Ainsi, depuis 2005 qu’il avait ordonné le boycott du référendum, l’Udps n’a jamais songé à élaborer un projet de Constitution !

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Preuve que ce parti ne s’est nullement préparé à la conquête et à l’exercice du Pouvoir d’État ! D’où tout le mal qu’il se donne pour le conserver…

Texte rédigé à l’étranger et par des étrangers

Le doute n’est pas permis. Après avoir fait les yeux doux aux Catholiques en évoquant le nom du cardinal Laurent Monsengwo pour le projet de Constitution de 1992, Augustin Kabuya a cru rééditer l’exploit auprès des Protestants en rappelant le lien existant entre Mgr Pierre Marini Bodho et la Constitution actuelle. D’abord, le lundi 25 mai 2026, lors du lancement des consultations visant la création de la Coalition 4 (C4) acquise au changement de la Constitution, le président intérimaire et secrétaire général de l’Udps a fait la déclaration suivante : »Contrairement à ce que les Donatien Nshole et Fridolin Ambongo sont en train de faire, en contradiction avec les combats de Monseigneur Monsengwo et du peuple congolais en général, nous nous disons ceci : nous allons utiliser la Constitution de 1992 et cette Constitution sera adaptée aux réalités actuelles. On ne peut pas effacer l’histoire d’un peuple seulement pour favoriser des gens qui avaient pris les armes afin de nous imposer leur volonté ».

Pas du tout belligérants

Ensuite le 5 juin 2026. Il s’est certes souvenu de Pierre Marini Bodho, président du Sénat à l’origine de la rédaction et de l’adoption du projet de Constitution soumise au référendum organisée les 19 et 20 décembre 2005. Mais, il s’est abstenu de rappeler aux

Protestants qu’il s’agit justement du texte attribué par l’Udps aux belligérants, car rédigé à l’étranger pour les étrangers.

Il n’a même pas pris conscience de choquer l’aréopage l’ayant invité. La vérité est que la Société civile, qui avait obtenu du Dialogue intercongolais la présidence de la chambre haute, et l’Opposition politique (dont faisait partie l’Udps) n’était pas, elles, des belligérants ! Elles avaient mis leurs expérience et expertise dans la rédaction du projet de la loi fondamentale.

Toujours pas en mesure de produire une seule raison !

Augustin Kabuya a saisi l’occasion pour rappeler l’engagement pris par Etienne Tshisekedi de changer la Constitution une fois au pouvoir.

L’ennui est que depuis la relance du débat autour de la loi fondamentale, il peine à produire une seule raison avancée par le Sphinx de Limete pour justifier le rejet du référendum.

Ignorant visiblement tout de l’épopée de la Conférence nationale souveraine (CNS), le chef de l’exécutif de l’Udps va se contenter de déclarer : »Aujourd’hui, nous sommes rattrapés par cette réalité historique, nous sommes au pouvoir. Alors, allons-nous négliger la promesse faite à notre peuple par notre père fondateur, Étienne Tshisekedi, ou bien allons-nous faire la volonté des belligérants ? N’oubliez pas que cette Constitution est le fruit des belligérants ».

A ce stade, il est indiqué de rouvrir à son attention un épisode qui lui échappe. L’Afdl n’avait nullement interrompu le schéma de la CNS. Ce dernier avait cessé d’exister formellement à partir de 1994 lors de la mise en place de la 3ème voie, entendez la neutralisation des schémas CNS en 1992 et CPK (Conclave Politique de Kinshasa) en 1993.

Lorsque Léon Kengo était redevenu Premier ministre en 1994, on n’était dans la fusion qui favorisa peu après la confusion.

La preuve est que nommé pour la troisième fois Premier ministre le 2 avril 1997, Etienne Tshisekedi avait relancé le schéma CNS (alias « retour à la légalité ») et réservé à l’Afdl des postes dans son gouvernement.

Le 9 avril, Mobutu l’avait écarté pour le remplacer le même jour par le général Norbert Likulia. Un militaire

Or, le poste de Premier ministre était réservé, selon l’article 78 de l’Acte Constitutionnel de la Transition du 09 avril 1994 à la « famille politique autre que celle à laquelle appartient le Chef de l’Etat ».

La charrue avant le bœuf

Ceci dit, la question qui revient au galop est de savoir si l’Udps, pendant ses 37 ans d’existence en tant que parti de l’Opposition, a seulement songé à doter un jour le pays d’un projet de Constitution qui reflète sa vision !

En dehors du draft confectionné pendant la CNS avec pour auteur supposé le Pr Marcel Lihau (broyé peu après par la machine à diaboliser pro-Tshisekedi Sr), il n’y a pas un autre texte du genre.

Ainsi, Augustin Kabuya fait certainement allusion à ce projet. 

Or, dès l’instant où, au retour du Dialogue intercongolais 10 ans après, le Sphinx ordonna le boycott du référendum constitutionnel – donc par ricochet la Constitution de 2006 – l’Udps se devait de confectionner son propre draft en prévision de son accession au Pouvoir, tôt ou tard.

Il se constate seulement que de 2005 à 2018, ce parti ne l’a pas fait et, pire, depuis 7 ans qu’il jouit du statut de parti présidentiel, il n’y a pas songé ! Autrement, il l’aurait brandi !

Hélas, mettant la charrue avant le bœuf, le voici courant après la « succession Monsengwo » pour récupérer le draft portant sans doute la touche de Marcel Lihau, draft ayant pourtant dépouillé le Président de la République de toutes ses prérogatives régaliennes au profit du Parlement et du Gouvernement !

En réalité, la CNS animée par l’Udps était dans le schéma « Le chef de l’Etat règne, le Chef du Gouvernement gouverne ».

Pas la culture des textes

Naviguant visiblement à vue, Augustin Kabuya parle d’adaptation aux réalités actuelles sans pour autant les révéler.

Finalement, il y a de quoi tomber des nues ! Car on a du mal à comprendre que depuis 1992 que Mobutu avait liquidé le schéma de la CNS ou depuis 2005 qu’Etienne Tshisekedi avait boycotté le référendum constitutionnel, aucun des juristes membres actifs ou membres sympathisants de ce parti n’ait songé à doter le Congo d’une Loi fondamentale incarnant, comme relevé ci-dessus, sa vision pour le pays !

La vérité à retenir est que l’Udps n’a pas la culture des textes. S’il ne respecte déjà pas ses propres statuts et règlement intérieur, encore moins ses engagements politiques avec des partenaires, rien ne rassure de sa volonté de s’appliquer la Constitution même de son propre cru !

Au fait, c’est dans l’ADN des Tshisekedi politiques : « moissonner là où ils ne sèment pas…! »

 

Omer Nsongo die Lema

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