Vers la commercialisation du Cacao congolais sur le marché chinois grâce à l’accord international sur le Cacao

Pour mieux affronter le marché chinois, la République démocratique du Congo veut accomplir toutes les conditionnalités en termes de qualité, de conditionnement ou de conformité des produits. C’est dans cette optique qu’il faut saluer la signature par la RDC de l’Accord International sur le Cacao (AIC) 2026 à Abidjan suivie de sa ratification. Ce fait n’est pas qu’un succès diplomatique, c’est un bouclier et un accélérateur économique direct pour les vaillants planteurs de ce pays. Le souhait pour la RDC, c’est de profiter de cette décision prise par les autorités chinoises, celle d’étendre le traitement tarifaire nul à 100% des lignes tarifaires pour 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. « Cette politique est pour moi une excellente nouvelle. Elle ouvre la porte à nos produits africains et nous donne un réel avantage », indique M. Gazzar, le commerçant égyptien, précisant qu’il étudie le marché chinois et son modèle commercial et se prépare à se consacrer entièrement à la Chine après avoir exporté des produits vers l’Europe et les Etats-Unis pendant 23 ans.

Dans sa tribune, le ministre congolais du Commerce extérieur évoque 12 avantages concrets et pragmatiques de l’Accord International sur le Cacao. Au regard du prix, des revenus et de la lutte contre l’exploitation, il soutient que l’application du « Revenu Vital Garanti » : L’AIC 2026 impose pour la 1ère fois des mécanismes de fixation des prix intégrant le coût de la vie décente du paysan. « Nos agriculteurs ne subiront plus de plein fouet les prix de misère imposés par les intermédiaires », dit-il.

Il cite aussi un pouvoir de négociation face aux acheteurs ougandais : À Beni, Mambasa et Butembo, la proximité de la frontière pousse les paysans à brader leur cacao en Ouganda. Grâce aux prix de référence internationaux vulgarisés par l’accord, le producteur congolais sait exactement ce que vaut sa récolte et peut refuser l’exploitation.

Sans oublier l’accès direct aux primes pour le Cacao Bio et Aromatisé : La Tshopo et le Grand Nord-Kivu produisent un cacao d’une qualité exceptionnelle (souvent biologique). L’accord ouvre la voie aux circuits de commerce équitable qui paient des primes de qualité (surplus financier) directement aux coopératives locales.

​Au sujet du financement, de la structuration et de l’appui technique, Julien Paluku pense qu’en intégrant l’ICCO, la RDC accède aux fonds de développement internationaux, ce qui permettra de financer les coopératives avant la récolte, évitant que les paysans ne vendent leur production « en herbe » (à vil prix par manque de liquidités).

​La distribution de masse de bacs de fermentation et séchoirs : Le grand défaut du cacao de Beni ou de la Tshopo est parfois le taux d’humidité ou les impuretés. L’accord finance des programmes de modernisation technique : des centres de séchage et de fermentation collectifs vont être installés. Les fonds de l’ICCO appuieront le Ministère du Développement Rural pour structurer les agriculteurs isolés en coopératives solides. Unies, les coopératives de Beni ou de la Tshopo pourront exporter directement sans passer par des commissionnaires véreux.

 

​A propos de la souveraineté, la traçabilité et la certification, disons que la certification gratuite « Zéro Déforestation » (Norme UE) : L’Europe (principal acheteur) menace de bannir le cacao issu de la déforestation. L’accord prévoit un appui technique (cartographie satellite) pour certifier gratuitement que le cacao de la Tshopo, de Beni ou de Mambasa respecte les forêts, sécurisant ainsi leur accès au marché européen.

​La fin de la dépendance aux certificateurs étrangers : Grâce au partenariat obtenu avec les Américains en marge de cet accord, des Congolais seront formés pour certifier eux-mêmes le cacao de la RDC. Cela réduit les coûts de certification qui étaient autrefois payés à des agents venus de l’étranger. La traçabilité numérique et la reconnaissance de l’origine RDC : Le cacao congolais ne sera plus mélangé frauduleusement pour enrichir les statistiques des pays voisins. Le label « Cacao de Beni » ou « Cacao de la Tshopo » sera mondialement reconnu, ce qui augmente sa valeur marchande.

​Quant à l’enclavement, la logistique et la sécurité, partout, le cacao pourrit faute de transport rapide. L’accord soutient la construction d’entrepôts climatisés et de silos de stockage dans les grands centres pour conserver les fèves en parfait état en attendant leur évacuation.

L’engagement de la RDC dans cet accord accélère l’exécution du plan interministériel adopté le 08 mai 2026. Les axes routiers reliant les bassins de production de l’Est aux ports de sortie seront réhabilités en priorité.

Parce que l’accord exige une chaîne d’approvisionnement stable, le Gouvernement (via l’unité mixte Police-Douane-Armée) sécurisera en priorité les pistes et les plantations congolaises contre groupes armés et coupeurs de route.

Profiter de cette facilité

Disons que la Chine est restée le premier partenaire commercial de l’Afrique pour la 16e année consécutive. En 2024, le commerce bilatéral a atteint un nouveau record de 295,6 milliards de dollars.

Ces commerçants africains sont venus en Chine à la suite de la décision prise cette année par le pays d’étendre le traitement tarifaire nul à 100% des lignes tarifaires pour 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques.

« Cette politique est pour moi une excellente nouvelle. Elle ouvre la porte à nos produits africains et nous donne un réel avantage », indique M. Gazzar, précisant qu’il étudie le marché chinois et son modèle commercial et se prépare à se consacrer entièrement à la Chine après avoir exporté des produits vers l’Europe et les Etats-Unis pendant 23 ans.

« Le traitement tarifaire nul rendra certainement des produits africains plus compétitifs en Chine », explique Mao Tianyu, un responsable du Centre du commerce international (CCI). Les produits africains ont progressivement gagné du terrain en Chine, note-t-il, citant l’exemple du miel abordable et de qualité qui s’est bien vendu lors de l’événement.

Grâce au soutien politique et à la demande du marché, de nombreuses entreprises nationales prévoient d’introduire davantage de produits africains sur le marché chinois. Parmi elles, Merit Link, qui gère une plateforme ayant passé des années à aider les petites et moyennes entreprises (PME) chinoises à exporter, à créer des marques et à localiser leurs produits.

« Soutenus par la politique tarifaire nulle, nous ouvrirons une voie réservée aux exportateurs africains de produits agroalimentaires », déclare Steven Xu, président de Merit Link.

Le commerce entre la Chine et l’Afrique subit une profonde transformation, passant d’un modèle traditionnel basé sur les ressources à un modèle plus diversifié, à forte valeur ajoutée et à forte intensité technologique, selon un livre bleu sur la coopération économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique.

Le commerce agricole entre la Chine et l’Afrique passe de l’exportation de matières premières à celle de produits transformés, la coopération dans les services numériques et technologiques gagne du terrain, et le commerce électronique transfrontalier joue un rôle croissant, parallèlement aux canaux commerciaux traditionnels, indique le document.

« Nous sommes ravis d’explorer les stratégies et les modèles commerciaux du commerce électronique, ainsi que l’expérience de la Chine en matière de création d’opportunités pour les PME », explique M. Saria.

« Les connaissances, les compétences et les réseaux que nous acquérons en Chine sont des graines que nous devons planter lorsque nous rentrons chez nous », note M. Saria. « L’Afrique est ouverte aux affaires. J’invite chaleureusement les acheteurs et les investisseurs chinois à s’engager avec les entrepreneurs africains dans la mise en place de collaborations durables et mutuellement bénéfiques. »

Cependant, M. Mao évoque le fait que de nombreuses entreprises africaines n’ont toujours pas la capacité de répondre à la demande. Il appelle donc à une coopération approfondie dans les domaines tels que la chaîne d’approvisionnement et le commerce électronique, afin de permettre aux entreprises africaines d’avoir une plus grande portée mondiale.

JMNK

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