Zambie – Nigeria : un classique africain sous haute tension

Le choc de la deuxième journée du Groupe C de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Féminine, Maroc 2026 mettra aux prises deux des plus grandes puissances du football féminin africain. La Zambie, impressionnante lors de son succès inaugural face à l’Égypte (6-0), défie un Nigeria dos au mur après sa surprenante défaite contre le Malawi (3-2).
Les Copper Queens peuvent faire un pas décisif vers les quarts de finale avec une deuxième victoire consécutive. À l’inverse, les Super Falcons n’ont déjà plus le droit à l’erreur. Une nouvelle défaite signerait leur élimination prématurée, un scénario inimaginable pour les championnes en titre.
Nora Häuptle : « Nous nous attendons au meilleur du Nigeria »
Si la Zambie aborde cette affiche avec confiance, la sélectionneuse Nora Häuptle refuse tout excès d’optimisme. Elle s’attend à une réaction d’orgueil des Nigérianes.
« Le Nigeria viendra avec tout ce qu’il a. Il a besoin de gagner pour rester en vie dans ce tournoi », a prévenu la technicienne suisse.
Malgré le revers des Super Falcons lors de la première journée, elle rappelle que leur prestation ne reflète pas totalement leur potentiel.
« Elles avaient très bien commencé leur match contre le Malawi et se sont créé plusieurs occasions. Nous connaissons leur force et nous savons qu’elles sont capables d’élever leur niveau. »
Pour la sélectionneuse, l’essentiel reste toutefois la capacité de son équipe à appliquer son propre plan de jeu.
« Nous sommes concentrés sur nous-mêmes. Nous avons un plan très clair pour les affronter. S’il est exécuté avec précision sur le terrain, nous sommes convaincus que nous pouvons battre le Nigeria. »
Une Zambie qui refuse de calculer
Interrogée sur la possibilité de se contenter d’un match nul, Häuptle a balayé cette hypothèse.
« La Zambie ne joue jamais pour un match nul. Ce n’est pas dans notre ADN. Nous jouons toujours pour gagner. »
La sélectionneuse estime également que son équipe a beaucoup progressé depuis son élimination face au Nigeria en quarts de finale de la précédente édition.
« Nous avons énormément appris de cette rencontre. Nous sommes devenues beaucoup plus flexibles sur le plan tactique et nous avons aussi beaucoup grandi grâce aux matches disputés cette année contre des équipes du Top 20 mondial. »
Sur le plan tactique, elle sait que les transitions seront déterminantes.
« Nous devons être capables d’attaquer avec intensité tout en restant parfaitement organisés défensivement. Notre équilibre sera essentiel pour empêcher les contre-attaques nigérianes. »
Rachael Kundananji : « Nous sommes prêtes »
La capitaine Rachael Kundananji ne sous-estime pas l’ampleur du défi.
« Nous savons que ce ne sera pas un match facile. Nous devons être prêtes mentalement et physiquement. Le ballon est rond. Peu importe la qualité de l’adversaire, tout dépend de notre approche. »
L’attaquante rappelle que cette confrontation est préparée depuis plusieurs mois.
« Nous savions dès le tirage que ce serait un groupe très relevé. Nous connaissons le Nigeria et il nous connaît aussi. Nous sommes prêtes. »
Une victoire aurait une portée bien au-delà du classement.
« Battre le Nigeria représenterait énormément, non seulement pour nous mais aussi pour tout le peuple zambien. Affronter les meilleures équipes nous pousse toujours à progresser. »
Justine Madugu : « Nous savons ce que nous faisons »
Très critiqué après la défaite contre le Malawi, le sélectionneur nigérian Justine Madugu a affiché sa sérénité.
« Nous avons tourné la page du premier match. L’ambiance dans le groupe est bonne et nous regardons désormais vers la Zambie. »
Interrogé sur les critiques concernant ses choix tactiques, le technicien a répondu avec calme.
« Les gens ont le droit de poser des questions parce que nous avons perdu. Mais ce n’était pas le premier match que je dirigeais avec cette équipe. Nous en avons gagné beaucoup d’autres. Nous savons ce que nous faisons. »
Madugu rappelle que ses décisions sont prises en fonction des performances observées à l’entraînement et du plan de jeu.
« Nous évaluons les joueuses chaque jour. Parfois les choix fonctionnent, parfois non. J’assume totalement mes responsabilités et je veux faire mieux dès le prochain match. »
Les Super Falcons veulent repartir de zéro
Le sélectionneur sait que son équipe joue sa survie.
« C’est la victoire ou rien. Nous savons parfaitement ce qui est en jeu. Nous voulons être à la Coupe du Monde et nous ferons tout pour corriger les erreurs du premier match. »
Son groupe a longuement analysé les difficultés rencontrées face au Malawi, notamment sur les transitions défensives.
« Nous avons identifié ce qui n’a pas fonctionné. Nous avons également étudié la Zambie en détail et préparé un plan pour répondre à ses points forts. »
Chiamaka Nnadozie : « Une défaite ne fait pas de nous une mauvaise équipe »
La gardienne Chiamaka Nnadozie, critiquée après la première journée, assure avoir rapidement retrouvé toute sa confiance.
« Nous avons appris de nos erreurs. Perdre contre le Malawi ne fait pas de nous une mauvaise équipe. Nous regardons uniquement vers le prochain match. »
La triple meilleure gardienne d’Afrique a également tenu à remercier les supporters qui lui ont témoigné leur soutien.
« Les critiques font partie du football. Je suis professionnelle depuis près de dix ans et je suis mentalement très forte. Mes coéquipières, le staff et beaucoup de Nigérians m’ont soutenue. Je suis prête. »
La stat
Son triplé face à l’Égypte constitue la quatrième fois que Barbra Banda inscrit au moins trois buts lors d’un match d’une grande compétition internationale. L’attaquante zambienne avait déjà enchaîné deux triplés consécutifs aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, contre les Pays-Bas puis la Chine, avant de récidiver face à l’Australie lors des Jeux olympiques de Paris 2024.
