Mondial 2026: nuit de passion pour les marocains de Bruxelles (Reportage de Mohammed HAMIDDOUCHE)

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Quelques minutes avant minuit, les dernières tables libres ont rapidement trouvé preneurs dans un petit café marocain du quartier Lemonnier, au cœur de Bruxelles. Dans cette zone populaire de la capitale belge, connue pour abriter une importante communauté marocaine, l’effervescence était palpable bien avant le coup d’envoi du très attendu Maroc-Brésil, l’une des affiches les plus prestigieuses de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026.

Drapés dans des drapeaux rouges frappés de l’étoile verte, vêtus de maillots des Lions de l’Atlas ou simplement venus partager un moment de communion, des supporters de tous âges ont envahi les lieux pour soutenir la sélection nationale marocaine face à la mythique Seleçao brésilienne.

Malgré une heure de début peu favorable, minuit heure locale en Belgique, rien ne semblait pouvoir retenir les passionnés. Les conversations allaient bon train autour des verres de thé à la menthe et des cafés serrés, tandis que les regards restaient rivés sur les écrans installés dans chaque coin de l’établissement.

« C’est un match historique. Après ce que le Maroc a réalisé au Qatar en 2022, on sait que tout est possible », confiait avant la rencontre Yassine, 28 ans, habitant du quartier.

Le duel opposait deux poids lourds du football mondial, respectivement septième et sixième au dernier classement FIFA. Une confrontation qui réveillait les souvenirs de l’épopée marocaine au Mondial qatari, lorsque les Lions de l’Atlas avaient atteint les demi-finales, une première pour une nation africaine et arabe.

Au fil des minutes, l’excitation et l’enthousiasme montaient d’un cran dans le café. Chaque intervention défensive, chaque accélération offensive des hommes de Mohamed Ouahbi était saluée par des applaudissements nourris ou des exclamations enthousiastes.

Puis vint l’instant que personne n’oubliera de sitôt. Lorsque le Maroc surprit le Brésil en ouvrant le score, le petit établissement explosa littéralement de joie. Des youyous retentirent dans la salle, immédiatement couverts par les cris de bonheur des supporters. Les applaudissements redoublèrent d’intensité tandis que le son d’une trompette résonnait au milieu d’une marée humaine en liesse.

Pendant plusieurs minutes, les accoladent se multiplièrent entre inconnus. Certains sautaient sur place, d’autres filmaient la scène avec leur téléphone pour immortaliser l’instant.

« Quel but ! Quel moment ! », lançait un supporter, les bras levés vers le plafond. « On montre encore une fois que le Maroc peut rivaliser avec les plus grandes nations ».

Le Brésil parvint toutefois à revenir au score, arrachant un match nul (1-1) au terme d’une rencontre intense et disputée. Loin de susciter la déception, ce résultat fut accueilli avec satisfaction dans le café bruxellois. Les supporters saluaient unanimement la qualité de la prestation marocaine face à l’un des géants du football mondial.

« On a joué sans complexe. Ce nul contre le Brésil vaut beaucoup », estimait Hassan, 52 ans qui a suivi la rencontre avec son fil de 17 ans. « Cette équipe a du caractère et peut aller loin dans cette Coupe du monde », dit-il.

Même optimisme chez Ouafae, qui espère voir les Lions rééditer leur exploit de 2022. « Pourquoi ne pas rêver encore plus grand ? On a une génération exceptionnelle. J’espère qu’elle ira jusqu’au bout et qu’elle ramènera la Coupe au Maroc », confie-t-elle dans une déclaration à la MAP.

Au fil des discussions, les références au parcours historique du Qatar revenaient régulièrement. Beaucoup estimaient que l’expérience acquise ces dernières années et la maturité du football marocain autorisaient désormais les ambitions les plus élevées.

Peu après la fin du match, les supporters quittèrent progressivement les lieux. Malgré l’euphorie et l’affluence, la dispersion s’effectua dans le calme et la bonne humeur.

Dans les rues alentour, quelques drapeaux marocains flottaient encore au-dessus des groupes de supporters qui regagnaient leur domicile, satisfaits d’avoir partagé ensemble ce moment de fierté collective.

Une scène illustrant l’attachement intact de la diaspora marocaine à son équipe nationale, mais aussi l’image d’une communauté bien intégrée dans le paysage bruxellois, capable de célébrer avec ferveur ses succès sportifs tout en préservant un climat serein. A Bruxelles, comme partout où battent les cœurs marocains, le rêve mondial continue.

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