Durcissement de la position du département d’État américain contre Kigali (John Ngombua)

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Nos prédictions annonçaient un durcissement de la position du département d’État américain contre Kigali pour le mois de mai. Finalement, l’écart aura été de moins d’un mois, puisque Marco Rubio et Massad Boulos fixent désormais au courant du mois de juin le retrait de la RDF (Rwanda Defence Force) de la RDC. Ce léger décalage est la conséquence directe du lobbying acharné de Paul Kagame ; sous cet angle, les propos acerbes de Tibor Nagy contre Félix Tshisekedi n’avaient rien de gratuit.

Si Washington a fait une concession en frappant simultanément le M23 et les FDLR, c’est parce que les initiés du dossier savent pertinemment une chose : tant que les FDLR ne représentent qu’une menace relative pour Kigali, Kinshasa n’a aucun intérêt à détrôner le dictateur rwandais. Ce dernier pourrait d’ailleurs poursuivre son règne ad vitam aeternam dans l’indifférence totale de la RDC. En revanche, le monde entier comprend désormais pourquoi le Rwanda s’obstine à vouloir s’installer au Kivu. Toute honte bue, Kagame a tenté d’obtenir une rétrocession sur Rubaya, confirmant ce qui n’était qu’un secret de polichinelle : ce narratif victimaire permanent n’a qu’un soubassement trivial et mercantile.

À présent que la tempête de l’histoire s’apprête à souffler, mûr ou pas, le fruit de la haine et de la violence rwandaise va tomber de l’arbre de la paix congolais, sur lequel il s’est si longtemps agrippé telle une sangsue. Comme dans les récits bibliques, ils s’entredéchireront avant leur chute. À Minembwe, ils se dressent déjà les uns contre les autres, divisés entre ceux qui veulent rejoindre la République et ceux qui s’entêtent dans la trahison. Ils seront cueillis comme des chenilles. À Rubaya, l’envoi de mercenaires en première ligne en guise de renfort est un message éloquent : la population a définitivement tourné le dos à ce mouvement de prédation et d’occupation.

La suite de la partie, c’est Trump qui la joue.

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