Ville morte à Kinshasa : Le Pouvoir et ses vrais alliés !

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La ville morte décrétée à Kinshasa n’a pas mis la capitale à genoux. Mais elle a produit un effet politique plus profond. Elle a révélé les loyautés.

L’opposition n’a pas obtenu la paralysie totale qu’elle espérait. L’État a tenu et plusieurs services ont fonctionné. Des citoyens se sont rendus au travail, des activités économiques se sont poursuivies et Kinshasa n’a pas basculé dans le chaos.

 

Mais le pouvoir aurait tort de crier victoire trop vite. Dans plusieurs quartiers, la peur, la prudence et l’incertitude ont poussé des Kinois à rester chez eux. Ce n’était pas toujours une adhésion au mot d’ordre de l’opposition. C’était aussi un réflexe de survie, dans une ville où l’instabilité peut coûter un véhicule, un commerce, une journée de revenu ou la sécurité d’une famille.

 

La vraie leçon est donc ailleurs. Cette journée a été un test grandeur nature pour la majorité. On a vu ceux qui étaient présents. On a vu ceux qui tenaient la ligne. Mais on a aussi vu ceux qui parlaient fort hier et se sont tus aujourd’hui. On a vu les dignitaires de salon, les soutiens de façade, les alliés météo, ceux qui aiment le pouvoir quand il distribue, mais disparaissent lorsqu’il est testé.

 

La loyauté politique ne se mesure pas dans les photos officielles, les audiences, les applaudissements ou les communiqués flatteurs. Elle se mesure dans les moments de tension. Lorsque la rue hésite. Lorsque l’opposition cherche à imposer un rapport de force. Lorsque l’État attend de ses propres alliés courage, présence et clarté.

 

Dans un pays confronté à la guerre, aux pressions économiques, aux attentes sociales et aux rivalités d’influence, on ne gouverne pas avec des loyautés molles ou partagées. On ne traverse pas les tempêtes avec des alliés de circonstance. On ne protège pas l’État avec des dignitaires qui calculent leur position selon la direction du vent.

 

Cette ville morte n’a donc été ni une victoire totale de l’opposition, ni une défaite du pouvoir. Elle a été un miroir. Elle a montré une population qui refuse le chaos, un État encore debout et une majorité dont certaines fidélités méritent d’être sérieusement interrogées.

 

Kinshasa n’a pas seulement vécu une journée de ville morte. Elle a organisé, sans le dire, un casting politique sans convocation. Certains ont confirmé leur loyauté. D’autres ont confirmé leur inutilité.

 

Le majorité aurait tort de ne pas en tirer les conséquences. Dans les temps durs, les postes ne doivent plus revenir aux figurants, mais aux combattants politiques. La compétence, l’équilibre politique et l’expérience comptent.

Mais lorsque la Nation traverse une zone de turbulence, la loyauté éprouvée compte davantage encore.

 

Nico Minga, Économiste et Géostratège

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