Un Dialogue national inclusif par l’annonce, exclusif par des sujets à aborder !

Puisse l’annonce officielle de ce forum faite jeudi 17 juillet 2026 ne pas ressembler à celle d’Iyonda sous Mobutu en prévision de la réouverture de la Conférence nationale souveraine. Puisse la manif’ du 22 juillet prochain ne pas ressembler à la Marche des Chrétiens du 16 février 1992 réprimée dans le sang !

Faire taire l’extrémisme

L’Histoire semble se répéter après 34 ans de tâtonnements.

À 5 jours de la manifestation de C64 initiativelement prévue le 8 juillet dernier mais reportée au 22 juillet prochain, on assiste à une sorte de remake.

En effet, si en 1992 Mobutu avait chargé le cardinal Frédéric Etsou (reçu en audience seul) d’annoncer la reprise des travaux de la CNS suspendus le19 janvier de la même année par le Premier ministre Jean de Dieu Nguz Karl I Bond, c’est le tour aujourd’hui de Félix Tshisekedi d’en confier la responsabilité à une délégation du binôme CENCO-ECC flanqué du binôme Églises du Réveil- Comico.

Le cardinal Fridolin Ambongo a eu l’honneur d’en livrer le message au public au sortir de l’audience leur accordée par le Président de la République à la cité de l’Union africaine.

Ouvrons une parenthèse pour noter que Mobutu avait redouté la manif’ prévue le 16 février 1992 ; Tshisekedi redoute celle du 22 juillet.

Maintenant au moins que le processus des préparatifs va s’enclencher, il faut bien faire taire les extrémismes pour éviter d’enfermer le Dialogue dans tout narratif démobilisateur. Comme celui développé dans la soirée du 17 juillet 2026 par l’archevêque Evariste Ejiba, chantre d’un Dialogue focalisé uniquement sur l’agression rwandaise !

Les causes profondes dont on parle y sont liées

Il l’a fait en s’accrochant désespérément et maladroitement aux propos de Paul Kagame sur des « terres rwandaises » rattachées à la RDC, propos tenus lors de son séjour au Bénin en avril 2023.

Les « Communicateurs » de la 25ème heure les ont  réchauffés en janvier 2026 pour les transformer en scoop de l’année.

Or, deux scientifiques congolais, Prs Isidore Ndaywel et Bob Kabamba, avaient réagi à l’époque en démontrant  le contraire : le Rwanda détient des terres congolaises.

Constat : trois ans et trois mois après (avril 2023-juillet 2026), le Gouvernement congolais ne s’est jamais réuni à ce sujet ; il n’a jamais saisi les pays étrangers (puissances ayant participé à la Conférence internationale de Berlin en 1884-85), ni les organisations communautaires comme l’ONU et l’UA.

Pire, l’Assemblée nationale et le Sénat n’ont même pas initié  une plénière pour en débattre.

C’est vrai que les revendications territoriales rwandaises les impliquent aussi ces États et ces Organisations concernées pourtant par les causes profondes dont on parle tant.

Exclure du Dialogue national cette question  relève de la politique de l’autruche. Surtout quand on sait que l’Occident a dans le Rwanda son « Israël » pour les Grands Lacs.

États généraux de la République

A dire vrai, il n’y a pas que l’agression rwandaise à intéresser le Dialogue.

En elle-même, la crise au Congo est réputée multiforme et multisectorielle.

Aucun domaine de la vie nationale, au regard de la nomenclature gouvernemental n’est épargné. Tous sont confrontés à des problèmes structurels.

Voilà pourquoi à « BALISES », nous continuons de soutenir la formule « ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA RÉPUBLIQUE »

qui soient un Dialogue pour la « ré-création », la « re-fondation du Congo ». Un Dialogue au cours duquel il va falloir donner à ceux qui veulent le faire l’occasion de réparer en toute conscience et en toute responsabilité ce qui doit être réparé. Car personne ne peut être aujourd’hui fier de l’état d’un pays qu’on a servi en pole position 60, 50, 40 ou 30 ans durant et qui soit classé parmi les dix premiers pauvres au monde !

Dans l’entendement de « BALISES », c’est seulement à l’issue des EGR qu’on pourrait envisager la revisitation de la Constitution pour l’adapter au nouvel environnement politique, économique et social, cela dans la perspective bien définie de l’échéance 2060, Année du Centenaire de l’indépendance.

Dernier dialogue du siècle

Le concept « inclusif » doit l’emporter sur toutes autres considérations.

On ne doit pas se servir des millions de victimes pour cause des conflits à l’Est pour exclure d’autres sujets.

Ces guerres sont la conséquence logiques des contentieux non ou mal résolus, mieux de la mauvaise gouvernance. Des contentieux qui s’entremêlent.

Certains remontent même à avant la Conférence internationale de Berlin.

Il n’y a alors pas que ces victimes à être concernées par le Dialogue.

Pour ne prendre que les 66 ans d’indépendance du Congo, il y a des victimes de tous les ratages politiques, économiques et sociaux en enregistrement depuis 1960.

Ces ratages, révélés par exemple dans la Lettre des 13 Parlementaires au maréchal Mobutu datant du 1er novembre 1980.

Contournés lors de la Conférence nationale souveraine au cours de la décennie 1990 et lors du Dialogue intercongolais au cours de la décennie 2000, ils nous rattrapent.

66 ans après, on ne peut vraiment pas être fier de passer par compte « Perte-Profit » tout le mal fait à ce pays parce qu’il y a du Kagame à casser ou à bouffer !

Le choix entre l’être ou ne pas l’être

Ça ne serait que mépris à l’égard des Congolais que de chercher à justifier le Dialogue par une agression qui, somme toute, n’est pas la cause mais la conséquence des contentieux restés en l’état depuis des dizaines de décennies !

Que cela arrive sous son mandat, Félix Tshisekedi doit se sentir l’homme-clé de ce qui doit normalement être le « dernier Dialogue du siècle ». Un Dialogue que le Congo n’a jamais eu depuis la création de l’AIA. !

Ainsi, a-t-il le  choix libre entre être cette clé ou ne pas, mieux ne jamais l’être…

 

Omer Nsongo die Lema

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