Dans le cadre du renforcement de la sécurité à Nyankunde, une entité située dans le territoire d’Irumu, à une quarantaine de Kilomètres de la ville de Bunia où l’épidémie d’Ebola continue de mettre à rude épreuve les communautés et les équipes médicales, la présence des Casques bleus de la Mission des Nations-unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo est perçue comme un facteur essentiel de stabilité. Les autorités sanitaires demandent désormais une présence permanente de la Mission afin de protéger les populations et de garantir la poursuite des activités de riposte.
Depuis le 16 juillet 2026, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a installé une base opérationnelle mobile à Marabo, à une quarantaine de kilomètres de Bunia. Une décision prise au lendemain de violents incidents survenus dans la région, notamment une tentative d’attaque du Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Nyakunde. Depuis la déclaration officielle de la 17e épidémie d’Ebola en RDC, le 15 mai 2026, les structures sanitaires sont régulièrement prises pour cible.

Selon les chiffres officiels, au moins douze centres de traitement ont déjà subi des attaques de groupes armés ou de populations en colère. À Rwampara, près de Bunia, à Mungwalu dans le territoire dey Djugu, et plus récemment à Nyakunde, ces violences ont perturbé la prise en charge des malades et ralenti la lutte contre une maladie qui a déjà fait plus d’un millier de victimes. Le mercredi 15 juillet, la mort d’une femme, épouse d’un milicien du Front patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), va déclencher une série d’événements qui plongeront Nyakunde dans la peur.
Selon des sources médicales, la jeune femme, qui venait d’accoucher à l’Hôpital général de référence de Nyakunde, succombe à une hémorragie. Peu après, des proches et plusieurs jeunes manifestants se dirigent vers le CTE, accusant Ebola de ne pas avoir permis une transfusion sanguine à temps. Une partie de l’enclos du centre est saccagée. Quelques heures plus tard, dans la soirée, la violence prend une autre dimension. Des hommes armés non identifiés assassinent le chef du FPIC à Masiya-Mbandi, entre Marabo et Nyakunde.
Le bilan est lourd : six morts, dont le chef du FPIC, Kakani Tondabo alias Hérode, trois gardes du corps et deux commerçants tués par balles perdues lors des échanges de tirs. Dans la foulée, tous les humanitaires internationaux évacuent les lieux. Des malades confirmés ou suspects quittent également le Centre de traitement. La tension gagne rapidement toute la région jusqu’à Bunia, où des tirs sporadiques sont entendus dans la nuit. Pour rétablir la sécurité et permettre le retour sécurisé des populations ainsi que celui des acteurs humanitaires, la MONUSCO déploie alors sa base mobile à Marabo, en appui aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Dans cette partie de l’Ituri, où la sécurité et la santé publique sont étroitement liées, les autorités sanitaires sont convaincues que la présence durable des Casques bleus pourrait contribuer à consolider les avancées obtenues contre Ebola et à restaurer davantage la confiance des communautés.
Maki Barack Patrick
