Coupe du Monde : Les Lions de l’Atlas reprennent leur souffle épique  

Au bout du suspense et d’une séance de tirs au but irrespirable face aux Pays-Bas (1-1, 3-2 t.a.b.), le Maroc s’est hissé en huitièmes de finale du Mondial 2026 à Monterrey. Un nouveau braquage de cœur signé Yassine Bounou.

Ils ne meurent jamais. Quatre ans après leur épopée qatarienne, les Lions de l’Atlas ont réactivé le mode « frissons » dans la nuit mexicaine de Monterrey. Face à des Néerlandais longtemps au bord de la rupture puis cyniques, le Maroc a dû arracher sa qualification au bout de la nuit, au bout de l’effort, pour s’offrir un huitième de finale royal face au Canada.

Pourtant, le scénario a bien failli virer au hold-up parfait pour les Oranje lorsque Cody Gakpo a climatisé le clan marocain à la 72e minute. Mais l’ADN de cette équipe est fait d’un métal rare. Portés par un coaching gagnant de Mohamed Ouahbi, les Marocains ont arraché la prolongation au bout des arrêts de jeu grâce à un coup de casque salvateur d’Issa Diop. Avant que le maître des horloges, Yassine Bounou, ne décide de figer le temps lors de la séance fatidique. Le grand frisson continue.

Le Maroc prend les devants

Dès le coup d’envoi, le round d’observation tourne court. C’est le Maroc qui prend le jeu à son compte, bien décidé à imposer son rythme. Comme souvent, l’étincelle vient du couloir droit où Achraf Hakimi, brassard vissé au bras, dynamite le bloc néerlandais par ses projections et la précision de ses coups de pied arrêtés.

La première alerte sur la cage de Bart Verbruggen survient à la 18e minute : sur un corner millimétré de Hakimi, El Aynaoui s’élève plus haut que tout le monde mais se heurte à une parade réflexe XXL du portier batave. Dans la continuité, le ballon revient sur Hakimi à l’entrée de la surface. La mine du capitaine marocain oblige Verbruggen à une nouvelle claquette d’urgence. Côté Oranje, le premier acte est d’une pauvreté technique rare, à l’exception d’un sursaut juste avant la pause de Micky van de Veen, dont la frappe soudaine teste les gants d’un Yassine Bounou déjà impeccable de vigilance.

La transversale maudite de Hakimi

Au retour des vestiaires, les Lions de l’Atlas passent la vitesse supérieure. Le chef-d’œuvre tactique passe tout près d’aboutir à la 52e minute lorsque Azzedine Ounahi, d’une merveille de ballon piqué dans l’intervalle, lance Hakimi dans la surface. Le latéral du PSG catapulte un missile qui vient fracasser la barre transversale d’un Verbruggen totalement battu.

Le kop marocain exulte à moitié, le KO était proche. Quelques minutes plus tard, c’est encore Hakimi qui s’échappe, mais Van de Veen signe un tacle défensif monumental pour sauver la patrie oranje. Le Maroc confisque le ballon, assiège le camp adverse, mais le football de très haut niveau possède cette règle cruelle : dominer n’est pas gagner.

Le coup de poignard de Gakpo

Contre le cours du jeu, la foudre s’abat sur le Maroc à la 72e minute. Un long ballon aérien sème la panique et le désalignement dans la charnière marocaine. À la retombée, Crysencio Summerville s’arrache pour protéger son ballon et servir Cody Gakpo. L’attaquant néerlandais ne se pose pas de question et ajuste Bounou d’une reprise instantanée.

Le coup est terrible, presque injuste pour des Marocains supérieurs dans tous les compartiments du jeu. Mais ce Maroc-là a de la ressource. Mohamed Ouahbi n’hésite pas et lance toutes ses forces dans la bataille : Anas Salah-Eddine, Yassine Jassim, Samir El Morabit, Soufiane Rahimi et Chemseddine Talbi entrent pour sonner la charge de la dernière chance.

Diop en sauveur

Le siège des cages néerlandaises s’organise et la digue finit par rompre à la 91e minute, dans le money-time. Sur un centre brossé diabolique de Talbi, Issa Diop s’envole dans le ciel de Monterrey, devance le géant Virgil van Dijk et catapulte une tête rageuse au fond des filets.

L’explosion de joie est totale, le banc marocain envahit la pelouse. C’est une récompense d’une logique implacable pour des Lions qui n’ont jamais cessé d’y croire. Les Pays-Bas, qui touchaient déjà le ticket des huitièmes du bout des doigts, prennent un immense coup sur la casquette avant d’aborder la prolongation.

Bounou, ce héros mondial

La séance commence par un frisson d’effroi : El Aynaoui manque sa tentative d’entrée. Mais Rahimi remet les siens à l’endroit d’un tir plein de sang-froid, imité par Talbi. Le suspense atteint son paroxysme lorsque Hakimi trouve le poteau sur le quatrième tir marocain.

C’est le moment choisi par Yassine Bounou pour rappeler à la planète foot qu’il est un géant de cet exercice. Le dernier rempart marocain éteint Summerville d’un arrêt magistral, avant de laisser à Ismail Saibari le soin de transformer le tir au but de la délivrance. Les Pays-Bas, premiers du Groupe F, prennent la porte. Le Maroc, lui, continue d’écrire sa légende.

Et maintenant, le Canada

Deuxième du Groupe C à la différence de buts derrière le Brésil (7 points), le Maroc a fait tomber un cador européen grâce à sa résilience et sa force mentale. Le rendez-vous est pris avec le Canada pour un huitième de finale qui s’annonce bouillant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *