Article 64 : défendre la République au-delà des hommes (Par Nico Minga, Économiste et Géostratège)
L’article 64 de la Constitution congolaise n’est pas une arme partisane. Il ne protège ni un homme, ni un camp, ni un régime par complaisance. Il protège l’État, la souveraineté nationale, l’ordre constitutionnel et le droit du peuple congolais à choisir ses dirigeants par les urnes.
Dans le contexte actuel, cette lecture est essentielle. Le Président Félix-Antoine Tshisekedi a été élu à 73,47 % et son mandat a été validé par les institutions compétentes. Ceux qui contestent son action disposent des voies démocratiques, notamment le débat public, l’opposition pacifique, les recours légaux et les prochaines échéances électorales.
Mais lorsque la contestation devient rébellion armée, occupation territoriale, appui à des forces étrangères, sabotage économique ou tentative de changement de pouvoir par la force, elle sort du champ démocratique et entre dans celui de l’article 64.
La question dépasse donc la politique intérieure. Elle touche à la géopolitique et à la géoéconomie. La RDC est au cœur des rivalités mondiales par ses minerais critiques, son potentiel énergétique, ses forêts, ses terres arables et ses corridors stratégiques.
Une économie de guerre qui se cache
Contrôler une partie du territoire congolais, c’est contrôler des ressources, des routes commerciales, des circuits de contrebande et des leviers de pression sur Kinshasa.
Derrière certaines violences se cache une économie de guerre. Derrière certaines rébellions se trouvent des intérêts miniers, financiers, logistiques et géostratégiques.
L’article 64 s’applique donc contre toute entreprise de prise ou de renversement du pouvoir par la force, qu’elle soit portée par des groupes armés, des réseaux politiques internes, des intérêts économiques clandestins, d’anciens dignitaires ou des parrains étrangers.
La RDC peut accepter la critique politique. Elle ne peut pas accepter la déstabilisation de l’État. Elle peut entendre l’opposition. Elle ne peut pas tolérer que des acteurs armés ou leurs soutiens prennent le pays en otage pour accéder au pouvoir ou contrôler ses richesses.
Barrer la route à toute entreprise de déstabilisation est donc un devoir national. Ce devoir dépasse la personne du Président. Il engage l’État, les institutions, la société civile, les partis politiques, les médias, la jeunesse et chaque citoyen attaché à l’unité du Congo.
Alors, C4 ou C64. Le choix républicain ne peut être celui de la destruction, du chaos et de la violence. Il doit être celui de l’article 64, compris comme un devoir de vigilance nationale, de défense constitutionnelle et de résistance citoyenne à toute confiscation du pouvoir par la force.
Il ne s’agit pas de défendre aveuglément un homme. Il s’agit de défendre la Constitution, le territoire national, les ressources stratégiques, la paix civile et la souveraineté populaire.
Dans une République, le pouvoir se conquiert par les urnes, non par les armes. Par le peuple, non par les parrains étrangers. Par la Constitution, non par la déstabilisation.
