Le changement de Constitution procède d’une ambition historique majeure, d’une vision civilisationnelle et d’un projet national de long terme (Germain Kambinga)
C’est précisément pour cette raison que je défends, depuis 2017, l’avènement d’une Quatrième République.
Ma position ne repose ni sur les contingences du moment ni sur les intérêts d’un acteur politique particulier. Elle procède d’une réflexion sur la place que la République Démocratique du Congo est appelée à occuper dans le monde qui se construit sous nos yeux .Je prétends ici donner les fondements d’un nouveau pacte constitutionnel:
Une République de la compétence
Le premier pilier d’une Quatrième République doit être l’institutionnalisation de la méritocratie.
L’État congolais doit progressivement évoluer vers un modèle où les responsabilités publiques sont attribuées selon les compétences, les résultats et l’intégrité.
L’homme qu’il faut à la place qu’il faut.
Cette exigence doit devenir un principe constitutionnel structurant de la gouvernance publique.
Une République de la performance
L’action publique doit être soumise à une obligation de résultats.
Les contrats de performance, les indicateurs d’évaluation et les mécanismes de reddition des comptes doivent être intégrés au fonctionnement normal des institutions.
L’exercice du pouvoir doit être apprécié non à l’aune des intentions mais à celle des résultats obtenus.
Une République stratège
La RDC doit assumer son rôle géopolitique particulier dans l’économie mondiale.
Ses institutions doivent être conçues pour accompagner la transformation industrielle de ses ressources naturelles, favoriser l’émergence d’un capital national puissant et soutenir l’innovation technologique, soutenir l’innovation technologique.
Provincialisation du développement : Une République du développement territorial
Chaque province doit devenir un véritable pôle de développement articulé autour de ses avantages comparatifs.
L’objectif doit être de passer d’une logique de redistribution à une logique de création de richesse territoriale.
Le développement national doit être la synthèse des stratégies de développement provinciales. Nous parlons ici de Provincialisation du développement.
Une République de la responsabilité
L’une des faiblesses récurrentes de notre gouvernance réside dans l’absence de conséquences réelles lorsqu’une disposition constitutionnelle demeure inappliquée.
Une future Constitution devra intégrer des mécanismes explicites de responsabilité et de sanction politique.
Dans un État moderne, l’absence d’exécution d’une obligation constitutionnelle ne peut rester sans conséquence.
Une République du savoir
Le développement durable de la RDC passera nécessairement par la valorisation du capital humain.
L’enseignement technique, scientifique, professionnel et technologique doit devenir un axe prioritaire de la politique nationale.
Le véritable minerai stratégique du XXle siècle n’est pas seulement celui qui se trouve dans notre sous-sol ; c’est également l’intelligence de notre jeunesse.
Conclusion : penser le siècle plutôt que l’échéance
La question fondamentale n’est donc pas de savoir s’il faut ou non changer la Constitution.
La question fondamentale est de savoir pourquoi la changer et au service de quelle ambition historique.
Une Constitution ne doit jamais être l’instrument d’une circonstance politique. Elle doit être l’expression d’un destin collectif.
Si la République Démocratique du Congo devait s’engager sur la voie d’une Quatrième République, celle-ci devrait être conçue non comme la Constitution d’un pouvoir, mais comme la Constitution d’une nation décidée à transformer son potentiel exceptionnel en puissance économique, technologique et civilisationnelle.
L’histoire offre rarement plusieurs fois la même opportunité aux peuples.
Le défi de notre génération est de faire en sorte que le XXle siècle soit celui de l’avènement de la puissance congolaise
