Quelle paix cherchons-nous ?

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Le 10 juin 1963, John F. Kennedy prononçait à l’American University un discours historique, prélude au Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires et à une réorientation stratégique loin de la crise des missiles de Cuba. Il y posait une question centrale : »De quel genre de paix parlons-nous ? Pas une Pax Americana imposée par les armes, pas la paix de la tombe ni la sécurité de l’esclave. Je parle d’une paix authentique, celle qui rend la vie digne d’être vécue, qui permet aux hommes et aux nations de s’épanouir, d’espérer et de construire un avenir meilleur pour leurs enfants — une paix pour tous, pas seulement pour notre temps, mais pour toujours. »

Pour Kennedy, les problèmes du monde n’étaient pas une fatalité, mais le résultat de choix humains : »Nos problèmes sont le fait de l’homme ; donc, l’homme peut les résoudre. Aucun problème lié à la destinée humaine n’est hors de portée. La raison et l’esprit ont souvent résolu ce qui semblait insoluble, et nous croyons qu’ils peuvent le faire à nouveau. La paix n’est pas nécessairement irréalisable, et la guerre n’est pas nécessairement inévitable. »

Aujourd’hui, cette affirmation est mise à l’épreuve. Le 9 juin, le Commandement central américain a annoncé des frappes de « légitime défense » contre des installations iraniennes, en réponse à la destruction d’un hélicoptère Apache — un acte dont le Pentagone ne peut confirmer l’intention. Pourtant, le blocus naval américain des ports iraniens constitue un acte de guerre, les contre-mesures iraniennes relèvant de facto de la légitime défense. L’Iran a riposté en frappant des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie.

Au Liban, des drones israéliens diffusent des enregistrements d’enfants en pleurs pour attirer les civils hors de leurs maisons, utilisant une tactique que l’armée israélienne a mise en pratique à Gaza, tandis que le ministre Ben-Gvir propose d’emprisonner les femmes et les enfants présumés du Hezbollah dans des prisons notoires pour leurs tortures… Quant à l’Ukraine et la Russie, elles échangent des frappes, et la « Coalition des volontaires » réaffirme son engagement à perpétuer ce cycle.

Rien de tout cela ne ressemble à la paix que Kennedy appelait de ses vœux. Pire, alors qu’ils s’apprêtent à célébrer les 250 ans de leur guerre d’indépendance contre l’empire britannique – une indépendance à la victoire de laquelle la France a contribué – les Etats-Unis se sont jetés dans le piège que pressentait John Quincy Adams dès 1821 : en cherchant des monstres à détruire à l’étranger, l’Amérique risquerait de devenir « la dictatrice du monde. Elle ne serait plus la maîtresse de son propre esprit ».

Pourtant, une architecture de la paix émerge, inachevée mais visible. Le pape Léon XIV, premier pape américain, recevra la Médaille de la Liberté le 3 juillet à Philadelphie, après son voyage en Espagne où il s’est adressé, à Madrid, à 600 000 jeunes : « Soyez les étincelles d’une nouvelle humanité. »

D’autres initiatives montrent des initiatives encourageante. À l’Asia Society, la présidente du Kuomintang, Cheng Li-wun, a présenté une feuille de route pour la paix entre la Chine et Taïwan, avec un message clair à Washington : « Vous ne rendrez sa grandeur à l’Amérique qu’en trouvant un moyen de cohabiter avec la Chine, non en entrant en guerre. » Poutine a réitéré l’offre russe de retirer l’uranium enrichi de l’Iran sous contrôle de l’AIEA, et Fyodor Soloviev évoque le potentiel du tunnel du détroit de Béring comme infrastructure mondiale. Aux Etats-Unis, la candidate indépendante Diane Sare organisera un événement de campagne dédié à la paix.

L’arc de l’histoire ne se courbe pas vers la paix de lui-même. C’est à nous de lui imprimer cette direction.

Rejoignez la Coalition internationale pour la paix ce vendredi avec Helga Zepp-LaRouche, fondatrice de l’Institut Schiller et initiatrice de la Coalition internationale pour la paix ; Diane Sare, candidate indépendante à la présidence des États-Unis ; María Josefa Rodríguez Hernández, de Murcie (Espagne), militante de l’Institut Schiller en Espagne ; le père Harry Bury, prêtre catholique depuis 70 ans, militant pour la paix de longue date, et actif au sein de Twin Cities Nonviolent et de l’Association des prêtres catholiques des États-Unis.

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