution sans laquelle, évidemment, il n’y a pas agression !, (les chantres du « narratif » sont avertis) ;
-deuxième exemple : les Accords du 4 septembre 2025 conclus à Washington portent les signatures des Présidents Félix Tshisekedi pour la RDC, Paul Kagame pour le Rwanda et Donald Trump pour les États-Unis.
Les prérogatives d’y engager leurs pays sont dans leurs Constitutions.
De ce fait, lorsque les autorités congolaises se moquent publiquement de la leur, elles n’envoient pas un message rassurant à leurs homologues américains et rwandais.
On peut multiplier à l’envi des exemples pour finir par admettre que l’entreprise de diabolisation et de démolition en cours de la loi fondamentale a quelque chose de suicidaire.
Ceci peut se démontrer davantage par deux autres exemples :
-premier exemple : la participation des Léopards à la Coupe du Monde. Les passeports et les fonds mis à leur disposition émanent du Gouvernement Sumwinua 2 dont voici, au premier paragraphe, les références de l’ordonnance n°24/039 du 28 mai 2024 l’instituant : »Vu la Constitution de la République Démocratique du Congo, telle que modifiée par la Loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution du 18 février 2006… » ;
-deuxième exemple: l’arrêt RCE. 016/PR-CR du 9 janvier 2024 de la Cour Constitutionnelle confirmant Félix-Antoine Tshisekedi vainqueur de l’élection présidentielle du 20 décembre 2023. Instituée sur base de la Constitution du 18 février 2006, la Haute Cour a investi le Président de la République conformément à cette loi ! Et Félix Tshisekedi a prêté le serment d’investiture prévu à l’article 74 en application de cette loi.
Autant de raisons pour épargner le pays de l’opprobre qu’on jette sur la Constitution en cours.
Mauvaise interprétation de l’article 217
En toute logique, l’Udps devrait se comporter en « gardien du temple » même pendant qu’on débat de sa révision ou de son changeme gtnt. Il devrait donner à ses debaters des éléments de langage appropriés qui puissent préserver la dignité de la fonction du Président de la République.
C’est vrai que Félix Tshisekedi est à la base des malheurs qui s’abattent sur la loi fondamentale. Devenu chef de l’Etat, il a récupéré à son compte le discours de rue attribuant à l’etranger la conception et la rédaction de la Constitution. Il ne devrait pas, notamment, se livrer à la très mauvaise interprétation de son article 217.
Parti présidentiel, l’Udps devrait s’organiser de manière à faire disparaître de la mémoire collective cette bourde. Hélas ! Il a choisi de laisser l’erreur se muer en faute, si bien que certains « pasteurs » en ont fait de l’interprétation, pourtant erronée, le thème principal de leurs sermons « politiques ».
Il y a aussi l’Usn. Des personnalités de la trempe d’André Mbata (auteur des phrases « Cette Constitution est la meilleure depuis 1960 » ou « La Constitution, c’est sacré ») auraient pu convaincre le chef de l’État et son parti du bien-fondé de la position qu’ils exprimaient librement et courageusement du temps de Joseph Kabila.
Hélas ! Ils ont fait le choix de la rétractation, déroutant la communauté intellectuelle.
Quand l’injure et le mensonge sont des faits cultuels et culturels !
La chute de la dernière livraison vient compléter le titre de la livraison du jour en ce que ce dont on a joui ou ce dont on jouit depuis 2006 en termes d’espèces sonnantes et trébuchantes, de formation (instruction), de sécurité, d’accès à l’emploi, d’acquisition des biens immobiliers et mobiliers, voire de création de la famille a un lien direct ou indirect avec la Constitution.
Ne serait-ce qu’à ce titre, on doit s’abstenir d’agir ou de réagir comme le font certains Congolais habitués à « maltraiter publiquement la femme comme ils le font avec la Constitution, sans cependant la moindre gêne lorsqu’il faut assoupir les instincts « animaux » !
Cette chosification ne présage rien de bon pour la Constitution en préconisation dès lors que l’injure et le mensonge sont des faits à la fois cultuels et culturels !
PROCHAINEMENT : »Tragédie pour les présidentiables septuagénaires en 2028 : Tshisekedi leur ôte tout espoir de succession ! »
Omer Nsongo die Lema
