Un coup de tonnerre au cœur de Rabat. Pour son tout premier match dans une phase finale de TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations, le Malawi a fait trembler le continent sur ses bases en battant le Nigeria (3-2), tenant du titre et ogre absolu du football féminin africain. Un séisme majuscule, gravé à jamais dans les annales de la CAN.
Au stade Al Madina, personne ne donnait cher de la peau des Scorchers face aux Super Falcons, couronnées à dix reprises. Mais après une première période fermée, marquée par la discipline tactique et la résilience malawite, le choc a viré au chef-d’œuvre d’opportunisme. Sous l’éteignoir, les Nigérianes ont bafouillé leur football, paralysées par le bloc adverse.
Le show du duo Chawinga
Le second acte s’est transformé en une symphonie familiale. À la 73e minute, servie par Ireen Khumalo, Temwa Chawinga a ouvert la brèche. Six minutes plus tard, sa sœur Tabitha, lancée par Sabina Thom, a doublé la mise sous le regard médusé du banc nigérian (2-0, 79e).
La fin de match s’est transformée en un pur thriller. Rasheedat Ajibade a redonné l’espoir aux championnes en titre sur penalty dans les arrêts de jeu (2-1, 90e+2), mais Temwa Chawinga, intenable, a immédiatement répliqué sur un centre parfait de Benadetta Mkandawire pour signer son doublé (3-1, 90e+5). La réduction du score tardive d’Uchenna Kanu (3-2, 90e+9) n’a rien changé : le miracle malawite était accompli.
Une malédiction brisée
Ce revers fracassant brise un dogme vieux de 1998 : jamais le Nigeria n’avait concédé la moindre défaite face à une nation débutante dans le tournoi. Pour les Scorchers, cette entrée en matière s’apparente à un conte de fées. Pour les Nigérianes, contraintes d’abandonner leur invincibilité d’entrée, c’est un avertissement brutal : au Maroc, les galons et l’histoire ne suffiront pas pour régner.
